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Notre métier d'humain. Chroniques
Portnoy Lanzenberg Sylvie
L'HARMATTAN
18,50 €
Épuisé
EAN :9782343193304
Albert Camus est très présent dans cet ouvrage dont le titre reprend une de ses idées majeures que l'auteur partage au plus haut point : vivre consiste pour l'essentiel à "faire son métier d'homme". Cette citation est sienne : "Il n'est pas possible de réaliser le bonheur et la satisfaction universelle, mais il est possible de diminuer la douleur des hommes... Là aussi, il suffit de savoir d'abord ce que nous voulons. Et ce que nous voulons justement, c'est ne plus jamais donner raison à la force, ne plus jamais nous incliner devant la puissance des armes ou de l'argent. Bien entendu, c'est le genre d'affirmation qui fait rire les réalistes. Parce que les réalistes savent, eux, que c'est une tâche qui n'a pas de fin, et que, par conséquent, ils ne voient pas de bonnes raisons de la continuer. Ils ne veulent entreprendre que des tâches qui réussissent. Et c'est ainsi qu'ils n'en entreprennent aucune qui soit vraiment importante ou vraiment humaine, c'est ainsi que même sans le vouloir, ils consacrent le monde du meurtre, c'est ainsi qu'ils ne s'aperçoivent pas que même si c'est une tâche sans fin, nous sommes là pour la continuer." Faire son métier d'humain, c'est s'engager dans une longue marche vers la liberté, la dignité et le respect. C'est un travail sisyphien jamais achevé, toujours à recommencer, notre nature double nous confrontant sans cesse au mal d'égoïsme que nos parties évoluées doivent veiller à déjouer pour que la solidarité soit la valeur qui nous guide. Cette pierre poussée par Sisyphe, qui invariablement retombe et qu'il faut toujours relever sans se lasser, c'est d'abord une partie de soi-même. Faire notre métier d'humain, c'est continuer cette tâche sans fin...
Sans doute vaut-il mieux aborder cet ouvrage comme une longue promenade clans le monde de la pensée contemporaine... Avec un même éclairage porté sur le mal, l'auteur nous emmène sur les sentiers de la psychologie de D. Winnicott. en passant par une approche originale du christianisme, du bouddhisme, du judaïsme, de l'éducation, de la politique, de l'art, du langage, etc. L'homme sait aujourd'hui l'enfer qu'il peut nourrir en son cœur. Trop souvent, il préfère servir sa toute puissance par divers types d'emprise plutôt que de sauvegarder la justice et la liberté. Invariablement, les instances primaires le tirent en arrière, son omnipotence imaginaire voulant faire sa loi. Comment éveiller l'individu à reconnaître le mal qui viole l'espoir et comment apprendre ensemble à faire contrepoids à notre volonté de puissance potentiellement destructrice ?
L'époque est fort inquiétante. L'irresponsabilité des hommes à tous les niveaux de la société n'est plus assez contrebalancée par leur volonté de s'élever par leurs comportements évolués, justes et respectueux. Chacun tend à céder à ses parties primaires, se complaisant dans l'infantile et ses excès d'égocentrisme, d'exigence tyrannique, d'intolérance, de pulsionnalité débordante et impatiente. Interloquée par la violence sociale ambiante, par tous ces gens qui semblent avoir le diable au corps et à l'esprit, je voulais d'abord intituler cet opuscule : Le peuple racaille. Je me suis reprise en choisissant Le peuple de peu, cette expression me semblant plus belle. Ce titre fait référence aux sages confucéens qui, dès le cinquième siècle avant J-C, distinguaient les hommes de bien des hommes de peu, les premiers gardant le souci de se comporter avec civilité et de s'élever dans le sens de la justice et du respect, les seconds ne cultivant pas leur conscience humaine évoluée pour s'en tenir à leurs petits plaisirs faciles et à leur strict intérêt. Comme remède à nos régressions actuelles, je vous propose d'apprendre à être des Sisyphes heureux.
Si les propositions philosophiques et politiques faites jusque-là autour de la notion de care peinent à convaincre, n'est-ce pas parce que profondément elles s'en tiennent à une sorte de croyance métaphysique en l'existence première de l'individu ? Comment penser l'humain autrement afin d'opérer une véritable révolution idéologique qui permette de dépasser l'individualisme régnant ?
A la jeunesse, qui ne sait pas vers quelle cause maintenant se tourner, je propose la justice. Se ressentant en manque de repères, et bien petit ou bien seul sur son coin de terre, certains disent souvent : " Où sont les grandes idées aujourd'hui, et comment lutter contre tous ces problèmes mondiaux qui semblent inaccessibles au petit citoyen lambda que je suis et qui paraissent donc insolubles ? " Ils voudraient changer les choses, mais se pensent trop isolés et ne voient pas en quel mouvement s'engager. Je dis qu'au plus près de soi et en soi est le combat, et que l'addition de tous nos combats individuels pleins d'humilité et de détermination éclairée peut changer l'esprit du monde humain. Pour la justice et le respect au quotidien, c'est-à-dire contre le mal d'égoïsme et d'omnipotence potentiellement présent en tous nos actes, chacun peut dès maintenant se positionner en résistant actif.
Cette recherche part d'un intérêt pour la schizophrénie et des processus évolutifs qui peuvent être repérés. C G Jung a consacré sa vie à la description de ces dynamiques psychiques transformatrices. Ces potentiels s'animent lors de processus de crise psychique, de métamorphoses, ou lors d'épisodes psychopathologiques. Cette vision est de plus en plus partagée parmi les chercheurs en psychologie, en psychanalyse, en neurobiologie et dans les sciences du chaos.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.