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Catégoriser l'autre
Prum Michel
L'HARMATTAN
23,00 €
Épuisé
EAN :9782343133003
Catégoriser l'Autre du point de vue de l'ethnicité, c'est se placer soi-même au-dessus de toute catégorisation et assigner celui-ci à des particularismes dont on serait exempt. Le "majoritaire" s'arroge ainsi le droit de nommer et de classer les "minoritaires" ; il est la norme non dite à partir de laquelle s'inscrit la différence. Les neuf contributions de ce volume renvoient à ces catégorisations, pour huit d'entre elles dans l'aire anglophone (Grande-Bretagne, Etats-Unis, Afrique du Sud, Kenya, Australie), la dernière dans l'aire lusophone (la République du Cap-Vert). C'est un tour d'horizon de ce qu'on a appelé la "race" qui est proposé ici, qu'il s'agisse de célébrités comme Nelson Mandela ou Lord Kitchener, ou d'anonymes, comme les colons de l'Empire britannique décrits par Elspeth Huxley ou les étudiants contestataires de #Feesmustfall.
Les races humaines n'existant pas (il n'y a qu'un seul " genre humain "), c'est bien d'imaginaire racial qu'il sera question dans cet ouvrage couvrant l'aire anglophone. De l'Afrique australe à l'Australie en passant par l'Inde, de la Grande-Bretagne aux Etats-Unis, du xix` siècle au XXIe, les treize contributions de ce volume analysent les jeux identitaires complexes qui opposent les groupes humains, au nom de l'apparence physique du corps, ce qu'on appelle la "biologisation des rapports sociaux". Corps colonisés, corps ségrégués, corps enfermés pour folie ou délinquance, ou envoyés au front comme chair à canon, tous sont assignés à un destin de " race " et aussi de classe. Le livre prend divers chemins pour rendre compte de ces trajectoires : le cinéma sud-africain, les cartes postales coloniales, la fiction de Doris Lessing, la poésie victorienne ou les théories évolutionnistes.
Parler de "racialisations", c'est d'abord rappeler, si besoin était, que la "race" n'existe pas. La seule race dont on puisse parler à notre propos est la "race humaine". Ce qui en revanche existe, c'est le regard porté par certains sur une catégorie d'êtres humains partageant un même phénotype, comme le taux de mélanine à la surface de la peau. Ces racialisations sont des processus sociaux et historiques, qui tous usurpent la légitimation biologique.
Comme le genre , la race est un construit social et il est étonnant de voir comment un même groupe humain peut être déplacé sur l'échelle chromatique selon les besoins du moment. Ainsi les Européens émigrés aux États-Unis durent-ils se battre pour devenir blancs . Les dix contributions de cet ouvrage éclairent la naissance du concept de race en France et surtout dans le monde anglophone, ainsi que le concept, à l'origine américain, de whiteness, depuis le cas singulier des Irlandais d'Angleterre, qui ont milité pour obtenir en 2001 le statut de minorité ethnique , jusqu'aux Zoulous d'Afrique du Sud, en qui les colonisateurs ont voulu voir des héros presque blancs . L'ouvrage s'intéresse également aux rapports complexes entre biologie, éthique et politique, avec les tentatives de fabriquer une race plus forte, plus adaptée ou plus contrôlable, notamment avec les polémiques, très vives outre-Manche, sur le bébé à la carte ou les tests ADN.
Depuis les phrénologues du XIXe siècle qui croyaient que l'identité était un donné que l'étude du crâne humain permet de découvrir, les sciences sociales ont progressivement compris qu'il convient plutôt de parler d'une construction identitaire. Comment cette construction s'opère-t-elle dans le cadre des communautés ethniques ? Comment s'élaborent, dans un jeu de miroirs et de perceptions croisées, ces diverses identités qui font la diversité de nos sociétés actuelles ? Cet ouvrage se concentre sur l'aire anglophone, la Grande-Bretagne d'abord, mais aussi les pays du Commonwealth, Afrique du Sud, Australie et île Maurice, et se termine par un hommage vibrant au grand anthropologue Franz Boas, qui, dès le début du XXe siècle, a fondé l'antiracisme américain et a posé l'ethnicité comme simple construction identitaire.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.