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La métamorphose du Prince. Politique et culture dans l'espace occidental
Colliot-Thélène Catherine ; Portier Philippe
PU RENNES
18,00 €
Épuisé
EAN :9782753532984
S'il n'est pas de politique sans dirigeants politiques, la fonction dirigeante connaît de multiples variantes. Le présent recueil dresse un tableau des plus importantes de ces variantes, telles que le bon prince, le chef charismatique, le notable, le politicien professionnel, le leader démocratique, en combinant perspective historique et comparaisons culturelles. Il ne s'agit pas cependant de présenter une simple sociographie du métier politique. Renouant avec une riche tradition de la science politique, ce livre s'emploie à montrer comment la fonction dirigeante se trouve travaillée par la culture des sociétés où elle s'inscrit. La démonstration oppose, dans cette perspective, le monde ancien et le monde moderne, et, au sein du monde moderne, la société américaine et la société européenne, les pays de culture protestante et ceux de culture catholique. Ces sociétés définissent des figures contrastées du leadership. Certaines d'entre elles maintiennent encore, dans un monde qui a rompu pourtant avec l'ordonnance hiérarchique des sociétés de jadis, une forte asymétrie entre dirigeants et dirigés, entraînant un effet de distanciation des citoyens avec la politique. D'autres, au contraire, en inventant une démocratie du quotidien, égalisent plus fortement les rôles, facilitant de la sorte l'émergence d'une "société de confiance". Ces analyses historiques et comparatistes permettent de nourrir la réflexion sur une question de la plus haute actualité : quel type de chef est compatible avec l'égalitarisme des sociétés démocratiques ?
Remontant aux prémisses fondamentales de la théorie kantienne du droit, ce livre établit que le droit de propriété privée, loin d'être pour Kant un droit formel, dont l'effectivité pour chacun serait contingente, est au contraire la condition universelle de la liberté concrète : tout être humain a droit d'avoir un lieu sur terre pour vivre libre. Au siècle suivant, Marx a montré comment l'économie capitaliste a transformé ce droit en un instrument de dépossession qui sépare le sujet, entendu comme une entité abstraite, de ses conditions organiques d'existence. Dans l'espace fini d'une terre entièrement occupée, les logiques de l'économie capitaliste et de la politique des Etats-nations se conjuguent pour pérenniser cette séparation. Elles sont génératrices d'exclusions qui bafouent frontalement l'universalité du droit à la liberté : entre répression et assistance paternaliste, les politiques publiques visant les pauvres et les migrants dénient dans la pratique à leurs destinataires la qualité de sujet de droits.
S'intéresser, en philosophie, à un sociologue qui faisait dépendre le caractère scientifique de sa discipline du rejet de toute interrogation d'ordre philosophique, n'est-ce pas une gageure ?
Résumé : Au début du XXe siècle, l'analyse de la logique inhérente aux grandes puissances, au capitalisme occidental et aux phénomènes de communautisation, nourrit abondamment les travaux de Max Weber sur la notion de communauté. Présentés pour la première fois en français dans une traduction intégrale, ces textes n'ont rien perdu de leur acuité ni de leur à propos. Vers 1910, Max Weber rédige dix textes qui font voler en éclats la conception alors dominante de la communauté, aujourd'hui encore ardemment controversée. Un siècle plus tard, la présente traduction de ces écrits (pour partie inédits en français) s'appuie sur le volume des Communautés de l'édition critique allemande, qui, depuis 1984, réorganise et éclaire l'ensemble de l'oeuvre protéiforme de Weber. Loin de toute essentialisation de la communauté, de tout déterminisme mécanique, les analyses qui se déploient ici s'appuient sur la démarche sociologique que Weber est en train de fonder, pour interroger ce qui est en jeu dans les processus de " communautisation ". C'est la complexité des synergies communautaires, la pluralité et l'intrication de facteurs économiques, historiques, religieux, militaires, juridiques ou culturels qui apparaissent ici en pleine lumière. Une objectivité scientifique, un savoir historique et ethnologique d'une ampleur exceptionnelle viennent ainsi s'opposer à des " visions du monde " souvent irrationnelles, portant, entre autres, sur l'origine de la famille, les peuples " primitifs ", les races, les castes, les clans, les classes, la nation ou l'Etat. La publication de ces textes sous forme d'un volume distinct permet de les inscrire dans une histoire des notions de communauté, d'identité et de commun, et ainsi d'éclairer certains enjeux fondamentaux du vocabulaire politique de notre époque.
L'oeuvre de Marx connaît aujourd'hui un renouveau d'intérêt, dont témoignent les republications et les nouvelles traductions de ses écrits ainsi que la publication de nombreux ouvrages récents qui lui sont consacrés. Les articles composant le présent volume, issus d'un colloque qui s'est tenu en mars 2015 à Rennes, éclairent les raisons de ce renouveau d'intérêt en mettant en évidence divers aspects des analyses marxiennes qui s'avèrent d'une remarquable actualité. Qu'il s'agisse de la conception de la critique en général, de la critique de l'économie capitaliste ou de celle de la politique, Marx nous offre toujours un trésor de ressources conceptuelles et analytiques dont la portée est loin d'être épuisée.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?