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Bilbao et ses marchands au XVIe siècle. Genèse d'une croissance
Priotti Jean-Philippe
PU SEPTENTRION
26,00 €
Épuisé
EAN :9782859398101
Au XVIe siècle, les Bilbanais contrôlent une économie puissante dont les différents secteurs sont interactifs (construction navale, industrie du fer, commerce, pêche, transport). Cette économie commerciale est également guerrière, car les Biscayens fournissent au roi des navires et des armes pour le besoin des conflits. Ces secteurs d'activités à double utilité, intimement liés entre eux, constituent un des atouts majeurs du port de Bilbao. D'ailleurs, tandis que la bibliographie tendait à faire de Séville le centre économique de la vie espagnole et européenne dans la première moitié du XVIe siècle, il s'avère que les échanges de Bilbao avec le reste de l'Europe équivalent à ceux de la métropole andalouse avec l'Amérique jusqu'aux années 1560-1570. L'influence de la découverte du Nouveau Continent sur la structure du commerce espagnol et européen s'avère donc progressive et assez tardive, ce qui nous amène à reconsidérer les modèles établis par Pierre Chaunu et Immanuel Wallerstein. L'importance du réseau de commerce et de pouvoir que contrôlent les Bilbanais au XVIe siècle explique en partie les performances du port de Bilbao. Aux côtés des gens d'affaires de Burgos avec lesquels ils coopèrent, ils constituent l'un des ferments de maturité du milieu marchand européen. Même si ces deux groupes marchands sont liés, le succès des entrepreneurs bilbanais survit à la baisse de régime de l'économie castillane. Dans les dernières décennies du XVIe siècle, en raison des guerres dans le nord-ouest européen qui entravent notablement le commerce, ils reconvertissent leurs investissements dans l'achat de marchandises locales et castillanes, dans le commerce avec la Péninsule Ibérique et le Nouveau Monde, et dans de nombreux placements financiers. Mais il y a plus, car à cette époque plus d'un navire de guerre sur deux est construit en Pays Basque. Grâce aux commandes royales, les chantiers navals biscayens et les fabriques d'armes tournent à plein régime, au moins jusqu'au début du XVIIe siècle, compensant en partie les manques à gagner dans le domaine commercial. Cette faculté particulière de reconversion des activités renvoie aux réseaux sociaux de nos marchands et à leur activité de financiers. A cet égard, les Bilbanais organisent des stratégies de manipulation vis-à-vis de leurs homologues castillans, de la haute noblesse et du monarque, et constituent un groupe de pression avec lequel l'Etat castillan doit transiger.
Les relations atlantiques entre la France et l'Espagne au temps de la première colonisation ont été marquées par l'importance des échanges de produits manufacturés français principalement des toiles de lin et de chanvre - contre la laine de Castille et le fer basque et cantabrique, mais surtout l'argent des mines du Mexique et du Pérou. Le système médiéval commandé par Burgos et Medina del Campo a basculé vers 1570 lorsque le centre de gravité des affaires s'est déplacé sur Séville, puis Cadix au XVIIIe siècle. Cela s'est traduit par le glissement de la domination castillane à la prépondérance française, au bénéfice de nombreuses places économiques tant françaises comme Bordeaux, Nantes, La Rochelle, Rouen, Saint-Malo et même Lyon, qu'espagnoles comme Bilbao ou Saint-Sébastien ou les ports andalous. L'ensemble des études réunies améliore considérablement notre connaissance des circuits économiques reliant les villes portuaires et les places commerciales françaises et espagnoles, en privilégiant l'analyse des démarches des acteurs sociaux dans la création des réseaux d'affaires, à travers les liens interpersonnels et la forme de leurs organisations commerciales. L'ouvrage s'inscrit résolument dans les nouvelles orientations tendant à valoriser la primauté du jeu économique des acteurs dans l'évolution des grands trafics. Les principales conclusions soulignent l'importance de trois faits historiques majeurs: l'importance de la fourniture en métaux précieux avec un différentiel de valeur agissant comme un soutien durable du commerce, la multipolarisation croissante de ces échanges et l'interdépendance entre les performances économiques et les conflits politiques et militaires. Biographie de l'auteur Jean-Philippe Priotti est maître de conférences en histoire moderne à l'université du Littoral-Côte d'Opale (Boulogne-sur-Mer). Guy Saupin est professeur d'histoire moderne à l'université de Nantes.
