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Adam au clair de lune
Priestley J-B
PHEBUS
19,95 €
Épuisé
EAN :9782859404666
Il est peut-être l'heure de découvrir Priestley (1894-1984), que toute l'Angleterre applaudit pendant près d'un demi-siècle, et qui mérite de sortir de son purgatoire. Tel est le lot de ceux qui, à l'écart des avant-gardes et ne prétendant en rien à l'innovation, s'emploient d'abord à rester fidèles à un imaginaire singulier, et qui parfois poussent la discrétion jusqu'à accepter le succès, sans trop d'illusion sur les suites immédiates de l'affaire, mais confiants peut-être dans le jugement des surlendemains. Adam au clair de lune (1927) est le premier roman de Priestley, et déjà on l'y trouve tout entier. Une histoire toute simple, avec un héros tout simple, mais qui emprunte des sentiers délicieusement compliqués. L'argument pourrait se résumer ainsi : un jeune homme sans qualités s'en va passer quelques jours de vacances en Ecosse, et s'en reviendra changé pour la vie. Mais c'est ne rien dire de l'essentiel : de la construction tourbillonnante du récit, tout en fausses pistes, du chassé-croisé perpétuel des personnages, de leur non-conformisme foncièrement britannique, ni surtout de la grande question qui court entre les lignes comme le furet de la chanson : qu'est-ce-que la réalité ? ... et le rêve n'est-il pas le plus court chemin pour arriver jusqu'à elle ? Nous sommes dans un roman, mais l'atmosphère, comme dans le Songe d'une nuit d'été de Shakespeare, ou dans les meilleurs films de Renoir (La Règle du jeu, Le Carrosse d'or), hésite entre la comédie mélancolique et le conte. Un homme va de femme en femme et fait à ce jeu le seul apprentissage qui compte : celui du désordre. L'on devine bientôt comment va finir la fête, trop belle pour être vraie, trop cruelle pour être vraiment illusoire : entre douceur et tristesse, dans ce silence tremblé où s'éteignent les derniers lampions, tandis que la fraîcheur monte du petit matin gris. Le monde est là, avec ses fausses couleurs et son air de ne pas y toucher. Il faut vivre. L'air de ne pas y toucher. Ce serait peut-être bien là le secret de Priestley.
Résumé : De l'art d'évoquer les grandes et petites tragédies de la vie en usant des mots les plus simples, les plus nus... Un faubourg de Melbourne dans les années 50. Un couple se rend à une party de fiançailles chez des voisins, par un beau soir d'été. Lui est conducteur de loco et fier de son métier (on est au temps des dernières machines à vapeur). Elle pense qu'elle est mal mariée et songe à une autre vie. Le gamin qui les accompagne (12 ans) se dit que ses parents décidément ont bien changé... La soirée de fête est plutôt réussie, et pourtant la fiancée n'a pas l'air enchantée de convoler. avec le brave type que son père lui a choisi-un autre prétendant, éconduit quelques jours plus tôt par la belle, fera une apparition inattendue. On boit-un peu trop-on rit, on danse. Tard dans la Huit chacun s'en retourne chez soi, remuant de drôles de pensées. Le lendemain la radio annonce que l'express de Sydney a méchamment déraillé... Tout cela ne serait rien, ou pas grand-chose.. sans l'art de Steven Carroll (un romancier australien-hier encore non traduit en français-qui commence à faire sérieusement parler de lui). Il lui faut vraiment très peu de mots pour suggérer urne atmosphère et beaucoup plus que cela. On songe à une sorte de William Trevor des antipodes, qui déchirerait en douceur le masque des apparences. Son livre, qui n'élève jamais la voix, donne l'impression d'avoir été écrit dans un souffle : 1'un de ces livres qui parlent tout bas mais pour nous murmurer des choses terribles. Les personnages sont d'une banalité que l'on dira touchante, et pourtant à chaque instant on a l'impression qu'ils vont se noyer (on ne peut s'empêcher de penser que, s'il vivait aujourd'hui, Tchekhov écrirait un peu comme ça). Dur métier que de vivre, oui : lequel d'entre nous pourrait assurer qu'il possède vraiment l'art de conduire sa machine ?....
Bien rare assurément les lecteurs qui ont eu l'occasion d'avoir entre les mains ce petit livre publié en 1947, jamais réédité depuis. Sous forme de contes" merveilleusement brefs qui ont la netteté et le trouble du rêve, et dont le personnage central est toujours le même (un mort qui persiste désespérément à vivre), c'est dans un monde subtilement cauchemardesque que nous nous trouvons entraînés, comme à notre corps déféndant : un monde qui se révèle être, dès les premiers détours, celui de l'inavouable".
Résumé : Micah Mortimer, la petite quarantaine routinière, coule des jours heureux dans un quartier tranquille de Baltimore. En voiture, au travail ou avec sa petite amie, il ne dévie jamais de sa route toute tracée ? jusqu'au jour où il trouve Brink Adams qui l'attend sur le pas de sa porte. Car l'adolescent fugueur en est sûr, Micah est son père biologique... Pour l'homme qui aimait ses habitudes, cette seconde chance sonne comme une malédiction.