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Lourde alliance. Mariage et identité chez les descendants de juifs convertis à Majorque, 1435-1750
Porqueres i Gené Enric
KIME
34,00 €
Épuisé
EAN :9782841740284
Questionnement sur les concepts en vigueur dans l'étude de la parenté occidentale, l'ouvrage traite du mouvement de redéfinition du groupe des "Xuetes" et de leurs ancêtres, les juifs convers majorquins. L'auteur oppose des discours identitaires ancrés dans la rhétorique du "sang" et de la filiation - par quoi l'alliance est fonction des appartenances familiales - aux effets des mariages. Il postule la priorité de l'alliance sur la filiation, et tente de la démontrer pièces en mains. En phase avec les caractéristiques du régime européen de parenté, où les pratiques matrimoniales façonnent les unités parentales, on propose ici une grille de lecture qui, récusant la métaphysique de la reproduction sociale, privilégie la capacité constitutive du mariage. Dans un second temps, sont analysés les "statuts de pureté de sang". Cela pour bien peser, dans le champ matrimonial, les classements sociaux fondés pour l'essentiel sur la notion de personne en jeu dans notre système de parenté. Voici enfin pleinement restituée la tension entre filiation et alliance, centrale pour toute étude de la parenté et des modes de classification afférents, omniprésents dans les univers pluriculturels.
Résumé : L'anthropologie de la Grande-Bretagne, notre voisine à la fois si proche et si lointaine, n'a suscité que peu d'intérêt de la part des chercheurs français et un nombre très restreint de publications en France. Ce nouveau numéro, consacré à ce pays, est donc une excellente occasion pour le lecteur francophone de découvrir l'anthropologie britannique et ses pratiques, le contexte historique dans lequel elle s'est développée et les orientations qui l'animent aujourd'hui. À la différence de l'ethnologie de la France, celle de la Grande-Bretagne n'a aucune revue ou association qui lui soit attachée - fait étonnant quand on sait que le Royaume-Uni est l'un des lieux de naissance de l'anthropologie. De nos jours florissantes, les réflexions offertes par l'anthropologie ont évolué. Nous plongerons tour à tour dans l'univers des courses de chevaux, dans celui d'une fabrique de céramique, dans l'ambiance feutrée de la Chambre des lords ou bien dans celle, plus subversive, d'un hôpital écossais, en compagnie de brancardiers qui n'ont pas leur langue dans leur poche... Les nouvelles études sur la parenté, la mémoire, les " communautés ", tels les Tsiganes et les Indo-Pakistanais, ou encore certaines pratiques relatives à la crémation, seront également présentées ici. La Grande-Bretagne est un cadre géopolitique composite, et ce recueil rassemble des recherches menées en Angleterre, en Écosse et au pays de Galles. Il interroge les idées que des Britanniques - qui n'ont peut-être que ce nom en commun ! - se font de leur identité, sans pour autant chercher à saisir la "Britishness" dont la description chez nous frise souvent la caricature. Ainsi s'est engagé, dans ce numéro que nous vous proposons de découvrir, le dialogue avec d'autres traditions nationales de l'ethnologie " at home ".
Chaque société développe des formes de compréhension de ce qu'est un individu. Les études anthropologiques comparées montrent le caractère relatif et particulier de ces formes de représentation. La façon dont une société institue et "modèle" les unités d'existence que sont les individus révèle un ensemble d'aspects juridiques, éthiques, religieux, politiques, cosmologiques et sexuels, d'une grande pertinence pour le travail de différenciation et de modélisation qui relève de l'idée de personne. Ces modèles d'inscription sociale et culturelle permettent notamment d'inscrire dans la langue la différence entre individuation et individualisation, et d'observer leur lien étroit ou leurs tensions. Cet ouvrage rouvre le débat sur les antagonismes entre les sociétés "dites" d'individus et les sociétés relationnelles. A partir de la catégorie de l'individu-embryon, il engage un chantier de travail concentré sur le concept d'individu.
