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Dans l'obscur royaume
Pressburger Giorgio ; Pozzoli Marguerite
ACTES SUD
22,90 €
Épuisé
EAN :9782742796243
A partir d?une idée mûrie lors de la dernière éclipse solaire du siècle (11 août 1999), Giorgio Pressburger a conçu une oeuvre surprenante. A la manière de Dante Alighieri qui, exilé de Florence, mêle biographie, histoire et chronique de son temps, Pressburger part de données personnelles, la mort de son père et de son frère jumeau Nicola, pour entreprendre un voyage dans ?l?obscur royaume? du siècle dernier, dominé par la violence et les idéologies. Son accompagnateur n?est autre que Sigmund Freud, un bienfaiteur de l?humanité selon l?auteur, mais aussi, à ses yeux, le véritable romancier de la bourgeoisie. Le mouvement du livre n?est pas celui d?une descente aux enfers ; il est plutôt analogique (comme dans l?analyse psychanalytique, qui procède par association d?idées) et circulaire, et nous invite à rencontrer une foule de personnages, dans laquelle bourreaux et victimes se trouvent mêlés, comme pour nous faire revivre l?horreur passée. Au centre de celle-ci, l?Holocauste tient une part prépondérante. Le passé de l?auteur, qui a perdu dans les camps une grande partie des siens et qui a lui-même, avec son frère, échappé de justesse à la mort, est évoqué. Mais aussi Josef Mengele, le médecin sadique, Anne Frank ou la mère de Carlo Michelstaedter, envoyée dans un camp à l?âge de quatre-vingt-un ans. Le livre évoque aussi plusieurs personnages qui se sont suicidés, comme si la principale caractéristique du XXe siècle était l?autodestruction : Marina Cvetaeva, Paul Celan, Primo Levi? D?autres ont été victimes de l?utopie communiste, comme le poète Maïakovski ou Isaac Babel. Quant à Cerbère, le chien à trois têtes, il est représenté par trois intellectuels qui ont sciemment choisi l?horreur : Louis-Ferdinand Céline, Knut Hamsun et Ezra Pound. De même que la Divine Comédie fait apparaître des couples célèbres, ici aussi nous rencontrons Martin Heidegger et Hannah Arendt, Paolo et Francesca modernes. Car il faut avoir traversé et connu tout le mal pour espérer s?en délivrer et se réconcilier avec soi-même, comme le fera le narrateur à la fin de ce voyage au bout de l?enfer. S?inspirant de la présentation de la Divine Comédie, Pressburger prolonge son texte par des notes, qui éclairent non seulement les personnages, mais aussi les intentions du narrateur : certains passages sont en langue étrangère ou en dialecte, ajoutant au caractère universel et foisonnant du texte. Une oeuvre profondément singulière, entre roman, poème et pièce de théâtre, qui secoue et dérange, et qui nous oblige à regarder la Méduse en face.
Vers la fin des années 1950, un petit pays de l'Est est envahi par une puissance étrangère. Andreas, un étudiant qui vit dans la capitale, doit s'exiler; il trouve refuge en Italie, après un voyage riche en péripéties. Pour ce jeune homme devenu orphelin de sa langue maternelle, c'est le début d'une véritable métamorphose. A l'instar de Wilhelm Meister, le héros de Goethe, il fait l'apprentissage de la vie et de l'amour à travers l'univers du théâtre. Avec l'aide de figures tutélaires féminines, il découvre peu à peu un monde nouveau et suit des cours d'art dramatique, mais doit déjouer les pièges des mensonges et des faux-semblants. Sa quête d'authenticité est jalonnée par la lecture d'un manuscrit où l'on reconnaît le philosophe Carlo Michelstaedter, dont l'histoire constitue ici un véritable roman dans le roman, et par sa rencontre avec le vieux Gerson, sosie de son père, menteur invétéré, mais riche de son expérience vécue. Ecrit dans une prose légère et tendre, traversé par les grandes interrogations de la culture juive, La Langue perdue oscille constamment entre l'ombre et la lumière, entre la tentation du désespoir et la "religion de l'Autre".
Peu de villes sont aussi littéraires que Trieste, qui a hébergé des auteurs illustres comme Italo Svevo, Umberto Saba ou James Joyce. Pour saisir l'âme fragmentaire de cette ville-frontière, Giorgio Pressburger a délaissé les monuments célèbres, leur préférant des quartiers moins connus et des personnages à la fois obscurs et emblématiques : Frau Musika, une vieille dame professeur de piano, en butte à un voisinage trop bruyant, l'ingénieur Taussig, commerçant amateur de peinture, qui léguera tous ses biens à sa femme de ménage, ou d'autres figures représentatives de Trieste, où l'imaginaire et le réel se mêlent indissolublement. Les sept nouvelles de ce recueil constituent donc une invitation à découvrir, selon les termes de l'auteur, "l'un des aspects les plus fascinants de cette ville : elle est elle-même un monument à la discrète, paresseuse, turbulente, malheureuse et joyeuse humanité."
