Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Penser après Heidegger
Poulain Jacques
L'HARMATTAN
31,50 €
Épuisé
EAN :9782738410641
La fascination qu'a exercée la pensée d'Heidegger et les controverses qu'elle a soulevées tiennent à ce que celle-ci parvenait à interroger l'enjeu de civilisation dont la philosophie est porteuse. Cet enjeu était de soumettre la vie humaine à ce qui pense en toute pensée : de la plier au jugement de vérité. En dévoilant la vérité comme seul mode authentiquement humain d'exister dans la liberté, Heidegger faisait de notre impuissance à réaliser aujourd'hui cet enjeu, un défi incontournable pour toute pensée philosphique. A l'occasion du centenaire de la naissance du philosophe, en septembre 1989, il a paru possible et opportun de réexaminer cet enjeu à Paris au Collège International de Philosophie, car l'un des bénéfices les plus patents de "l'affaire Heidegger" a été de guérir la pensée philosophique française de sa piété légendaire, de son esprit de chapelle bien connu ainsi que d'un individualisme hélas tout aussi légendaire. Acceptent de relever ici ce défi certains des lecteurs d'Heidegger qui ont fait leur depuis longtemps la tâche de pensée qu'il a réussi incontestablement à léguer tant à ses adversaires qu'à ses disciples.
Est-il possible d'enchaîner le mouvement de l'expérience à l'action qui vise son partage, abstraction faite de sa vérité ? Suffit-il de rechercher l'accord pragmatique des croyances, des intentions et des désirs, que scelle le consensus, pour nous mettre en harmonie avec le monde et avec la vie ? Il est permis d'en douter, car cet accord se révèle impuissant à nous faire accéder à l'expérience de sa propre réalité. Autrement dit, la " raison pragmatique " s'invalide inéluctablement elle-même lorsqu'elle tente de se valider. Le fait est que le langage doit sa puissance critique à une sorte de conscience d'écoute qui engendre perceptions et pensées, désirs et actions à l'aide de propositions. Le déni pragmatique du vrai ne saurait empêcher qu'un jugement advienne en toute parole ; il ne peut qu'en neutraliser la prise de conscience. Le retour au jugement de vérité qui est proposé ici entend libérer l'esprit de son enchaînement autistique à un consensus aveugle. On ne guérit de cette possession pragmatique qu'en se pliant à la loi de vérité qui règle l'usage du langage. En effet, la raison critique inhérente à cet usage s'accorde toujours déjà à l'amour de la sagesse : elle se relève ainsi proprement philosophique.
La question du langage est l'un des enjeux essentiels de la philosophie aujourd'hui dans les débats qui agitent les relations entre le Vieux Continent et les Etats-Unis. Face à ce qu'il est convenu d'appeler la transformation pragmatique de la philosophie, c'est-à-dire la réduction de tout discours à ses effets de langage sur les partenaires sociaux, Jacques Poulain oppose une réhabilitation de la philosophie du jugement. Spécialiste des écoles de pensée anglo-saxonnes, américaines mais aussi allemandes, il montre les dangers d'aveuglement contenus dans l'abandon de toute logique philosophique. Affrontant le diagnostic porté par Wittgenstein sur la philosophie, il remet le jugement de critique philosophique au travail en le préservant des rêves scientistes ainsi que de toute rechute dans le pseudo-savoir des règles de langage. Dans cette polémique suscitée par l'essor croissant de la philosophie du langage et de la logique mathématique, ce livre est l'un des rares en France à entreprendre une discussion de fond avec la philosophie anglo-saxonne.
Résumé : Les démocraties économiques produisent en accéléré un appauvrissement du monde. Elles programment même un dégraissage de leurs populations actives de l'ordre de 80%. Pour légitimer leurs régulations, justifier leurs performances catastrophiques et les crimes spéculatifs de leurs banques, elles n'agitent que ce schibboleth appelé par Joseph Stiglitz le "consensus de Washington" : libéralisation, privatisation et austérité. Elles développent sans sourciller une esthétisation pathologique du monde à l'aide d'un chamanisme économique qui les dispense de se soumettre à ce qui devrait régler leur développement : le jugement d'objectivité qu'elles sont appelées à porter sur leurs propres résultats. C'est ainsi qu'elles parasitent, sous couvert d'expérimentation, la puissance de l'imagination créatrice que l'être humain s'est forgée pour surmonter l'absence de ses coordinations héréditaires à l'environnement. La maladie mortelle qu'elles propagent n'est pourtant qu'un autisme de la réflexion. Le sursaut doit venir d'un dialogue transculturel, seul remède pour guérir de la mondialisation.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.