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Marie-Pierre Thiébaut. La forme-geste
Porte Michelle ; Massé Alice ; Lebovici Elisabeth
INVENIT
16,00 €
Épuisé
EAN :9782376800392
Formée à la sculpture par Ossip Zadkine, Marie-Pierre Thiébaut (1933-2010) collabore en 1967 et 1968, en Algérie, avec l'architecte Fernand Pouillon. La découverte du Sud algérien et de ses constructions traditionnelles aux volumes simples et à la décoration dépouillée influence durablement son art, imprégné par la lumière et par une connivence avec la matière et les matériaux (pierre, bronze, bois et plâtre, mais aussi terre, ciment ou papier). Ses architectures-sculptures épurées traduisent parfaitement le lien intime que Marie-Pierre Thiébaut entretient avec la nature, tandis que ses séries d'empreintes de doigts, paumes, mains, seins et ventres, véritables estampes du vivant, soulignent l'omniprésence du corps de l'artiste au sein du processus créatif. Cette publication accompagne l'exposition organisée par La Piscine autour de deux importantes donations d'oeuvres de l'artiste consenties par Michelle Porte.
Porte Michelle ; Durand-Ruel Denyse ; Sanchez Marc
Après avoir détruit sa maison-oeuvre-laboratoire en céramique blanche de Garches, Jean-Pierre Raynaud a exposé au CAPC-musée d?Art contemporain de Bordeaux les gravats, telles des reliques, dans des poubelles métalliques en usage dans les blocs opératoires. Pour lui, en effet, l?oeuvre d?art est un but et son unique raison d?être. « Le but n?est pas de faire des oeuvres d?art, il est de vivre l?oeuvre d?art comme un but ».« En 23 ans, la maison a connu cinq stades successifs. Et je tenais beaucoup à en assurer moi-même les métamorphoses. Quand j?ai pris conscience, en 1988, qu?elle était réellement terminée, cela a été un choc terrible, comme l?aboutissement d?une recherche, la fin d?une vie. Je n?ai pas voulu accepter que ma relation avec elle prenne fin, aussi, durant quatre ans, j?ai réfléchi sur le sens de cette « oeuvre » qui m?échouait comme si je devais en être le gardien jusqu?à ma mort. J?ai réalisé qu?étant unique elle méritait plus d?audace et d?égard que cette architecture parfaite, figée qu?elle était devenue, ce qui est le propre des objets d?art, il me fallait lui faire subir un sort exceptionnel, digne d?elle. Je décidai de la métamorphoser, de l?emporter ailleurs, de lui faire vivre une expérience absolue. Pour cela, elle devait se soumettre à une ultime transformation : la démolition ». Jean-Pierre Raynaud, 1993. Extrait du film de Michel Porte qui retrace l?aventure de la Maison, ses divers stades jusqu?à la démolition.
Le Camion ne repose pas uniquement sur la parole, il y a quelqu'un qui lit, quelqu'un qui écoute. Le camion sur une route, c'est une image, c'est de l'image. Ca n'aurait pas pu être du théâtre, Le Camion n'est pas joué, il est lu, et il n'a pas été répété. S'il l'avait été, ç'aurait été un autre film. Je ne sais pas si on peut parler de mise en scène ni même de montage dans Le Camion, mais peut-être seulement d'une mise en place. Dans la chaîne de la représentation, il y a un créneau blanc : en général, un texte, on l'apprend, on le joue, on le représente. Là, on le lit. Et c'est l'incertitude quant à l'équation Camion. Je ne sais pas ce qui s'est passé, j'ai fait ça d'instinct, je m'aperçois que la représentation a été éliminée. Le Camion, c'est seulement la représentation de la lecture elle-même. Et puis il y a le camion, élément uniforme, constamment identique à lui-même, qui traverse l'écran comme le ferait une portée musicale. " (Marguerite Duras, entretien paru dans Le Monde, 1977) Le texte du Camion est suivi d'un entretien de Marguerite Duras avec Michelle Porte.
