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La poésie brûle
Pommier Gérard
GALILEE
22,00 €
Épuisé
EAN :9782718609997
Wozu Dichter ? Pourquoi un poète ? S'il veut survivre et brûler ce qui pourrait le réduire en cendre, l'enfant nouveau-né doit tout le premier poétiser. C'est la poïesis, l'oeuvre, la création. Il fait rimer son premier cri avec lui-même en redoublant chaque syllabe et il adresse ce haïku à sa mère comme à son père. Freud a imaginé que lorsqu'un enfant crie, il se souvient du cri qu'il a poussé avant — en poète, donc. Mais la poésie d'enfance ne semble pas peser bien lourd devant l'enchaînement prosaïque des signifiants. Les raisons fatiguent sa vérité. Le Cours de linguistique générale semble donner la première place à la prose. C'est oublier que Ferdinand de Saussure a aussi écrit quatre-vingt-dix-neuf merveilleux Cahiers, longtemps restés secrets. Ils donnent une perspective inédite à la poésie et, du même coup, pourrait-on dire, une dimension freudienne à sa linguistique. La poésie brûle est un titre à double face. Ce Janus ne dit pas si la poésie est incendiée... ou bien si elle met le feu. J'ai compris, en rédigeant les dernières pages de ce livre, que la poésie ne permet pas seulement de vivre. Dès le début, elle affronte un dieu obscur. Elle le brûle, ou sinon elle est brûlée.
Résumé : La psychanalyse a été inventée par un médecin dans le souci de soigner. On le sait, pour ce faire Freud élabora assez vite une technique appuyée sur le transfert, "sentiment porté à la personne de l'analyste". Une définition aussi succincte signifie-t-elle que le symptôme - qu'un premier amour traumatisant a noué - pourrait être dénoué par l'amour de transfert ? Pour répondre à cette question, il faudrait démonter les différents ressorts du dispositif psychanalytique. Ces ressorts sont complexes, et les textes des auteurs classiques les étudient généralement en ordre dispersé. Ainsi de l'identification et de la pulsion, du signifiant et de la lettre, du symptôme et de l'angoisse. Quelles articulations existe-t-il entre ces différents termes, et comment s'ordonnent-ils dans le transfert ? C'est à cet effort de clarification que s'attache cet essai. Il prend son départ de la parole analysante et du savoir inconscient qu'elle recèle. Il étudie de proche en proche ses effets, soit l'identification transférentielle et l'objet pulsionnel qu'elle met en jeu, qui bornent le territoire où le symptôme s'incarcère. L'avancée de la cure en procède, de même que les limites auxquelles il se confronte. Cet exposé ne suit pas seulement une contrainte didactique, selon laquelle il faudrait progresser du plus facile au plus difficile. C'est aussi la temporalité de l'analyse elle-même qu'il cherche à décrire, de son début a ses fins. Pour couvrir un circuit aussi complexe, cet essai ne prétend pas résoudre toutes les questions, mais il voudrait tout du moins les poser en montrant leurs connexions.
Résumé : Quoi de plus curieux que la querelle de deux amants lorsqu'elle se conclut par un déchaînement de passion amoureuse ? Aussi violente fut l'algarade, aussi sensuel paraît son épilogue. Alors même que deux amants remarquent qu'ils se laissent aller à leurs penchants belliqueux pour conclure aussi libidinalement, rien ne saurait les sevrer de cette distrayante habitude ! Qu'ils voient de telles scènes enflammer quelques couples de leurs amis, qu'ils la remarquent dans la littérature ou au théâtre, et rien ne les amusera davantage. Pourtant, ce sera sans la moindre distance qu'ils exploseront amoureusement quand, à leur tour, le démon de la colère les sollicitera. Qu'y a-t-il de si drôle dans de telles situations, tout au moins lorsqu'elles concernent les autres ? Sans doute leur conclusion, contraire à leurs prémisses, issue qui justifie dans cette occasion le terme de tragi-comédie, le premier acte pouvant parfois frôler la catastrophe. N'est-ce pas le propre de l'amour d'exacerber violemment le désir grâce à un subterfuge ? Tel est l'un des thèmes majeurs de cet ouvrage, où l'auteur parcourt le domaine de la vie sexuelle telle que Freud en a dessiné les limites.