Sur les traces des pionniers malouins (explorateurs, marins et marchands), un groupe de chercheurs internationaux examinent les mécanismes qui permettent de poser les bases d'un grand pôle commercial à Saint-Malo. Bravant les dangers de tous les océans, ces hommes sont d'abord observés dans leurs activités de cabotage, dont les modalités devaient constituer la matrice de leur système d'échanges et assurer la première accumulation de capitaux. Authentiques marchands-aventuriers, ils n'hésitent pas à prendre les armes pour défendre la ville, leurs chargements à bord de petites embarcations comme leurs gros navires, faits singuliers dans un milieu marchand soucieux de paix, au pied peu marin et traditionnellement consacré tout entier au commerce. " Malouin suis " dit la tradition, pourtant, plus d'un tiers d'entre eux meurent hors de la ville et un grand nombre traitent au quotidien avec des gens d'affaires et de mer issus des quatre coins de l'Europe, et avec des populations d'Afrique, d'Amérique et d'Asie. Qu'est-ce donc que d'être malouin dans un port où nombreux sont les polyglottes et où la pluralité des identités constituent une ressource essentielle du succès ?
Dans le cadre des rapports entre identités et territoires, les onze contributions de ce volume explorent les relations de l'Espagne avec les composantes de son empire, comme celles entretenues avec ses alliés et ses ennemis. Ces textes abordent diversement la question des stratégies et des équilibres socio-ethniques élaborés par les normes gouvernementales, les pratiques des groupes et des individus, qui permettent ou contraignent l'action. Loin des images et des récits que véhicule la légende noire à l'égard de l'Espagne et des Espagnols, les analyses produites ? lesquelles invitent à considérer ensemble conflits et coopérations ? valorisent la variété et la fertilité des dynamiques relationnelles visant à éviter situations de blocage et exclusion.
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, Ernest Hamy joua en France un rôle clef dans l'émergence de disciplines nouvelles aussi diverses que l'anthropologie, l'archéologie, l'histoire et la muséologie. Ses découvertes de terrain comme ses travaux scientifiques marquèrent leur temps et leur réputation dépassa les frontières nationales. Les auteurs analysent les circonstances qui accompagnent la trajectoire exceptionnelle du savant, de sa ville natale, Boulogne-sur-Mer, carrefour culturel secondaire mais dynamique de l'époque, à Paris, où il fonda le musée d'ethnographie du Trocadéro. Homme de réseau, il contribua activement à la circulation des biens matériels et immatériels, entre France et Amérique notamment, et participa activement à la création de sociétés savantes et de revues. L'actualité de ses ouvrages codicologiques et historiques est abordée, car Hamy a inspiré des générations de chercheurs, dont les publications reposent sur des matériaux qu'il a édités ou sur des thématiques qu'il a contribué à "défricher".
Les sneakers sont bien plus que des chaussures dédiées aux sports ou aux loisirs. Elles sont les fétiches qui cimentent une communauté : celle des sneakerheads. Ces passionnés ont créé une sous-culture autour d'elles, au sein même de la culture hip-hop. La sociologue Yuniya Kawamura a bâti son livre au carrefour de plusieurs disciplines et thématiques : l'anthropologie, l'histoire, la technique, la communication, la marchandisation, la mode, le genre ou encore la jeunesse. Elle y décèle l'ensemble de la dynamique qui a fait passer les sneakers de la marginalité du Bronx à la culture de masse mondialisée. "Je suis ce que je porte à mes pieds", dit un membre de la sous-culture. Taille haute ou basse, épurées ou bariolées, ces chaussures peuvent exercer une emprise sur leur porteur, lui conférer un statut, mais aussi être revendues pour une somme extravagante. Les sneakers sont un mythe contemporain. Ce livre est la première étude universitaire nous invitant à en suivre les aventures.
Résumé : Le rôle historique du cinéma est de nous avoir donné le visible une seconde fois, en ajoutent le temps à l'image. Il reste pourtant dans tout film une large part d'invisible : c'est elle qui est ici décrite, et explorée. Le cinéma en effet nous rend conscients de l'ambiguïté fondamentale de notre relation au visible. Sa force documentaire, comme son jeu inné avec la fiction, lui ont permis de convoquer les invisibles essentiels du monde, et aussi bien, des effets psychiques qui mettent en péril la visibilité du visible. Il nous autorise à croire que nous voyons vraiment quelque chose d'autre que le monde des apparences. Ce livre ne fait ni la théorie, ni l'histoire de cette doublure du visible que transporte le cinéma, mais en donne un panorama complet, attentif à ne jamais trancher abstraitement, mais à toujours s'appuyer sur des exemples concrets, et nombreux.
Combattant les peintres académiques qui exposent aux Salons officiels, J.-K. Huysmans s'est posé dans L'Art moderne en promoteur de l'" art vivant " et des impressionnistes. Son roman A rebours (1884) marque une dissidence d'antimoderne qui ouvre aux oeuvres les voies de l'imaginaire. Avec lui s'opère un renouveau esthétique : le regard s'émancipe comme en témoigne sa vision de G. Moreau et sa libre interprétation de ses Salomé.