La persistance de douleurs et angoisses lancinantes - amours malheureuses répétitives, éprouvés d'absence, de vide, de manque -, chez des personnes ayant effectué une cure psychanalytique en bonne et due forme est la situation problématique initiale. Pourquoi ? Comment, Y a-t-il des aménagements ? Une pratique non orthodoxe, partager avec ces personnes leur douleur, en permet une certaine élaboration. L'échange entre la psychanalyste et le mathématicien élucide les éléments de technique et de théorie psychanalytiques en cause ; la stylisation mathématique correspondante - soutenue par la neurophysiologie - met en évidence des vides homologiques créés dès la prime enfance, qui peuvent se stabiliser en sources permanentes de douleurs majeures. Nombre de poètes et autres artistes sont sollicités - Marina Tsvetaeva et Nicolas de Staël de façon plus systématique. Sans méconnaître l'absurdité de la plupart des douleurs psychiques et angoisses dont nous souffrons, cette recherche, où sciences et arts collaborent, élucide de manière originale leur étiologie, leurs contributions à nos activités symboliques les plus raffinées... et leur possible apaisement (relatif !).
Résumé : Dans l'importante préface que René Thom consacre au présent ouvrage de Michèle Porte, il désigne l'auteur comme une "pionnière" et pense que "tout porte à croire que la voie qu'elle a ouverte connaîtra de nombreux successeurs". "La dynamique qualitative en psychanalyse demeurera - ajoute-t-il - sans doute un classique de cette nouvelle voie...". En effet, La dynamique qualitative en psychanalyse montre la nécessité d'introduire des instruments nouveaux dans un champ théorique aujourd'hui trop soumis aux répétitions ou encore engagé dans des débats trop peu féconds avec la "scientificité". Au coeur de cet ouvrage est posée la question : la dynamique qualitative et l'oeuvre de René Thom permettent-elles un accroissement et un approfondissement de la théorie psychanalytique ? Michèle Porte prend soin de s'avancer pas à pas, en évitant les analogies fallacieuses, les comparaisons ou les métaphores qui tromperaient la rationalité. Sa connaissance de l'histoire et de la philosophie des sciences protège contre un tel risque. La lecture qu'elle nous propose de la métapsychologie freudienne constitue une remise en chantier de ses concepts et propositions : transfert, pulsion, narcissisme et moi-plaisir, vie et mort, le féminin. On ne pourra certainement pas prétendre qu'il y a là une quelconque "application" de la pensée de René Thom à la psychanalyse - celui-ci en aurait récusé le projet !- mais on découvrira que la mathesis n'a point besoin ici du "mathème" pour témoigner de son extraordinaire fécondité.
Une femme se tait. Une femme se tient. Elle attend. Que regarde-t-elle ? Que voit-elle ? Son corps est au repos, un moment, avant de se pencher, de saisir la fourche, et d'attiser le feu d'herbes. Elle arrête le spectateur, parce qu'elle est arrêtée, elle a suspendu le temps, elle s'enfonce dans les volutes de la fumée, et en elle-même, peut-être, dans les méandres de sa vie, dans les plis que font les vies, dans les plis du temps qui passe sur les corps et mange les années." Marie-Hélène Lafon a les gestes et l'odeur des brûlis dans le corps et sous la peau pour toujours ; ça remonte des enfances et du pays premier. A partir de La Brûleuse d'herbes de Jean-François Millet conservée au musée du Louvre, elle nous entraîne dans une histoire qui sent la fumée des brûlis de mars ou d'octobre.
Pourquoi encore un livre-de-masques ? L'essentiel sur le sujet est répété à l'envi dans toutes les préfaces de livres-de-masques : A savoir que le masque masque et démasque, que sa fonction est de cacher (le porteur religieux, comédien ou carnavaleux) et de révéler (le dieu, le personnage, la figure de fantaisie). On y ajoute parfois une autre fonction : la fascination voire la sidération du spectateur. Autre antienne : le masque est universel. Pour développer, illustrer, préciser ces idées, il existe des centaines de livres, catalogues, études sur les masques (Loi du marché rentable des salles de ventes oblige). Mais lesquels ? Les masques africains (depuis le cubisme), océaniens et amérindiens (depuis le surréalisme), himalayens depuis peu, ...on peut ainsi compter plus de 27 publications disponibles sur les masques dogons et 51 sur les masques tibétains. La moindre tradition y est recensée, décrite, expliquée, prête à vendre. Il y a moins d'intérêt (pour le moment, mais cela commence) pour les traditions européennes, les splendeurs de Roumanie ou de l'arc alpin. Pourquoi cette tache aveugle ? C'est à celle-ci que ce livre veut répondre.