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La conscience critique. 4e édition
Poulet Georges
CORTI
20,85 €
Épuisé
EAN :9782714301598
L'acte de lire (auquel se ramène toute vraie pensée critique) implique la coïncidence de deux consciences: celle d'un lecteur et celle d'un auteur. Or la conjonction de ces deux consciences est précisément ce qui caractérise mieux qu'aucune autre la critique de notre temps. On parle souvent d'elle. On lui attribue dans certains milieux une fonction que, jusqu'alors, à aucune époque, ni à celle de Boileau, ni à celle de Sainte-Beuve, ni à celle de Brunetière, elle n'avait encore remplie, sinon brièvement ou fortuitement. On l'appelle "nouvelle critique", comme on appelle un certain type de nouveau roman le nouveau roman. Il y a le nouveau roman de Butor, Robbe-Grillet, Nathalie Sarraute ou Claude Simon. De même, il y a la nouvelle critique de Gaston Bachelard, Marcel Raymond, Maurice Blanchot, jean Rousset, Jean-Pierre Richard ou jean Starobinski. D'un côté comme de l'autre, l'événement littéraire consiste en l'apparition d'un certain groupe composé de personnalités variées mais manifestant un intérêt semblable pour des problèmes semblables
Résumé : Georges Poulet poursuit dans ce second volume ses investigations critiques sur le temps humain en se focalisant sur l'élément constitutif de la temporalité : l'instant. Il montre combien l'instant est une réalité mouvante, qui se métamorphose au gré des oeuvres maîtresses de la littérature européenne. Instant vide et égaré entre une transcendance divine et les abîmes de l'intériorité chez Racine ; instant sans cesse renaissant et neuf au XVIIIe siècle, il devient le siège léger du bonheur que l'on tente de revivre sans fin chez Stendhal. Le XXe siècle correspond à une remise en cause d'un temps perçu comme écoulement et comme courant continu : il est désormais perçu comme essentiellement discontinu qui est ici analysé chez des auteurs comme Jules Supervielle, Paul Valéry, André Gide ou encore Paul Claudel. George Poulet montre comment ces auteurs tâchent de stabiliser les fluctuations du moment présent dans une durée. Car " ce n'est pas le temps qui nous est donné : c'est l'instant. Avec cet instant donné, c'est à nous de faire le temps ". Ce volume comprend les tomes 2 et 4 des Etudes sur le temps humain.
Tend à dégager chez tous les auteurs étudiés, et quelle que soit la variété de leurs expériences, un caractère commun, celui qui consiste à saisir leur être profond.
J'ignore tout de Solange Brillat ou plus exactement, j'ignorais tout. La presse, ces derniers jours, évoque sa disparition et publie une photo noir et blanc. Solange sourit, et derrière son sourire il y a un lac. Où cela peut-il être ? Qui a pris cette photo, à quelle occasion ? Un journaliste qui avait frappé à ma porte la semaine dernière cite mon témoignage, quelques mots que je me souviens vaguement avoir prononcés : "Selon son voisin, c'était une jeune femme très discrète, banale." J'imagine Solange Brillat quelque part à une table de café, lisant les épithètes de sa gloire et tentant de se remémorer son voisin. Très discrète, banale. Ces mots aujourd'hui, je les regrette"
Gaston Bachelard (1884-1962) est le premier à avoir pris comme principal sujet de recherche l'imagination de la matière. Ses neufs grands ouvrages (traduits dans plusieurs langues) ont renouvelé durablement la critique.Avec La Terre et les rêverie de la volonté, Bachelard se rapproche de Jung. Le livre atteste qu'il n'a pas qu'une mais plusieurs méthodes, ce qu'on appellera la " nouvelle critique " s'en inspirera." Je ne crois pas nécessaire de camper ici un portrait de Bachelard. Toute la presse s'en est chargée dans la dernière année de sa vie. Elle n'a rien laissé ignorer de cet homme trapu, râblé et d'une corpulence tout à fait 1900. (...). Tout le monde sait maintenant qu'il avait le visage même du philosophe, tel du moins que le rêve l'imagination populaire. On en a admiré la chevelure romantique et la barbe peu soucieuse du ciseau.Ses familiers, ses étudiants savent seuls qu'il avait l'accueil jovial, la parole vive et que son rire était toujours prêt à fuser aux bons mots - et même aux calembours, à ceux des autres comme aux siens - que la conversation faisait jaillir.Bachelard forçait la sympathie dès l'abord : il n'est pas si commun de voir un grand esprit sous l'apparence d'un homme simple et comme ordinaire. Il avait conquis la mienne dès notre première rencontre, un an après la publication de son Lautréamont.Je veux dire ici ma reconnaissance à Albert Béguin... C'est à lui que je suis redevable d'être l'éditeur de Bachelard ; de Bachelard de qui les quatre livres majeurs qu'il m'a donnés ont été la semence d'où est née la critique nouvelle. "José Corti, Souvenirs désordonnés.