Edifiée sur une durée de près de 400 ans entre le XIIIe et le XVIe siècle, la cathédrale de Tours illustre parfaitement l'évolution de l'art gothique, de ses origines à la Renaissance. Mais c'est sans aucun doute aux XVe-XVIe siècles, lorsque la ville de Tours s'enorgueillit de la présence régulière des souverains français et de la cour, que la cathédrale s'enrichit d'une décoration exceptionnelle et en particulier d'une façade flamboyante impressionnante, haut rideau de dentelles de pierre couronné de deux tours. La cathédrale manifeste alors l'opulence d'une ville royale à la Renaissance. Nourri par les apports scientifiques les plus récents, ce livre explique l'histoire architecturale exceptionnelle de cet édifice, donne accès au décor sculpté foisonnant, montre la magnificence des baies vitrées et révèle la richesse d'un mobilier jusqu'à présent ignoré.
Où fuit ce vaporetto quand les aboiements sonnent et les briques s'inversent ? Sous la voute, se cape encore un charme entrecroisant des yeux/ Mais alors quand se transpercera le velour pour rétablir la poigne du gant ?
Pavés patraques répliquent aux semelles ardentes. La course poursuit ses cabats. la riposte reste en haleine. Nul ne sait si satin ou talon gardent leur rôle. Si la tension remonte les marches, la crypte s'ouvrira-t-elle ?
Blieck Gilles ; Contamine Philippe ; Faucherre Nic
Des bouleversements topographiques qu'ont connu, pour différentes raisons, les villes d'Occident depuis le XVIIIe siècle il résulte que, dans l'esprit de beaucoup de nos contemporains, les châteaux du Moyen Age - ceux que l'on qualifie couramment de châteaux-forts - furent avant tout édifiés dans des espaces ruraux, en liaison avec un village ou même dans une position stratégique délibérément isolée. En réalité, pendant des siècles, les châteaux les plus importants et les plus réputés eurent majoritairement partie liée avec les villes, au point que l'expression " ville et château " était des plus courantes. La présence des châteaux ou des citadelles urbaines peut avoir plusieurs significations : ces constructions à forte charge symbolique étaient là tout aussi bien pour renforcer la sûreté de la ville contre les ennemis de l'extérieur que pour dominer l'espace urbain et ses habitants, réellement ou potentiellement rebelles. A partir de cas concrets, bien documentés et largement illustrés, le présent ouvrage envisage sur la longue durée, l'étude de cette grande question aux multiples implications, d'ordre politique et militaire, topographique et administratif, économique et social.
Un carnet de dessin sur cette étrange période où le monde bascula son visage derrière un masque aux mains propres. S'y recense toutes les premières fois : la première rencontre avec un masqué, une boulangère plexi-protégée, un policier sermonneur, un regard vide d'être trop enfermé, une file d'attente soviétique, l'écoute de la parole présidentielle ou l'effroi paniqué lors d'un test.
Les informations relatives à la nourriture sont de nature extrêmement diverse. L'alimentation intervient dans les conceptions de la santé, des plaisirs, des moeurs, de l'ordre public. Les sources d'information disponibles sur l'alimentation sont nombreuses et leurs visées respectives peuvent, ou bien se renforcer, ou bien se contredire. La question est alors de savoir comment les consommateurs arbitrent entre santé et plaisir, nutrition et saveur, bienséance et confort, croyance et science, tempérament et pression sociale, innovation et habitude, ou encore considérations éthiques et servitudes quotidiennes. Quelle légitimité accordent-ils aux paroles d'interlocuteurs venant d'horizons divers, de la médecine à la publicité, du gouvernement à la philanthropie, et qui diffusent messages et recommandations concernant la nourriture et l'hygiène de vie ? Ce sont les questions qui animent ce livre. Les chapitres contribuent à la restitution de l'univers informationnel des consommateurs depuis le XIVe au XXe siècle. Ils s'attachent à décrire et expliquer l'émergence et le fonctionnement des repères qui nous orientent dans les marchés alimentaires et des services qui s'y rattachent. Les thèmes concernent l'identification des produits et de leurs caractéristiques, l'imagination liée à l'alimentation et à la cuisine, et l'intervention des autorités publiques dans les transactions alimentaires.
