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BENJAMIN JORDANE, UNE VIE LITTERAIRE
PUECH JEAN-BENOIT
CHAMP VALLON
24,99 €
Épuisé
EAN :9782876734791
Pour ce nouveau volume du "cycle Benjamin Jordane", Jean-Benoît Puech et Yves Savigny ont réalisé un cahier d'hommage à l'écrivain français (Etampes, 1947 - Aurillac, 1994) sur le modèle de ceux que les sociétés de lecteurs fidèles consacrent à leur auteur de prédilection. Le recueil s'ouvre sur une curieuse confession de Jordane, jusqu'alors tenue secrète. Nous découvrons ensuite quelques fictions d'inspiration autobiographique, une chronique de m?urs inattendues (en province) et trois contes cruels qui mêlent à l'Histoire le destin d'adolescents farouches, de résistants ambigus, de politiciens retors. En marge de ces récits, on trouvera quelques essais malicieux sur les écrits de jeunesse du romancier, influencés par le roman d'anticipation des années quarante, et sur ses pièces pour enfants, où le pastiche enjoué cache peut-être le plus intime. Un célèbre spécialiste de Jordane nous présente enfin de larges extraits de sa correspondance littéraire ou sentimentale. L'étonnante diversité des intrigues et des genres n'exclut pas l'impression d'une discrète mais forte unité de l'ensemble. Elle réside dans la figure de son personnage principal, toujours présent en filigrane, l'auteur. Un dernier témoignage nous rappelle que sa biographie l'a peu à peu dépassé, qu'elle l'a détourné d'une brillante carrière scientifique internationale et finalement reconduit dans sa maison de famille, en Haute-Auvergne, au bord de la rivière sauvage dont il portait le nom.
Mon journal serait donc une sorte de roman (ou du moins les pages de mon journal qui concernent LR) ? Cette sorte de roman auquel on fait crédit comme à un témoignage ? Une sorte de mensonge ? Cette sorte de mensonge auquel le menteur lui-même croit ? Non pas une fiction voulue et reconnue, concertée, mais une invention involontaire - une affabulation ?"
Résumé : Après la publication de ma biographie de Benjamin Jordane, l'auteur de L'Apprentissage du roman (Étampes, 1947-Aurillac, 1994), j'ai reçu d'un correspondant anonyme mais bienveillant une lettre qui me signalait plusieurs incohérences dans mon récit. Je me suis donc lancé dans une nouvelle enquête. A Morsang-sur-Orge, à Fontainebleau, en Touraine et à Saint-Simon (Cantal), j'ai rencontré des proches de l'écrivain que je n'avais pas encore consultés. J'ai recueilli, dans ce livre, leurs témoignages contrastés. Ils montrent que Jordane s'était construit, en amont de ses fictions, une vie imaginaire si vraisemblable que je n'avais rien soupçonné. Mais pourquoi, de sa part, une telle affabulation ? J'ai voulu remonter le cours du roman de sa vie pour retrouver, derrière les aveux étudiés de mon factieux modèle, la vérité historique. Mes recherches m'ont finalement mené dans sa maison de famille, en Haute-Auvergne, et jusqu'aux sources de la Jordanne, dans la verte vallée dont il portait le nom. Le lecteur sera peut-être surpris, comme je le fus moi-même, par les révélations de la fin du livre. Le dernier témoin qui les a permises ressemblait comme un frère à Benjamin Jordane et n'est autre, sans doute, que mon discret correspondant. J-B. P.
Jean-Benoît Puech est né 1947. Maître de conférences à l'université d'Orléans, il a publié plusieurs récits et essais, dont Louis-René des Forêts, roman aux éditions Farrago, en 2000. --Ce texte fait référence à l'édition Broché.
Dans quel régime vivons-nous depuis le printemps 2017 ? La question est légitime tant l'interprétation que fait le nouveau président des institutions de la Ve République vise à renforcer le pouvoir exécutif et le système de l'état d'urgence quasi permanent. En se plaçant au-dessus des partis, Emmanuel Macron abuse d'une formule éprouvée depuis 1790 puis 1793, et lors de chaque crise politique française grave, en 1795, 1799, 1815, 1851, 1940, 1958 et finalement en 2017-2019. Le pouvoir exécutif, en la personne d'un sauveur, tente de supplanter le pouvoir législatif que l'on décrédibilise en exagérant son inefficacité ou son éloignement du peuple, au risque de fragiliser la démocratie représentative. En adoptant la modération, celle du juste milieu, qui est censée réparer les excès des députés, un centre politique, semblable et différent selon les générations, s'invente lors de chaque crise. La saison des tourne-veste répète les mêmes recettes depuis deux cent trente ans, de 1789 à 2019. La vie politique française, malgré ce qu'en dit toute une tradition historiographique, n'est pas bloquée par une lutte handicapante entre droite et gauche, mais par un poison : celui d'un extrême centre, flexible, prétendu modéré mais implacable qui vide de sa substance démocratique la République en la faisant irrémédiablement basculer vers la république autoritaire. Le macronisme n'est pas une Révolution : c'est une vieille histoire.
