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Ainsi
Pondevie Jean-Claude ; Reinhardt Eric
XAVIER BARRAL
40,00 €
Épuisé
EAN :9782365110662
Les paysages de Jean-Claude Pondevie laissent entrevoir "dans la noirceur de l'encre, une part de rêve (...) et s'efforcent de révéler une part d'indicible, ils tissent comme une attente... Le noir ne tient du réel que sa pure essence lumineuse, ce trésor de rayons dont Barthes disait qu'ils continuaient à nous atteindre après la disparition de l'être ou de la chose photographiée." Cet ouvrage constitue une première monographie sur le travail photographique de Jean-Claude Pondevie auquel répond, égréné au fil des pages, un poème d'Eric Reinhardt. Les paysages intérieurs de Jean-Claude Pondevie Jean-Claude Pondevie développe un travail photographique depuis plus de dix ans autour de paysages sans aucuns repères de lieux, ni de temps. A travers ces vues intérieures et extérieures aux cadrages cinématographiques, il s'intéresse au "hors-champ", à l'espace dans lequel s'inscrit notre réalité sans la documenter. L'architecture est réduite à des formes abstraites sur lesquels se dessinent des jeux d'ombre, de lumière, des effets de transparence qui donnent une sensation d'étrangeté. Dans ces compositions épurées, quelques éléments comme une fenêtre, un escalier, une échelle, créent des échappées, des amorces narratives dans ce monde en suspens. Les mots d'Eric Reinhardt accompagnent la traversée de ces paysages qui nourrissent notre imaginaire.
Le 5 octobre 2015, le DRH d'Air France fuit sous les huées des salariés, chemise arrachée. Une scène jugée "d'une violence inouïe" et presque unanimement condamnée. Peu de mots sur le plan de licenciement massif qui l'a provoquée. Pour la metteuse en scène Elise Chatauret et le dramaturge Thomas Pondevie, cette affaire cristallise les rapports de domination qui structurent la société française. Pour sonder les formes de violences, invisibles ou institutionnalisées qui traversent l'école, le tribunal, la famille ou encore le travail, la compagnie Babel est allée à la rencontre d'élèves, de travailleurs de PME et de grands groupes, d'avocats et d'huissiers à Sevran, Béthune, Fontenay-sous-Bois ou encore Nancy. Sur scène, les comédiens passent du salon à l'open space et de la salle de classe à celle d'audience, révélant un système dans lequel nous sommes tous pris, tour à tour victime ou bourreau, acteur ou témoin, et qui demande à être mis en question. Pièce écrite pour 3 comédiennes et 3 comédiens
Pondevie Roumane Malika ; Clément François ; Tolan
La vision de l'Europe qui se dessine à la Renaissance, posant comme postulat fondateur l'héritage de la Grèce et de Rome, a eu pour corollaire tout un impensé arabe, musulman et juif ; avec, par voie de conséquence, l'affirmation d'une vocation gréco-romaine de la Méditerranée. On oublie, de ce fait, que c'est par le biais des traductions d'ouvrages arabes effectuées notamment à Tolède que s'est opérée l'appropriation d'une partie des savoirs et des concepts grecs, véhiculés par les Arabes ou enrichis par eux. De même, c'est par le biais d'Averroès, commentateur d'Aristote, que fut ouverte une des voies menant à la sécularisation et à la modernité en Europe. Le monde arabo-musulman, quant à lui, souvent retranché dans un essentialisme identitaire oublieux de ses racines grecques et de la démarche cognitive médiévale qui fut la sienne, s'est trouvé en grande partie dépourvu d'outils conceptuels face à la modernité. Deux histoires mutilées de part et d'autre : ceci est lourd de conséquences à l'heure de la construction de l'Europe et alors que le bassin méditerranéen est devenu un des lieux stratégiques où se joue le sort de la paix dans le monde. C'est au prix d'un travail de mémoire salutaire soulignant les imbrications complexes, les héritages croisés et restaurant en quelque sorte l'unité de la Méditerranée, à travers toutes ses composantes, que pourront s'établir en fin de compte, et pour une large part, des relations sereines entre l'Occident et le monde arabe.
Noor Inayat Khan, descendante d'un sultan hindou, élevée en banlieue parisienne, puis vivant à Londres, fut rattrapée par les aléas de l'histoire au moment où sa carrière littéraire commençait à s'affirmer. Le 15 mars 1939, l'Allemagne envahissait la Tchécoslovaquie, puis en septembre la Pologne. Consciente de la réalité de la guerre, l'Allemagne venant d'envahir la France, Noor sentit très vite le besoin de s'engager à sa façon et de lutter contre la bête immonde, le nazisme. Musulmane soufie, elle rejoignit la résistance. Recrutée par les Services Secrets Britanniques, elle fut parachutée sur Limoges en juin 1943. Jeune femme, frêle, sensible, cultivée et humaniste, elle résistera trois mois en tant qu'opératrice radio. On ne peut être qu'admiratif face à cet engagement sans faille, alors qu'à partir du XIXe siècle fleurissent un peu partout en Europe nombre d'idéologies racistes.
