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Potte-Bonneville Mathieu
VERDIER
11,00 €
Épuisé
EAN :9782864329725
Economiquement, l'heure est dit-on à la reprise, gouverner consisterait à remettre le pays sur ses rails et s'opposer à ce que l'air du temps peut présenter d'intolérable exigerait dans l'instant de repartir au combat. Mais que peuvent bien signifier ces verbes, reprendre, remettre, ou repartir ? A quelles complications et à quelles hantises s'affrontent nos tentatives intimes ou politiques pour surmonter déceptions et défaites, doutes et empêchements, jusqu'à trouver la force d'agir à nouveau ? Les philosophes se sont souvent penchés sur les premiers commencements de toutes choses ; on voudrait ici, en compagnie de penseurs et d'écrivains, interroger plutôt les deuxièmes coups, les nouvelles fois, sonder leurs pièges et leurs promesses, et explorer l'expérience individuelle ou collective du recommencement comme on se recoudrait une éthique en guettant le retour des beaux jours.
Avançant par bifurcations et ruptures, la pensée de Foucault renouvelle sans arrêt ses méthodes (archéologie, généalogie) et ses concepts (épistémès, dispositifs, problématisations). Sous cette ligne brisée se laisse lire l'unité, non d'un système, mais d'un souci : articuler l'analyse " positive " des normes historiques au repérage de leurs crises ; se défaire de toute référence au sujet constituant mais rouvrir l'interstice d'un " soi ", où penser autrement deviendrait possible. Ce livre propose l'étude de deux moments précis de l'oeuvre : la description, dans l'Histoire de la folie, de la naissance de l'asile ; l'examen de la " subjectivation " grecque, dans l'Usage des plaisirs. S'y laisse voir l'invention d'une nouvelle figure de la critique : critique sans surplomb qui, au lieu d'en appeler à la raison et aux principes, s'autorise des failles singulières ouvertes dans le jeu du savoir et du pouvoir. De cette position exposée et précaire, chaque livre tire sa puissance d'intervention : " morale de l'inconfort ", la pensée de Foucault est aussi une politique de l'incertitude.
Potte-Bonneville Mathieu ; Rueff Martin ; Bougnoux
Lu, débattu, admiré ou contesté, François Jullien, en sa double qualité de philosophe et de sinologue, n'a cessé d'exciter la curiosité, de susciter la polémique. "Mon rapport à la Chine a changé", déclare-t-il dans un ouvrage paru le mois dernier aux Éditions du Seuil, "car il s'infléchit, se renouvelle, mais je crois que je n'aurais pas pu penser comme aujourd'hui sans être passé hier par la Chine". C'est ce rapport mobile, en ses inflexions les plus récentes, qu'interrogent ici Martin Rueff, Daniel Bougnoux et Mathieu Potte-Bonneville, qui a réuni ces textes. Car l'?uvre de François Jullien n'est pas seulement l'affaire des sinologues: c'est depuis les traditions philosophiques et littéraires occidentales que tous trois posent la question de son "retour de Chine". Autre "retour de Chine": un retour sur le travail du peintre Zao Wou-Ki. L'entretien que nous publions, réalisé par Irène Salas avec son épouse, Mme Françoise Marquet, et son assistant M. Yann Hendgen, s'est déroulé en sa présence et porte témoignage de ses convictions artistiques. Nous remercions Zao Wou-Ki de nous avoir permis de reproduire dans ce même numéro deux de ses encres de Chine, dont une inédite. Une note d'Emmanuel Lincot sur l'important ouvrage de Christophe Comentale, Cent ans d'art chinois, complète cet ensemble où la Chine apparaît décidément proche.
Destiné aux étudiants et à tous ceux qui veulent s'orienter dans la pensée de Michel Foucault, ce livre propose une approche doublement originale. D'une part, là où la présentation chronologique de cette oeuvre insiste d'ordinaire sur la variété de ses démarches et de ses objets, on fait ici le pari d'une unité d'intention, unité sur laquelle la récente publication des cours au Collège de France jette une lumière nouvelle. Des notions telles que le discours ou le pouvoir sont donc resituées ici sur le fond d'un projet d'ensemble, celui d'une "histoire du sujet" sur laquelle Foucault affirmait au soir de sa vie n'avoir jamais cessé de travailler. Qu'est-ce qu'être un sujet, ou se poser comme sujet? Soulever une telle question, c'est bien se tenir à hauteur de philosophie, tout en revendiquant de passer celle-ci "au tamis de l'histoire". C'est pourquoi, autre originalité, on cherche à chaque étape du parcours à décrire les déplacements que Foucault fait subir à quelques notions canoniques (celles de fondement, d'autorité ou de vérité), situant son oeuvre vis-à-vis des questions débattues par la tradition philosophique sans négliger pour autant ce que cette pensée doit à son actualité. Des extraits commentés mettent en lumière la complexité de ce que Foucault nommait son "histoire des limites", et un lexique définit des notions telles que "biopolitique" ou "gouvernementalité", centrales dans réflexion contemporaine.