Nogry Sandra ; Boulc'h Laetitia ; Villemonteix Fra
Le rapport de l'école primaire aux technologies numériques fait l'objet d'une attention constante et suscite encore aujourd'hui de nombreuses questions : quels sont les usages qui en sont faits en classe ? Quelles modifications des pratiques pédagogiques induisent-elles ? Sur un autre plan, comment l'action pédagogique mobilisant ces instruments est-elle accompagnée ? C'est à ce double enjeu que tente de répondre cet ouvrage. En mobilisant différents cadres théoriques, il propose un ensemble de recherches récentes sur ces questions vives. L'influence des tablettes sur les pratiques d'écriture en classe ainsi que la question très actuelle de l'apprentissage de l'informatique à l'école primaire sont abordées. L'évolution des modes et pratiques de supervision pédagogique en France et dans différents pays d'Afrique subsaharienne est également développée. Cet ouvrage présente l'originalité de s'inscrire dans un contexte francophone, il met en avant la contribution des recherches en éducation aux débats sur le numérique à l'école.
Aux XVIe et XVIIe siècles, la monarchie espagnole rayonne dans l'Europe entière par la puissance de ses armées. Par l'étendue de ses possessions, de Manille à Barcelone, de Madrid à Mexico, elle atteint une dimension inégalée. Ses métaux précieux inondent le continent alors que ses chefs-d'oeuvre bouleversent la création artistique avec Don Juan, Don Quichotte ou le Cid. De Charles Quint au siècle d'Or, des Lumières au frémissement révolutionnaire, ce livre retrace l'histoire des royaumes espagnols entre 1516 et 1788. Cette nouvelle édition revue et augmentée analyse les permanences et les transformations ainsi que les pratiques politiques qui préfigurent l'Espagne des XIXe et XXe siècles. Complété par une série de documents, qui proposent méthodes de réflexion et de commentaire, et par des outils (glossaire, chronologie, bibliographie), cet ouvrage permettra à chacun d'acquérir les connaissances nécessaires pour s'orienter avec précision dans l'histoire de l'Espagne.
Pourquoi une telle somme ? Parce que d?hier à aujourd?hui, les Balkans ont été et demeurent une des frontières essentielles de l'Europe. Et que l?oubli du temps long par les puissances européennes a nourri des catastrophes en chaîne au cours des siècles. Les Balkans, zone frontière ? C?est un euphémisme : ici se heurtent les chrétientés romaine et byzantine, bientôt orthodoxe ; la chrétienté dans son ensemble et l?islam ; les empires européens et la puissance ottomane ; les empires européens entre eux, à commencer par la maison d?Autriche, le tsar de Russie et la couronne britannique ; les idées impériales et la révolution des États-nations ; les États-nations fondés sur un grand récit historique unitaire et des minorités nationales qui aspirent à la reconnaissance de leurs droits ; le cours impérieux des guerres locales, régionales, mondiales et froide et un brassage incessant des populations qui rend vain tout espoir d?États ethniquement homogènes. Pour ne rien dire des promesses des idéaux démocratiques européens et du cynisme des puissances face à leur «Orient compliqué». Ce premier volume traite des Empires byzantin et ottoman, de leurs caractéristiques et de leur legs dont les rejeux marquent l?histoire de la région jusqu?à la révolution jeune-turque de 1908.
Résumé : La Russie est-elle européenne ? Qu'est-ce qu'être russe ? Depuis le XVIe siècle, la Russie entretient un lien complexe et ambigu avec l'Europe occidentale. A la tête d'un véritable Etat-continent s'étendant de l'Europe à l'Asie, les tsars de Russie puis les leaders soviétiques n'ont cessé de s'interroger sur l'identité de leur pays et les relations à nouer avec l'Europe, tour à tour perçue comme modèle de modernité et d'efficacité ou comme source de danger et de subversion. D'Ivan le Terrible à Vladimir Pontine, les décideurs russes ont été confrontés à ce "dilemme" : fallait-il imiter l'Europe pour mieux la dépasser, ou bien s'en protéger. D'une plume alerte, en s'appuyant sur un vaste ensemble documentaire, Marie-Pierre Rey explore les tourments de l'identité russe, à la croisée de l'histoire des relations internationales et de l'histoire des représentations.
Pourquoi une telle somme ? Parce que d?hier à aujourd?hui l'avenir de l'Europe s'est largement joué dans les Balkans, où les puissances occidentales et russe n'ont guère cessé d'intervenir, sans que leurs opinions publiques soient éclairées sur les enjeux. Ce troisième volume guide le lecteur dans les méandres actuels de la région, depuis la consolidation des démocraties populaires, puis l'effondrement de la dictature militaire grecque jusqu'à l'éclatement du glacis soviétique et les terribles conflits qui s'en sont suivis. Il s'achève sur les espoirs et les désillusions suscités par l'Union européenne - de l'enthousiasme démocratique aux ambiguïtés de la sécession kosovare et aux cures d'austérité brutalement imposées aux peuples. En définitive, cette somme dessine l'histoire de l'ensemble aux destins indissociables que forment la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, la Serbie, le Kosovo, l'Ancienne République yougoslave de Macédoine, l'Albanie, la Bulgarie, la Roumanie, la Turquie, la Grèce et Chypre. Elle est présentement un ouvrage unique.