Les cinq récits qui composent ce livre apportent sur l'exercice de la médecine mieux qu'un regard nouveau : ils témoignent, de manière étrange et fascinante, pour ces médecins qui, comme l'écrit l'auteur, "à travers leur profession, (ont) dû se mesurer à des secrets plus grands qu'eux" - et la mort n'en est pas le moindre. C'est que le praticien traverse ici ses propres miroirs et se retrouve captif de ce qui était jusqu'alors la source de ses observations. Dans ce livre, dont on ne saurait sans violence se détacher, on retrouve le fascinant romancier de l'Eléphant vert (mais Giorgio Pressburger écrivait alros à quatre mains avec son fère Nicola, mort en 1985), et l'on découvre un écrivain qui aurait, par son sens de l'alchimie littéraire, c'est-à-dire l'art de faire sens avec la moindre phrase, quelque chose d'un Hamsun transalpin. Ce livre devrait renforcer la conviction qu'avec Giogio Pressburger il faut désormais compter. Hubert Nyssen et Bertrand Py "Giorgio Pressburger, né à Budapest en 1937, partage aujourd'hui sa vie entre Trieste et Milan".
Résumé : La neige est comme la faute, dit un personnage de ce livre, elle finit par tout recouvrir. Mais un autre lui répond : la faute est comme la neige, car la faute, elle aussi, finit par se dissoudre et s'effacer dans la terre... Hantées par la douleur, le mal, la culpabilité, les six nouvelles qui composent ce volume mettent en scène des personnages bouleversés, qui cherchent une réponse au " pourquoi " d'un monde dont l'absurdité les submerge. En conteur à l'inspiration profonde, nourrie de cultures juive, italienne et mitteleuropéenne, Pressburger questionne et juge notre XXe siècle à l'aune de l'inhumanité et de l'extermination qui l'ont marqué. Il s'inscrit ainsi dans la lignée de Kafka, de Stefan Zweig et de Primo Levi - y compris par la luminosité d'une écriture sans concession, dont la retenue tranche avec la gravité de ses interrogations.
Marie a vingt-cinq ans. Un soir de fête, coup de foudre, nuit d?amour et le lendemain? Elle se retrouve douze ans plus tard, mariée, des enfants et plus un seul souvenir de ces années perdues. Cauchemar, angoisse? Elle doit assumer sa grande famille et accepter que l?homme qu?elle a rencontré la veille vit avec elle depuis douze ans et ne se doute pas du trou de mémoire dans lequel elle a été précipitée. Pour fuir le monde médical et ses questions, elle choisit de ne rien dire et devient secrètement l?enquêtrice de la vie d?une autre. Ou plutôt de sa propre vie. C?est avec une énergie virevoltante et un optimisme rafraîchissant que Frédérique Deghelt a composé ce roman plein de suspense sur l?amour et le temps qui passe, sur les rêves des jeunes filles confrontés au quotidien et à la force des choix qui déterminent l?existence.
Aurélien est nouveau dans son lycée. Il a déménagé. Ce n?est pas la première fois qu?il déménage. Pas facile de se faire des amis dans ces conditions. Mais justement, des amis, Aurélien semble ne pas en vouloir. Il est du genre solitaire; parfois il voudrait juste pouvoir se fondre dans le décor pour qu?on lui fche la paix. Pourtant, un garçon de sa classe, Thibaud, semble s?intéresser particulièrement à lui; il parvient même à convaincre Aurélien de participer à une soirée slam. Dans la pulsation des mots, dans la chaleur de cette amitié naissante, Aurélien arrive enfn à faire craquer la glace qui l?enserre et commence à se libérer du poids du secret, celui du deuil.
Chargé de l'enquête sur un assassinat commis à Édimbourg, Fin Macleod est envoyé sur son île natale de Lewis, en Écosse, quand un second cadavre apparemment exécuté selon le même modus operandi y est découvert. Persuadé que les deux affaires ne sont pas liées, Fin doit composer avec un décor et des gens qu'il a quittés dix-huit ans auparavant... Sur fond de traditions ancestrales d'une cruauté absolue, Peter May compose un roman palpitant parsemé de fausses pistes, de scènes glaçantes et de personnages aussi frustes que menaçants.Notes Biographiques : Né à Glasgow en 1951, Peter May habite dans le Sud de la France. Passionné par la Chine, il a été nommé membre honoraire de l'Association des écrivains de romans policiers à la section de Pékin. Il est notamment l'auteur d'une série publiée aux éditions du Rouergue qui met en scène le commissaire Li Yan et Margaret Campbell.
