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Esthétique du répertoire musical. Une archéologie du concept d'oeuvre
Pouradier Maud
PU RENNES
16,00 €
Épuisé
EAN :9782753527522
Pourquoi mettre la musique en répertoire ? Que recherchaient les acteurs de la vie musicale dans ce terme emprunté au théâtre et omniprésent dans le discours des musiciens eux-mêmes depuis la seconde moitié du XVIIIe siècle ? Que change le répertoire à la perception et à la conception de la musique ? Notion polymorphe aux significations historiques complexes, le répertoire exige une approche au croisement de l'histoire, de la musicologie et de la philosophie une esthétique. Remis au coeur de la pensée de la musique, le répertoire devient la pierre angulaire d'une refondation du concept d'oeuvre musicale. En faisant tomber les paradoxes temporels de l'oeuvre, le répertoire permet de penser une temporalité proprement musicale où le classique n'est plus l'imitation extérieure d'un canon. Grâce au répertoire, l'oeuvre plastique n'est désormais plus le modèle de l'oeuvre musicale.
Les personnages d'opéra ne parlent pas au public à travers un filtre musical, ils parlent en chantant, car ils ont de bonnes raisons de chanter. L'opéra est bien du théâtre. Un livre pour expliquer et faire aimer l'opéra, même aux mélomanes qui le détestent. Pourquoi certains mélomanes détestent-ils l'opéra ? L'opéra n'est-il que l'assemblage accidentel de la musique et du théâtre, nuisant à l'un et à l'autre ? L'auteure défend la thèse que l'opéra est vraiment une oeuvre fictionnelle. Mais quelle sorte de fiction ? Pour comprendre et jouir pleinement de l'opéra, il faut prendre au sérieux la formule monteverdienne : parlare cantando. L'opéra est un théâtre où les personnages parlent en chantant. Poppée, Alcina, Carmen, Violetta et Mélisande ne chantent pas seulement pour nous, elles chantent dans leur monde, parce qu'elles ont de bonnes raisons de chanter. Pour défendre cette thèse, Maud Pouradier s'appuie sur des exemples ordinaires, sur des expériences de pensée, sur la philosophie de langage et sur les hypothèses les plus récentes des neurologues, des psychologues et des préhistoriens sur le " musilangage ", permettant de ainsi construire une poétique générale de l'opéra. Un dernier aspect de l'opéra doit cependant être compris : son caractère sacré, quasi-liturgique. Dans la dernière partie de son livre, l'auteur s'appuie sur les pères de l'Eglise pour comprendre les modifications profondes entraînées par la croyance selon laquelle Dieu a pris voix humaine. Dans une culture de tradition chrétienne, la voix humaine est devenue équivoque : la voix du Christ s'y fait entendre de loin en loin. C'est aussi cette voix-là que fait résonner l'opéra.
C'est le village le plus humide de France, et de loin. Cette particularité météorologique n'est pas sans incidences sur le caractère des villageois. On a retrouvé le maire dans la cour de sa ferme, une fourche plantée dans la poitrine. Le roman raconte l'enterrement, ou plutôt le trajet du cercueil sous la pluie diluvienne, vers un caveau gorgé d'eau. C'est l'occasion, pour le narrateur, d'observer le cortège silencieux, et d'évoquer avec ironie ces existences sur lesquelles pèse un lourd mystère. L'écriture, incisive et drolatique, rôde autour des personnages, trace leurs silhouettes en négatif, orchestre un ballet d'ombres cocasse et inquiétant - jusqu'à l'étrange catastrophe de la mise au tombeau.
Massive, l'éclosion de villas à Vichy durant la Belle Epoque est relativement tardive. C'est une chance pour leurs architectes : ils disposent alors de toute la gamme des techniques et matériaux modernes déjà largement éprouvés ailleurs. Leur talent aidant, qu'aiguillonnent les exigences de leurs commanditaires, ils dotent en peu d'années la " Reine des villes d'eaux " d'une spectaculaire variété de villas qui, avec les établissements thermaux et les autres édifices publics de la même époque, signent davantage l'identité architecturale de la station que ses monuments Napoléon III. De styles néo-oriental, néo-vénitien, néo-antique, néo-gothique ou Art nouveau, ces villas, qui, sur leurs façades mais aussi dans leur intimité, affichent une rare profusion de formes et de décors, font de Vichy un exemple.
Résumé : Pourquoi Philippe Saulnier n'y aurait-il pas cru ? Clémence Fontanes, assise dans ce bureau où elle s'était pourtant juré de ne plus mettre les pieds, lui avait dit ce qu'il voulait entendre - il allait se défaire de Carla en la rendant à ce Mesnil à qui il l'avait enlevée six mois plus tôt - et il tenait entre ses mains ce que, âgé de trente-sept ans, il convoitait déjà depuis un demi-siècle (car son père était né et avait aimé avant lui) : pourquoi n'aurait-il pas cru qu'il touchait au but? Les hommes sont ainsi : sans méfiance, remplis d'orgueil et d'illusions au sujet de ce qu'ils appellent le fruit de leurs efforts et le paon qui fait la roue devant sa femelle est persuadé que c'est à ses propres mérites qu'il doit d'avoir une si belle queue. Saulnier était pareil à tous les autres paons : il n'a pas su voir ce qui crevait les yeux, il n'a pas compris que Carla était différente des autres petites dindes, et dans son aveuglement il a cru que ça y était, qu'il avait gagné de sorte qu'on peut bien dire qu'il est mort heureux.
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.