Faye Emmanuel ; Lassègue Jean ; Rastier François ;
Bien au-delà de la seule philosophie, le débat à Davos en 1929 entre Cassirer et Heidegger a marqué l'histoire des idées. Il a même donné naissance à des récits passablement légendaires qui négligeaient le contexte historique précis. Un nouveau regard s'impose, à la lumière des oeuvres publiées depuis lors. Les vingt-cinq tomes de l'édition allemande de référence de Cassirer ne sont disponibles que depuis 2007. S'y s'ajoutent les dix-sept tomes du Nachlass depuis 2017. Des 102 volumes de la Gesamtausgabe de Heidegger, édition de référence mais sans garantie scientifique, moins d'une dizaine reste programmée, mais d'ores et déjà la publication des cinq premiers volumes des Cahiers noirs a permis d'engager une relecture critique de l'ensemble. C'est donc à présent seulement que l'on peut véritablement évaluer les projets contrastés des deux auteurs. Leurs enjeux intéressent notamment le statut de la rationalité et des sciences, en particulier celles de la culture, aussi bien que le statut de la technique parmi les formes symboliques. Et tout autant, l'opposition entre la démocratie et la théologie politique ; entre la légitimité du cosmopolitisme et l'ontologie identitaire ; enfin, entre la possibilité même d'une éthique ou son rejet de principe. Tous ces thèmes contradictoires exigent aujourd'hui une révision critique, non seulement rétrospective, mais aussi ancrée dans le présent. Car au-delà même de la philosophie, des courants de pensée et des forces politiques en Europe et dans le monde poursuivent ces deux voies qui s'opposent aujourd'hui.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
La figure du voyageur-philosophe est volontiers associée aux récits de l'âge classique, qu'elle emprunte la forme de la fiction ou celle du témoignage autobiographique. Descartes fonde sa philosophie de la méthode sur l'expérience de l'errance et de l'exil ; jusqu'au XVIIIe siècle, le Voyage philosophique accompagne les grandes découvertes et l'ambition encyclopédique de recenser tous les territoires, les modes de gouvernement et les aires linguistiques. Les liens entre voyage et philosophie semblent ensuite se distendre, au fur et à mesure que s'autonomise la littérature et que se développent la promenade romantique et le voyage d'agrément. Mais peut-on réellement parler d'une fin, ou du moins d'une éclipse du voyage philosophique, et ce phénomène coïncide-t-il avec la fracture historique qui fait éclater le système des Belles-lettres où littérature, histoire et philosophie étaient encore unies ? Le présent ouvrage se propose d'interroger le devenir du voyage philosophique à partir du XIXe siècle et les formes de sa résurgence, à la fois du côté de la littérature et de la philosophie, dans un esprit de dialogue entre les disciplines. De Friedrich Nietzsche, qui élabore sa philosophie de l'esprit libre à partir de ses voyages, à Bruce Bégout, qui revisite la figure du philosophe-voyageur sous la forme du nomade motorisé, la pensée philosophique ne cesse d'être stimulée par l'errance ou d'orienter celle-ci. Y a-t-il lieu de distinguer une écriture philosophique et une écriture littéraire du voyage, et quelle est la place de l'expérience et du vécu, de la description ou de la conceptualisation, selon l'identité ou le champ de compétences que revendique le voyageur ? Voyager en philosophe renvoie aux multiples façons de décentrer l'écriture et la pensée, y compris pour proposer ce que Pierre Macherey appelle une "philosophie littéraire" : que fait la littérature de voyage à la philosophie, et inversement, que fait la philosophie à la littérature de voyage ?
Qui était vraiment Gustave Flaubert ? On le savait en proie à de grandes contradictions, mais qui aurait pu dire que cette critique permanente de la Bêtise, cette souffrance de l'écrivain à la tâche, cette obsession du style étaient le résultat de névroses, d'un rapport des forces psychiques entre revendications pulsionnelles et inhibitions ? Et si la "grande synthèse" poétique à laquelle il aspirait tant n'était que le regret ou le constat de l'absence d'un Moi unifié ? Patrick Mathieu, en étudiant la Correspondance et les oeuvres de Flaubert, nous fait découvrir un auteur en constant décalage avec lui-même, jouant double-jeu dans le théâtre de la vie, et dont la souffrance affichée, revendiquée, n'est pas qu'artistique : elle puise ses origines au fond de son être, dès son plus jeune âge, dans un dégoût permanent de la vie qu'il tentera difficilement de masquer avec sa "marotte" , la littérature. C'est que Flaubert porte en lui le faix de secrets, selon lui "indisables" , de nature sexuelle, et il a choisi de les révéler de façon cryptée par le biais de la médiation littéraire : pour ce faire, il portera publiquement une autre croix, celle de la Littérature, maîtresse exigeante, fondant ainsi malgré lui le nouveau mythe de l'écrivain dévoué au labeur du style et vivant en martyr la Passion de l'Art.