Résumé : Une femme, Miriàm. Un homme, Iosèf. Un jeune couple d'amoureux. Ils se sont rencontrés en Galilée, au Nord d'Israël, et vont se marier à Nazareth. Quand Miriàm annonce à son fiancé qu'elle attend un enfant dont il n'est pas le père, Iosèf ne la dénonce pas aux autorités, comme la loi le prescrit. Il croit en sa parole. Il croit qu'elle est enceinte d'une annonce, il croit à une vérité invraisemblable. "C'est l'hiver en Galilée, mais entre eux deux, c'est le solstice d'été, le jour de la lumière la plus longue". Avec Une tête de nuage, Erri De Luca poursuit sa relecture de la Nativité, abordée précédemment dans Au nom de la mère. Structuré en trois actes, le texte assume une forme dramatique parcourue par des dialogues intenses, non dépourvus d'ironie. Derrière la figure du Messie, Erri De Luca brosse le portrait intime de Marie et Joseph, ici présentés dans leur simple humanité : deux jeunes parents qui s'apprêtent à élever leur enfant, Jésus, dans mille difficultés. Un homme et une femme, liés par un sentiment qui dépasse les faits et s'inscrit dans les mots. "En amour, croire n'est pas céder, mais renforcer, ajouter quelques poignées de confiance ardente".
Si la gloire de Pirandello (1867-1936) a longtemps reposé sur le succès international de son théâtre, il n'en reste pas moins que les nouvelles occupent une place centrale dans son ?uvre. Il y a une bonne raison à cela : les nouvelles étaient, et sont restées, le vivier de ses personnages de théâtre. Les voici regroupées pour la première fois en français. Ce volume regroupe les 15 volumes de l'édition italienne et l'"Appendice" qui réunit les nouvelles que Pirandello n'avait pas eu le temps de rassembler lui-même avant sa mort. L'ouvrage est précédé d'une préface de Giovanni Macchia et suivi de "Pirandello conteur", postface de Georges Piroué, auteur chez Denoël d'un essai sur Pirandello et d'une biographie, Pirandello Sicilien planétaire. A quoi s'ajoutent 35 illustrations, une bibliographie des ?uvres de Pirandello traduites en français et des tables alphabétique et chronologique des nouvelles.
Résumé : Claudio Magris a rassemblé dans Instantanés un bouquet de textes brefs qui lui ont été inspirés par une chose vue, un événement de la vie quotidienne ou un fait d'actualité relevé dans la presse. La plupart de ces microrécits se déroulent en Italie, plus particulièrement à Trieste et dans ses environs, mais il en est qui nous transportent sous d'autres latitudes, de la Scandinavie à l'Inde, de Moscou à New York et au Grand Nord canadien. Certains "instantanés" ont trait aux relations intimes entre les êtres, d'autres concernent un épisode de l'histoire du XXe siècle, d'autres encore touchent à des questions de société et aux modes de vie de nos contemporains. Chez Claudio Magris, la description d'une scène saisie sur le vif offre toujours une résonance éthique et philosophique. Ce sont d'une certaine manière des "leçons de vie" que prodigue ce livre, mais sans que l'auteur se mette dans la situation d'exercer un pesant magistère. Au contraire, un mélange unique s'opère dans ces brèves vignettes entre le sérieux du propos et les nuances de l'humour. La gravité et la légèreté font ici si bon ménage que l'on est conquis par ce petit livre captivant et savoureux.
Résumé : Après L'amie prodigieuse et Le nouveau nom, Celle qui fuit et celle qui reste est la suite de la formidable saga dans laquelle Elena Ferrante raconte cinquante ans d'histoire italienne et d'amitié entre ses deux héroïnes, Elena et Lila. Pour Elena, comme pour l'Italie, une période de grands bouleversements s'ouvre. Nous sommes à la fin des années soixante, les événements de 1968 s'annoncent, les mouvements féministes et protestataires s'organisent, et Elena, diplômée de l'Ecole normale de Pise et entourée d'universitaires, est au premier rang. Même si les choix de Lila sont radicalement différents, les deux jeunes femmes sont toujours aussi proches, une relation faite d'amour et de haine, telles deux soeurs qui se ressembleraient trop. Et, une nouvelle fois, les circonstances vont les rapprocher, puis les éloigner, au cours de cette tumultueuse traversée des années soixante-dix. Celle qui fuit et celle qui reste n'a rien à envier à ses deux prédécesseurs. A la dimension historique et intime s'ajoute même un volet politique, puisque les dix années que couvre le roman sont cruciales pour l'Italie, un pays en transformation, en marche vers la modernité.