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Les paroles du huit-fois difforme. Dialogue sur la réalité
Porte Alain
ECLAT
8,00 €
Épuisé
EAN :9782841627493
Les Paroles du Huit-fois-difforme " (Ashtâvakra Samhitâ) est un texte classique du monisme védantique, postérieur de plusieurs siècles au Mahâbhârata.Sa rédaction peut être datée entre le IV' et le Vile siècle de notre ère. Il consigne l'instruction spirituelle du roi Janaka par l'enfant Huit-fois-difforme Ashtâvakra. "Comment s'obtient la connaissance ? Comment se produira la délivrance ? Et l'absence de toute passion, comment s'obtient-elle ? " Tous les concepts fondamentaux de notre philosophie sont évoqués ici : l'Etre, la connaissance, l'Un, le multiple, la conscience, la pensée, la vérité, etc. Mais le bouleversement advient dès lors qu'on réalise qu'en sanskrit la pensée est un organe, l'intellect un sens qui transcrit les cinq autres, et que la vérité s'apparente à ce qui peut être "désigné du doigt". Alors la lecture des Paroles du Huit-fois-difforme devient une expérience de haute-montagne. Une lente ascension d'un monde et d'une langue, d'un monde qui est la langue, jusqu'au principe des choses, jusqu'à ce que "le sage soit comme le ciel". "A quoi bon multiplier les mots ? " s'écrie alors Ashtâvakra, et cette"propédeutique du silence" adressée au roi Janaka prend une tout autre dimension pour l'homme occidental, coupé de son "orient" où naît le jour.
Jean Klein (1912-1998) appartient à la galaxie des Maîtres spirituels en quête de l?Ultime Réalité, et comme tous ses pairs illustres en ce domaine de recherche, il communique à son enseignement une tonalité unique. C?est cette qualité qui donne à sa parole une authenticité féconde, et la saveur d?une vie réelle à la non-dualité (Advaïta) dont il dira lui-même que " ce n?est pas un système, une religion ou une technique, que ce n?est même pas une philosophie, c?est simplement la vérité. " Jean Klein semble simplement se pencher au chevet du monde, pour le réveiller de sa léthargie de somnambule. Il n?y a pas chez lui d?exposés dogmatiques, simplement des exercices à l?air libre de discrimination rigoureuse pour évincer de notre perception tous les écrans superflus qui s?interposent entre nous et? nous ! Les idées et les émotions dans l?être humain sont des turbulences à pacifier, pour gagner la tranquillité de la Conscience. Une invitation à être, assortie d?aucune condition, ainsi pourrait-on formuler la perception de ce que Jean Klein nous offre, il le fait par un examen précis des choses, une sorte d?état des lieux de l?âme humaine, éclairée par la lumière d?une Présence, et c?est alors que les incessants conflits de notre pensée deviennent le combustible capital de notre véritable naissance. Ce sage est l?horloger qui sait sur nos cadrans faire sonner les heures de l?éternité. Sous son regard, la nostalgie du passé et l?espoir d?un futur viennent se résorber dans la Tranquillité du Présent. Alain Porte nous présente de façon inspirée et avec une belle écriture cette Présence de Jean Klein. Etant sanskritiste, il nous donne également des indications passionnantes et substantielles sur la sagesse de l?Inde (le yoga, la Bhagavad Gîtâ?). Ce texte s?adresse tout autant au coeur qu?à l?intelligence. Ce qui se déploie dans les entretiens de Jean Klein et qui est comme un océan immuable sans cesse renouvelé, c?est une lumière dont on ne peut détecter la source, et dont la seule raison d?être est d?éveiller en chacun sa propre lumière.
Résumé : Ainsi, la Création du monde est-elle orientée dans les premières mesures de cet hymne, vers la puissance de l'Energie primordiale, la Déesse, la Shakti. Le poète la chante en vagues successives, en élans renouvelés, dans l'éblouissement d'instants fulgurants, où l'on voit les plus emblématiques figures du panthéon indien - Brahma, Vishnu, Shiva - prosternées devant son infinie puissance, simples poussières d'étoiles dans la féerie cosmogonique qu'est l'insondable devenir du monde. Entre ses mains de Créatrice, de Maya, la réalité, divine ou humaine, a pris corps, mais avoir une forme est comme un défi lancé à la conscience de chaque créature : atteindre à travers une vie périssable l'étrange et insoutenable beauté de Celle qui ne meurt pas. Ou, pour le poète dont nous lisons les chants, le désir de faire entendre l'intime vibration de l'être épuisé d'illusion, pour dépasser, jusqu'aux rives de l'indicible, la sphère des discours et des morts. Cet hymne est attribué à Shankara (VIIIe siècle).
Le message de l'Avadhûta, sage parmi les sages, est d'une simplicité désarmante : "Tout est Béatitude, je suis comme le ciel". Ces paroles s'adressent à la Pensée, cet ange blessé qui nous sert de lumière intérieure. C'est une manière inhabituelle, intensément paradoxale, d'interroger la vie, tout en repoussant les angoisses du devenir jusqu'aux frontières de l'illusion, afin de placer au coeur de la Conscience une seule et unique réalité, celle de l'Etre, sans pour autant la pervertir en une certitude. Par delà l'infructueuse discrimination du Bien et du Mal, par delà l'horizon laborieux du savoir, se révèle une oasis émancipée de tout conflit : la plénitude qui nous habite, plus vaste que l'éternité et plus magique que la poésie. Cette gîtâ est un des grands textes de la spiritualité indienne pour la première fois traduite en français. Ce texte est attribué au sage Dattatreya et remonte au XIIe siècle.