Résumé : Tous les produits alimentaires - nourriture ou boissons - sont à la fois sociaux, culturels, économiques et sensoriels, mais dans le cas du vin, ces traits ont été davantage sublimés. Si l'importance sociale et symbolique de sa consommation publique et/ou ostentatoire est attestée depuis l'Antiquité, la mise en discours - esthétique, savante et normative - de son point nodal entre production et consommation est historiquement récente et là encore, plus marquée que celle d'autres produits alimentaires transformés. Mais surtout, les pratiques discursives à son sujet sont foisonnantes, polémiques, intéressées, jamais définitives, émanant de sources multiples - et malgré cette profusion, la figure culturelle de l'oenophilie s'est détachée clairement et sa normativité inhérente s'est singularisée. Cet ouvrage s'inscrit dans le cadre d'une micro-sociologie des pratiques alimentaires, mais à la différence de travaux qui portent sur les pratiques corporelles, il s'intéresse à la production du sens de ces pratiques en partant de la transmission d'injonctions explicites ou de normes implicites. Ce livre montre également comment s'opère un travail de subjectivation qui relie la pratique oenophilique à l'expérience sociale (centrée sur soi, sur la vie sociale ou sur l'objet- ici le vin). Le travail s'inscrit ainsi dans une discussion approfondie d'une sociologie du goût qu'il contribue à ouvrir et à renouveler.
A travers une galerie de portraits de traducteurs et traductrices ayant exercé entre 1940 et 1944, cet ouvrage offre un éclairage nouveau sur la vie littéraire durant la seconde guerre mondiale. Traduire, comme écrire, sous la botte de l'occupant nazi, c'est résister ou collaborer. Ce livre explore les trajectoires individuelles et le travail de ces médiateurs, "acteurs invisibles de la littérature". Quelle est leur place ? Dans quel contexte évoluent-t-ils ? Quel est leur rôle ? Hélène Bokanowski, Maurice Betz, Pierre Darmangeat, Paul de Man ou encore Jean Wahl : ces portraits saisissent la traduction sous plusieurs aspects : biographique, historique, sociologique, historique, éditorial et théorique. En s'appuyant sur des archives privées inédites, cet ouvrage constitue un apport précieux aux études sur la vie littéraire francophone en temps de guerre. Avec les contributions de Lucile Arnoux-Famoux, Albrecht Betz, Stéphanie Braendli, Pauline Giocanti, Yanno Guo, Sylvie Humbert-Mougin, Alexis Tautou, Hubert Roland, Thomas Vuong.
Résumé : Dans une région bien délimitée, la légation de Bologne et le duché de Milan, à la même époque, autour des années 1580, trois artistes, Vincenzo Campe, Bartolomeo Passerotti et Annibale Carracci, vont se mettre à peindre un nouveau type de représentations, ce que l'on nommera a posteriori des scènes de genre. Une simultanéité étonnante, d'autant plus que ces nouvelles peintures ont une autre caractéristique commune : elles représentent toutes des personnages aux gestes et aux formes d'action dictés par la présence de la nourriture. Comprendre le rôle de l'aliment dans l'émergence même de la peinture de genre en Italie est ce à quoi s'attache ce livre. D'Anvers à Bologne et Crémone, des tableaux de boucherie à la littérature macaronique de Folengo, du musée d'Ulisse Aldrovandi aux écrits des diététiciens italiens de l'époque, des Zanni de la Commedia dell'arte à la figure emblématique de la Cula, ce texte analyse les liens entre peinture et nourriture, mis en perspective dans la culture italienne du Cinquecento. Basé sur un riche corpus iconographique et un ensemble de textes artistiques, ce livre tire son originalité de l'exploitation de toute une production littéraire et théâtrale de la Renaissance ayant trait à la nourriture, mais aussi de traités de diététiques, de livres de cuisine et de textes relatifs à la théorie des humeurs. Au croisement de l'anthropologie et de l'histoire de l'art, ce travail de recherche éclaire l'apparition de la peinture de genre en Italie par l'analyse des motifs alimentaires qui y sont représentés. Chargée à la fois de significations traditionnelles et de sens nouveaux, la nourriture représentée génère, de toute évidence, un dispositif créateur organisant ces peintures de genre.