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Le Mensuel retrouvé. Précédé de Marcel avant Proust
Proust Marcel ; Prieur Jérôme
BUSCLATS
15,00 €
Épuisé
EAN :9782361660130
À Dominique JanvierRetenez votre souffle. Ne bougez pas.Nous sommes derrière son épaule.Nous dénouons la cordelette qu'André Gide n'a pas dénouée en recevant le manuscrit de Du côté de chez Swann empaqueté par Céleste.Nous ouvrons le manuscrit que Gide, fiction ou légende, n'aurait pas lu. Trop long, trop de phrases, trop de phrases trop longues, trop de détails, trop de particules, trop de salons, trop de tout. Trop de Proust.Non, Céleste n'est pas restée derrière la porte de la chambre de liège, et Swann n'existe pas, pas plus qu'Albertine. Rien n'existe encore, ni la tante Léonie, ni Gilberte, ni Saint-Loup, ni Vinteuil, ni les Verdurin, ni les Guermantes, ni Elstir, ni Cottard, ni personne.Nous sommes seuls.Nous découvrons la promesse d'un grand écrivain. Nous découvrons Proust. En nous-mêmes nous savons pourtant que nous n'avons pas trop de mérite. Proust nous attend depuis tellement longtemps. Chaque nouveau lecteur, certes, invente Proust, mais il faut bien dire qu'à travers les âges, les époques, les générations, les circonstances, et même les pays, les cultures, les années-lumière, c'est lui qui nous invente, lui qui nous regarde. Depuis un siècle, nous nous sommes mis sous son regard. Il avait donc tout compris, ce diable d'homme couché dans sa toile d'araignée? Il avait tout vu, tout enregistré, tout déchiffré? Il savait avant moi ce que je ne sais même pas formuler du temps, de l'amour, de la jalousie, de la souffrance, du désir, de la tragédie de chaque vie, de la comédie humaine et de sa ronde des masques? Proust avait tout éprouvé, et il nous a fallu tellement de temps pour le comprendre à notre tour, pour le croire...Ne faites pas de bruit car, dans le buisson des pages, des petites âmes déplient leurs ailes, des figures se dessinent en pointillés, des esquisses qui semblent encore des ombres, tout un fouillis de formes, de touches légères, de notes de musique. Des pas imprimés sur la neige des commencements.Proust avant Proust. Marcel avant Proust. Un nommé Marcel Proust. Il vient de fêter ses dix-neuf ans, le 10 juillet de l'année 1890, quand vont bientôt paraître ses premiers textes imprimés dans une revue, une vraie revue.
L'expression roman fleuve devrait, sans connotation péjorative, désigner une ?uvre qui prend le temps de charrier mille petites particules d'impression pour les infuser dans l'esprit d'un lecteur captivé. En somme, elle devrait avoir été créée pour désigner La Recherche proustienne, qui s'ouvre Du côté de chez Swann et s'achève une fois Le Temps retrouvé. Dans le premier tome de ce superbe travail sur la mémoire et la métaphore, ?uvre à part entière mais aussi amorce dramatique d'un joyau de la langue française, le narrateur s'aperçoit fortuitement, à l'occasion d'un goûter composé d'une tasse de thé et d'une madeleine désormais célèbre, que les sens ont la faculté de faire ressurgir le souvenir. Grâce aux senteurs d'un buisson d'aubépines, il prend confusément conscience de la distinction entre le souvenir et la réminiscence, pour ensuite s'exercer à manier les mots comme de petits papiers japonais qui, touchés par la grâce de l'eau, se déploient en corolle pour faire place à tout un univers. Tout comme se déploie un roman fleuve à partir de cette toute petite phrase légendaire : "Longtemps, je me suis couché de bonne heure". --Sana Tang-Léopold Wauters
Albertine disparue est le dernier volume revu et remanié par Proust avant sa mort. Prévu d'abord sous le titre La Fugitive, comme le pendant de La Prisonnière, il présente la fin de l'épisode d'Albertine: sa fuite, sa mort, le chagrin, puis l'oubli. Le huis-clos de La Prisonnière s'achève, non sur l'apaisement, mais sur une multiplication des regrets et des enquêtes posthumes. Un long passage conduit Marcel à Venise, depuis toujours cité de ses désirs, maintenant univers thématique dense où nous retrouvons sa mère, Mme de Villeparisis et M. de Norpois. Il s'y livre à la fois à l'éblouissement esthétique et à de nouvelles poursuites amoureuses. À la fin de sa vie, Proust songeait à développer ses recherches sur l'homosexualité dans un Sodome et Gomorrhe IV, un Sodome et Gomorrhe V et au-delà, avant d'en arriver au Temps retrouvé. D'où les remaniements profonds - allant jusqu'à l'étonnante suppression des deux-tiers du volume - qu'il fit subir à Albertine disparue, sans pouvoir les conduire à leur terme. Nous donnons de cette partie l'édition qui nous paraît la plus plausible, comprenant le texte initialement prévu et faisant apparaître clairement les modifications apportées dans les derniers jours.