Historien ou philosophe? Théoricien de la culture ou intellectuel engagé dans les luttes de son temps? Parce que la trajectoire de Michel Foucault a déjoué de bout en bout ces alternatives, sa relecture contemporaine oblige à adopter un double regard, aussi attentif au détail de ses arguments qu'à la forme même de ses interventions dans l'ordre du discours et l'espace public. Livre à deux voix, entre histoire et philosophie, D'après Foucault rassemble une série d'études dont l'enjeu commun est d'éclairer, par un retour sur l'?uvre de Foucault, la contribution possible de celui-ci aux débats et aux combats du présent, son apport à la compréhension d'une époque qui, déjà, diffère de la sienne. Comment Foucault a-t-il transformé, pour longtemps, les gestes canoniques de l'enseignement ou de l'écriture, leur adjoignant l'exigence du diagnostic, le goût pour l'anonymat ou pour l'éclat de rire? Quel éclairage offrent ses travaux sur les transformations contemporaines du droit et de la lutte pour les droits, sur l'irruption des soulèvements, sur le renouveau d'une éthique qui ne se réfugie pas dans l'invocation des grands principes? Comment tirer, de sa lecture, des horizons renouvelés - le programme d'une histoire politique de l'écriture, ou d'une politique des usages et des usagers? Lecteurs autant que "passeurs" de la pensée de Foucault, Philippe Artières et Mathieu Potte-Bonneville tentent ici d'inventer, vis-à-vis de lui, une fidélité sans nostalgie, afin de prolonger et de relancer cette "morale de l'inconfort" dont il s'est voulu le promoteur, dans la théorie comme dans la politique.
Voici l'histoire d'un homme sur une île déserte, élevé sans père ni mère, qui découvre par sa raison seule la vérité de l'univers entier, puis qui rencontre un autre homme, religieux mais sagace, venu d'une terre voisine. Une "sorte de Robinson psychologique", écrivait Ernest Renan à propos du livre. Ecrit en arabe au XIIe siècle par le penseur andalou Ibn Tufayl, né à Guadix, Vivant fils d'Eveillé est un chef-d'oeuvre de la philosophie. Il dévoile sous la forme d'un conte les secrets de la "sagesse orientale". Traduit en latin en 1671, il connaîtra un immense succès dans l'Europe des lettres. Jean-Baptiste Brenet en propose ici une adaptation qui donne la parole au personnage principal." Préface de Kamel Daoud.
Car un laque décoré à la poudre d'or n'est pas fait pour être embrassé d'un seul coup d'oeil dans un endroit illuminé, mais pour être deviné dans un lieu obscur, dans une lueur diffuse qui, par instants, en révèle l'un ou l'autre détail, de telle sorte que, la majeure partie de son décor somptueux constamment caché dans l'ombre, il suscite des résonances inexprimables. De plus, la brillance de sa surface étincelante reflète, quand il est placé dans un lieu obscur, l'agitation de la flamme du luminaire, décelant ainsi le moindre courant d'air qui traverse de temps à autre la pièce la plus calme, et discrètement incite l'homme à la rêverie. N'étaient les objets de laque dans l'espace ombreux, ce monde de rêve à l'incertaine clarté que sécrètent chandelles ou lampes à huile, ce battement du pouls de la nuit que sont les clignotements de la flamme, perdraient à coup sûr une bonne part de leur fascination. Ainsi que de minces filets d'eau courant sur les nattes pour se rassembler en nappes stagnantes, les rayons de lumière sont captés, l'un ici, l'autre là, puis se propagent ténus, incertains et scintillants, tissant sur la trame de la nuit comme un damas fait de ces dessins à la poudre d'or." Publié pour la première fois en 1978 dans l'admirable traduction de René Sieffert, ce livre culte est une réflexion sur la conception japonaise du beau.
Vite, des cabanes. Pas pour s'isoler, vivre de peu, ou tourner le dos à notre monde abîmé ; mais pour braver ce monde, l'habiter autrement : l'élargir. Marielle Macé les explore, les traverse, en invente à son tour. Cabanes élevées sur les ZAD, les places, les rives, cabanes de pratiques, de pensées, de poèmes. Cabanes bâties dans l'écoute renouvelée de la nature - des oiseaux qui tombent ou des eaux qui débordent -, dans l'élargissement résolu du " parlement des vivants ", dans l'imagination d'autres façons de dire nous.
Qu'est-ce qu'un grand peintre, au-delà des hasards du talent personnel ? C'est quelqu'un sans doute dont le trop violent appétit d'élévation sociale s'est fourvoyé dans une pratique qui outrepasse les distinctions sociales, et que dès lors nulle renommée ne pourra combler : telle est l'aventure du peintre qui dans ces pages porte le nom de Goya. Ce peut être aussi un homme qui a cru assouvir par la maîtrise des arts la toute-puissance du désir, à ce divertissement noir a voué son oeuvre, jusqu'à ce que son oeuvre, jusqu'à ce que son oeuvre, ou sa propre conscience, lui dise que l'art est là justement où n'est pas la toute-puissance : j'ai appelé cet homme par commodité Watteau. C'est encore quelqu'un qui tôt ou tard doit faire son deuil des maîtres, de l'art et de son histoire, et apprendre que tout artiste pour sa part est de nouveau seul, face à un commanditaire écrasant et peu définissable, dans ces régions arides où l'art confine à la métaphysique, sa pratique à la prière : et j'ai voulu qu'un obscur disciple de Piero della Francesca soit confronté à cela.