Volontiers qualifiées de "favorites", de "presque reines" et même parfois de "sultanes", les maîtresses des rois de France sont parmi les femmes les plus célèbres de l'Ancien Régime. Si, depuis le début du XIXe siècle, nombre de biographies et de romans historiques leur furent consacrés, elles rencontrent un accueil plus mitigé auprès des chercheurs. Flavie Leroux vise dans cet ouvrage à dépasser l'anecdote et la "petite histoire", pour proposer une perspective plus large rendre compte du rôle central que les maîtresses ont pu tenir dans la construction de leur propre parcours, dans le devenir de certaines familles et dans le fonctionnement institutionnel de la monarchie. L'enjeu est d'étudier le phénomène de la faveur au féminin en général à l'aide de sources largement inédites. A cet effet, est considérée une période charnière dans l'histoire de France : les règnes de Henri IV (1589-1610) et de Louis XIV (1643-1715), qui marquent l'avènement et l'expansion de la monarchie dite absolue. On retrouvera des figures fameuses, telles Gabrielle d'Estrées, Mme de Montespan ou Mme de Maintenon, mais aussi des maîtresses moins connues, comme Jacqueline de Bueil, Charlotte des Essarts ou encore Marie-Angélique de Fontanges. L'étude ne s'arrête cependant pas aux femmes qui entretiennent une liaison avec le roi. Leurs enfants, leurs parents, les individus et les communautés qu'elles protègent sont également au coeur de la réflexion. Au-delà du portrait factuel, politique, tapageur ou moral, la maîtresse et les siens sont considérés dans leur réalité sociale. Filles, soeurs, tantes, mères, parfois épouses ou veuves, mais aussi dames nobles, femmes d'affaires et protectrices : autant de visages qui montrent la capacité d'action de ces femmes et leur influence dans le devenir de leurs proches, tout en éclairant le fonctionnement du pouvoir royal.
Les débats autour de la désinformation, des fake news et de la post-vérité risquent d'occulter une crise peut-être plus radicale que la crise de la vérité : la destitution de la réalité elle-même. Cette destitution commence avec la volonté prométhéenne de transformer la nature en environnement, et donc de détruire celle-ci. Elle prend bien d'autres formes, hétérogènes et indépendantes les unes des autres en apparence, mais qui en fait conjoignent leurs effets. L'artificialisme, le simulationnisme, le présentisme, le prédictionnisme, le fictionnisme, le négationnisme, le complotisme et le nihilisme sont les huit formes de destitution de la réalité analysées dans cet essai. Comme l'avait vu le psychanalyste Jacques Lacan, c'est la psychose qui guette l'humanité.
La période qui voit le passage de la ville de l'Ancien Régime à la ville haussmannienne ou haussmannisée semble bien connue et les conditions de cette transformation ont été largement analysées. Schématiquement, on considère que le milieu urbain s'assainit tout au long du XIXe siècle, passant de la stagnation miasmatique encouragée par les activités artisanales à la dynamique industrielle symbolisée par la rectification urbaine qui associe percée, aménagement du réseau viaire, nettoiement généralisé de l'espace public grâce aux égouts et à la distribution de l'eau, renouvellement de l'air grâce aux grands mouvements urbains, humains et économiques. Cet ouvrage aborde la ville du point de vue de deux acteurs qui ont joué un rôle fondamental dans les transformations du milieu urbain : le médecin et l'ingénieur, en mettant en avant la cohérence et surtout les limites de leurs approches respectives, traduites par les dysfonctionnements connus par le milieu. Pour ce faire, l'auteur adopte un point de vue original, celui du sol et du sous-sol urbains, par opposition à l'air et à l'eau qui sont considérés depuis plus d'un siècle comme les principaux vecteurs de l'environnement et de la salubrité. L'évolution du milieu urbain, principalement étudiée dans le cas de Paris, révèle les limites des transformations mises en ?uvre au XIXe siècle. L'imperméabilisation du sol, la production de boues, les effets de l'assainissement ou le paludisme urbain traduisent l'échec (certes relatif) et les effets pervers du projet hygiéniste. En définitive, le milieu urbain échappe rapidement à la science.