Grigorescu Dan Er ; Dan Calin ; Haulica Dan ; Jone
L'ouvrage Brancusi ou l'anonymat du génie paraît pour la première fois en 1967 aux éditions Méridiane, à Bucarest. Hommage à l'oeuvre du sculpteur roumain, il présente plus d'une centaine de photographies réalisées par Dan Er Grigorescu, photographe fasciné par l'art de ce maître de la modernité. Reprenant le format album de la première édition, le présent ouvrage a puisé dans les archives exceptionnelles de Dan Er Grigorescu, qui durant trois décennies, entre 1964 et 1967, photographia les célèbres sculptures de Brancusi dans son atelier ainsi que celles de l'ensemble monumental de Târgu Jiu, petite ville du centre-ouest de la Roumanie. La vision très graphique de l'espace, les jeux d'ombre et de lumière, la plongée dans la matière et la sobriété des images de Grigorescu restituent l'abstraction plastique des sculptures de Brancusi. Fasciné par les arts traditionnels roumains, le sculpteur conjugue éléments vernaculaires et motifs modernes. Ainsi, le motif du rhombe (losange en volume) présent dans l'art populaire roumain comme ornement architectural prend toute son ampleur dans la Colonne sans fin , l'une des trois pièces de l'ensemble de Târgu Jiu, avec la Porte du baiser et la Table du silence . Réalisées entre 1937 et 1938, ces oeuvres, disposées sur un axe de près d'un kilomètre de long, composent un ensemble exceptionnel, toujours conservé aujourd'hui, et témoignent de l'importance de la fusion entre l'art et la nature chez Brancusi. L'atelier était perçu par l'artiste comme " un tout organique autonome " : le site de Târgu Jiu concrétise cette vision architecturale et organique de la sculpture. Avec ses prises de vue en série, ses images saisissant sous des lumières et des angles différents des oeuvres désormais iconiques du XXe siècle, cet album offre un nouveau regard sur l'artiste.
Capturer le réel, en saisir ses moindres traces et fragments, telle est la quête de Marie Bovo, photographe qui travaille depuis de nombreuses années sur l'espace et son occupation par diverses communautés. Marseillaise d'adoption, la photographe s'intéresse particulièrement aux zones urbaines ou rurales du bassin méditerranéen et des côtes africaines : cours intérieures ou restaurant kebab à Marseille, camp de Roms dans les faubourgs de cette même ville, appartements vides à Alger ou cuisines aménagées en plein air au Ghana. " C'est moins l'architecture qui m'intéresse, dit-elle, que la façon dont elle est vécue. " La culture méditerranéenne du regard est toujours dérobée. Les images de Marie Bovo donnent à voir les coulisses, ce qui est caché, ce qui demeure dans le silence. Avec une attention constante au cadrage, entendu comme une imbrication d'espaces physiques et mentaux, l'oeuvre de Marie Bovo, qui se construit par séries, questionne la façon dont nous vivons dans certains lieux, publics ou privés. La photographe s'est emparée de son médium : ses temps de pause très longs en lumière naturelle et réalisés à la chambre captent le moindre détail. Le temps et le mouvement sont des composantes avec lesquelles elle construit ses images. Réalisés à l'aube depuis un pont en surplomb d'un camp de Roms ou au crépuscule peu avant l'arrivée des protagonistes venant prendre leur repas ou encore la nuit dans des cours intérieures d'immeubles, l'objectif tourné vers le ciel saisissant le linge suspendu : les photographies de Marie Bovo donnent à voir une vie qui se dérobe. Les objets disparaissent d'une image à l'autre, les lumières se déclinent en teintes presque irréelles, l'image devient picturale. Cette révélation du flux de la vie dans un aller-retour permanent entre passé et présent suggère des récits à venir. Cet ouvrage présente son travail filmique inédit et sa dernière série En Suisse - Le palais du roi.
Pibrac Pierre-Elie de ; Valdés Zoé ; Rollet Aymeri
Desmemoria constitue un témoignage à la fois photographique, anthropologique et social sur la communauté des azucareros de Cuba ? les travailleurs de l'industrie du sucre et révolutionnaires de la première heure.Entre 2016 et 2017, Pierre-Élie de Pibrac a sillonné l'île et a vécu chez diverses familles de cette communauté. À travers cette expérience, le photographe interroge la fin des utopies chez un peuple qui a cru et oeuvré pour que s'incarne le rêve castriste. Durant des décennies, l'industrie du sucre devait être le faire-valoir de l'économie cubaine et était à cette fin célébrée par Castro et ses troupes : " Le sucre est notre histoire, sans lui, il est impossible de comprendre l'essence et l'âme de Cuba ", souligne l'historien cubain Eusebio Leal Spengler. Plus d'un demi-siècle plus tard, cette économie sucrière n'a pas tenu ses promesses d'émancipation, à l'image de l'idéologie castriste. En immersion dans les zones rurales, Pierre-Élie de Pibrac est parti à la rencontre des habitants des bateyes (villages) des centrales sucrières. Toujours en activité ou désaffectées ces cités du sucre et ses travailleurs témoignent de vies sacrifiées à l'aune d'une doxa utopiste. Les bateyes sont les théâtres du désenchantement de la société cubaine. Il y règne une ambiance pesante qui souligne la solitude, la pauvreté, l'isolement et la précarité. Si la canne à sucre a construit Cuba et a représenté la fierté nationale, aujourd'hui, elle est le symbole de son naufrage entraînant avec elle une nouvelle génération sans repère. Dans cette période de transition de l'histoire cubaine, les images de Pierre-Élie de Pibrac donnent à voir un monde qui se délite. Elles racontent comment le peuple cubain appréhende désormais son quotidien, quel regard il portesur son histoire récente. La démarche à la fois documentaire et artistique du photographe permet une lecture autre de l'après-castrisme qui se met aujourd'hui en place. À travers le prisme de divers registres d'images ? photographies réalisées lors de ce long séjour et images extraites de l'iconographie vernaculaire, Pierre-Élie de Pibrac donne à voir une société désenchantée mais aussi profondément attachée à la singularité de son histoire.Ce travail photographique a été récompensé par le prix Levallois en 2018.Texte inédit de Zoé Valdès