«Que celui qui pourrait écrire un tel livre serait heureux, pensais-je, quel labeur devant lui! Pour en donner une idée, c'est aux arts les plus élevés et les plus différents qu'il faudrait emprunter des comparaisons; car cet écrivain, qui d'ailleurs pour chaque caractère en ferait apparaître les faces opposées, pour montrer son volume, devrait préparer son livre minutieusement, avec de perpétuels regroupements de forces, comme une offensive, le supporter comme une fatigue, l'accepter comme une règle, le construire comme une église, le suivre comme un régime, le vaincre comme un obstacle, le conquérir comme une amitié, le suralimenter comme un enfant, le créer comme un monde sans laisser de côté ces mystères qui n'ont probablement leur explication que dans d'autres mondes et dont le pressentiment est ce qui nous émeut le plus dans la vie et dans l'art. Et dans ces grands livres-là, il y a des parties qui n'ont eu le temps que d'être esquissées et qui ne seront sans doute jamais finies, à cause de l'ampleur même du plan de l'architecte. Combien de grandes cathédrales restent inachevées!» Marcel Proust, Le Temps retrouvé.
«Que celui qui pourrait écrire un tel livre serait heureux, pensais-je, quel labeur devant lui! Pour en donner une idée, c'est aux arts les plus élevés et les plus différents qu'il faudrait emprunter des comparaisons; car cet écrivain, qui d'ailleurs pour chaque caractère en ferait apparaître les faces opposées, pour montrer son volume, devrait préparer son livre minutieusement, avec de perpétuels regroupements de forces, comme une offensive, le supporter comme une fatigue, l'accepter comme une règle, le construire comme une église, le suivre comme un régime, le vaincre comme un obstacle, le conquérir comme une amitié, le suralimenter comme un enfant, le créer comme un monde sans laisser de côté ces mystères qui n'ont probablement leur explication que dans d'autres mondes et dont le pressentiment est ce qui nous émeut le plus dans la vie et dans l'art. Et dans ces grands livres-là, il y a des parties qui n'ont eu le temps que d'être esquissées et qui ne seront sans doute jamais finies, à cause de l'ampleur même du plan de l'architecte. Combien de grandes cathédrales restent inachevées!» Marcel Proust, Le Temps retrouvé.
Le chorégraphe Thierry Thieû Niang a travaillé avec des enfants autistes. L'écrivain Marie Despléchin, l'a accompagné durant ce stage. Chacun de son côté a pris la plume pour raconter l'impact de cette bouleversante expérience. Marie Despléchin a revisité le passé douloureux où son enfant était interné dans un hôpital psychiatrique. Thierry Thieû Niang, raconte ces séances de danse avec les enfants autistes et la fin douloureuse d'une histoire d'amour. Ce double récit s'interroge sur ces limites que la société met entre les êtres dits normaux et les autres. Et de leurs voix singulières, tendres, déchirées, poétiques Marie Despléchin et Thierry Thieû Niang nous invitent à les rejoindre dans ces bois dormants où l'amour et la danse sont des princes charmants.
Jean est mort et Marie, sa femme, se rend pour la première fois sans lui à Patmos. Patmos, c'était la maison de Jean, son enfance, ses amis, que Marie va retrouver non sans une certaine crainte. Dès l'arrivée sur l'île, les souvenirs l'assaillent: sa rencontre avec Jean, leur vie, la maladie, sa passion folle pour Pierre, metteur en scène et amant insaisissable avec lequel elle a partagé travail et amour avant que Jean n'entre dans sa vie puis à nouveau, plus tard. Et alors qu'elle avance, incertaine dans cette revisitation du passé, Pierre arrive, rejoignant à Patmos son frère et ses neveux en vacances.Comme dans une tragédie antique, le destin brouille les cartes, et l'île est un théâtre où se joue la dernière scène d'une histoire qui attendait sa fin.Patricia Emsens, née en 1954 en Belgique, compose ici un premier roman d'amour sensuel et sensible qui est aussi un hymne à la vie.
Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron.Non non non non, rassurez-vous, ce n'est pas Le Petit Poucet ! Pas du tout. Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule. Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de pouvoir les nourrir ? Allons...Dans ce grand bois donc, régnaient grande faim et grand froid. Surtout en hiver. En été une chaleur accablante s'abattait sur ce bois et chassait le grand froid. La faim, elle, par contre, était constante, surtout en ces temps où sévissait, autour de ce bois, la guerre mondiale.La guerre mondiale, oui oui oui oui oui.J.-Cl. G.Prix spécial du jury du prix des Libraires 2019.Prix des lecteurs L'Express/BFMTV 2019.
Biographie de l'auteur Edouard Louis a 21 ans. Il a déjà publié Pierre Bourdieu : l'insoumission en héritage (PUF, 2013). En finir avec Eddy Bellegueule est son premier roman.
Résumé : " Vous vous demandez sans doute ce que je fais dans la chambre de ma mère. Moi, le professeur de lettres de l'Université catholique de Louvain. Qui n'a jamais trouvé à se marier. Attendant, un livre à la main, le réveil possible de sa génitrice. Une maman fatiguée, lassée, ravinée par la vie et ses aléas. La Peau de chagrin, de Balzac, c'est le titre de cet ouvrage. Une édition ancienne, usée jusqu'à en effacer l'encre par endroits. Ma mère ne sait pas lire. Elle aurait pu porter son intérêt sur des centaines de milliers d'autres ouvrages. Alors pourquoi celui-là ? Je ne sais pas. Je n'ai jamais su. Elle ne le sait pas elle-même. Mais c'est bien celui-ci dont elle me demande la lecture à chaque moment de la journée où elle se sent disponible, où elle a besoin d'être apaisée, où elle a envie tout simplement de profiter un peu de la vie. Et de son fils. "