David Godman, à l'occasion d'un entretien improvisé avec son amie Harriet, est conduit 23 ans après les faits à faire revivre les quatre années (1978-1981) où il a régulièrement rendu visite au "Maître spirituel" Nisargadatta Maharaj, dans la ville de Bombay. L'Inde, on le sait, est féconde en lignées de "Maîtres spirituels", de Gurus, et Maharaj ne déroge pas à cette tradition. Mais il apparaît comme un cas particulier, et probablement unique. C'était un "être de connaissance" (Jnânî, en sanskrit) tout à fait incandescent. De lui émanait une énergie radioactive que les visiteurs, souvent intimidés, percevaient comme celle d'un orateur impétueux, voire irascible, et même agressif. En réalité, son enseignement ne visait qu'une seule chose essentielle : "Planter ses mots directement dans la conscience" de ses visiteurs ou adeptes, et éviter à tout prix de gorger de concepts l'intellect des "chercheurs de vérité". Au fil de l'entretien, David Godman voir remonter à la surface maints événements noyés dans l'eau dormante de sa mémoire, sans jamais avoir été effleuré par le souci d'en tirer la substance d'un livre de souvenirs. Il nous introduit dans la petite pièce où Maharaj accueillait des visiteurs venus du monde entier, au premier étage de sa maison, dans un quartier populeux de Bombay. Matin et soir avaient des séances de questions-réponses, c'est ce que Maharaj affectionnait le plus. Le récit de David Godman possède tout à la fois la fraîcheur de l'instant vécu et le recul avisé de l'observateur conquis. Il est témoin fidèle, sans mission d'enquêteur ni réflexe de croyant : une empathie éclairée. Nisargadatta Maharaj semble n'avoir eu qu'une seule et unique préoccupation : faire disparaître la carapace des identités illusoires, pour que chaque individu parvienne à sa vraie nature : la conscience qui ne connaît ni limites ni formes.
Yona Friedman est né à Budapest en 1923. Il vit et travaille à Paris depuis 1948. Il a publié de nombreux livres, parmi lesquels: L'Architecture mobile (Casterman, 1970), Pour une architecture scientifique (Belfond, 1971), L'Univers erratique (PUF, 1994). Ses Utopies réalisables, publiées pour la première fois en 1975, ont été rééditées aux édifions de l'éclat en 2000.
Le Banquet des Cendres est le premier des trois grands dialogues métaphysiques de Giordano Bruno, dans lequel il expose, contre les partisans d'Aristote et de Ptolémée et par-delà Copernic, ses conceptions cosmologiques. S'il défend l'hypothèse copernicienne au cours d'un banquet organisé en son honneur par des docteurs anglais le 14 février 1584, jour des Cendres, c'est surtout pour dénoncer la pédanterie et l'obscurantisme desdits docteurs et c'est avant tout le Bruno "inventeur de philosophies nouvelles" comme l'appelle James Joyce, qui apparaît ici.
Dans les traditions philosophiques occidentales, c'est à la critique développée par la pensée marxiste que l'on doit de pouvoir aborder l'oeuvre de Moses Hess (1812-1875). Pourtant, le "rabbin des communistes", comme on l'a appelé, fut l'un des penseurs du XIXe siècle qui questionna au plus près les conditions de la liberté et de l'égalité sociales, en même temps qu'il ouvrit la voie à l'idée d'un foyer juif en Palestine, où cette liberté et cette égalité se seraient pleinement épanouies. Dans les études juives, la philosophie de Moses Hess est rarement évoquée, si l'on excepte quelques commentaires qui font de lui ce "communiste et sioniste, qui joua un rôle décisif dans le premier mouvement et inventa virtuellement le second". Le livre de Jean-Louis Bertocchi veut porter un éclairage nouveau sur cette oeuvre pionnière et singulière à bien des égards, dont le coeur est bel et bien la discussion serrée, "en accord divergeant", de la pensée de Spinoza, lu attentivement par Marx lui-même, et qui, dans le ciel d'un humanisme juif émancipé et émancipateur, dessine une constellation en perpétuel mouvement, où scintillent tour à tour philosophie, communisme et sionisme.
La géométrie non euclidienne fut non seulement un bouleversement sans précédent dans l'histoire des mathématiques, mais également une bouffée d'air pur pour les partisans d'une "vérité sans les dogmes". Par ce "non" augmentatif, elle affirmait l'existence d'un en-dehors de l'Être, vingt-quatre siècles après le Parménide de Platon, et plaçait, more geometrico, la philosophie dans l'espace de la spiritualité occidentale, ouvrant la voie à la liberté dans le domaine des sciences rigoureuses. C'est aux implications philosophiques de cette révolution mathématique qu'est consacré l'essai d'Imre Toth, qui étudie également certains aspects de la pensée de Gottlob Frege, farouche adversaire de la géométrie non euclidienne, pour en démontrer les impasses et les fourvoiements.