Gérard Pommier est psychanalyste à Paris, psychiatre et professeur émérite des universités, membre de Espace Analytique. Il enseigne actuellement à Paris VII. Il est notamment l'auteur de Naissance et renaissance de l'écriture (PUF, 1993) et de Que veut dire « faire » l'amour? (Flammarion, 2010).
Résumé : Les recherches sur le cerveau ont tant progressé ces dernières années que la conception de l'homme en est bouleversée : le corps ne serait plus qu'une " machine " dont il suffirait de réparer les rouages en cas d'avarie ; les sentiments comme l'amour, le désir, des créations comme la poésie, ne seraient plus qu'une question d'hormones et de connexions nerveuses ; quant à l'activité psychique, les rêves, l'inconscient, les symptômes, de bons médicaments les disciplineraient. Eternel débat du corps et de l'esprit que les neuroscientifiques invitent les psychanalystes à remettre sur le métier. A tel point qu'une question se pose avec de plus en plus d'insistance : peut-il y avoir deux approches différentes, voire contradictoires, d'un même phénomène ? Ce livre fait justice de cette opposition infondée, qui doit surtout sa force à une méconnaissance des processus cérébraux et de la vie psychique. Il ne viendrait pas à l'idée d'un psychanalyste de nier l'importance des processus organiques : comment la puissance psychique se dispenserait-elle des potentialités du corps ? Dès ses débuts, la psychanalyse a subverti cette opposition grâce à l'une de ses découvertes majeures : celle de la pulsion, qui anime le psychique en même temps qu'elle intègre le somatique, et dialectise au point de l'invalider toute opposition entre le mental et le cérébral : Mais il y a plus sensationnel encore, car nombre de découvertes de la neurophysiologie apportent de l'eau au moulin de Freud. Sans l'avoir cherché, les neurosciences montrent comment le langage modélise le corps beaucoup plus profondément que le symptôme hystérique ne le laissait prévoir. Cette mise en tension du corps par le langage est si importante que nombre de résultats de la neurophysiologie ne peuvent être interprétés sans la psychanalyse. Plusieurs questions aussi essentielles que celle de la conscience, par exemple, demeurent insolubles sans le concept d'inconscient. En mesurant l'apport des neurosciences à la psychanalyse, on commence à avoir une idée plus précise de ce qu'est un " sujet ", mais aussi de ce corps dont nous sommes si conflictuellement les curieux locataires.
Nous y sommes, elle craque, cette vieille peau du monde. Elle se dessèche, se desquame. On ne peut plus la toucher. Nous ne pouvons plus nous toucher. Les croûtes et les escarres de la lèpre... Non, Maldoror, tu ne savais pas à quel point serait vérifié ce que tu annonçais. Nous y sommes, nos cancers nous bouffent, nous bouffons des particules, partout on crève de faim et de peur, notre technologie vacille sous ses grands airs transhumains. Nous y sommes sans que personne sache où nous sommes. Nous nous touchons cependant tout en touchant à nos limites. Qu'est-ce que traverser un temps qui n'avance plus ? Quel est ce présent qui nous est fait, privé d'avenir comme de passé ? Il n'y a rien de catastrophiste ni d'apocalyptique à penser que l'existence comme telle peut se trouver exposée, violemment, à sa propre fugacité et finitude ? et même que ce soit là qu'elle prend sa valeur infinie, unique et insubstituable. L'homme passe infiniment l'homme : on peut dire que cette phrase de Pascal a ouvert la saison qui nous vient.
L'étrange parfum des fleurs exotiques, la couleur des balisiers, la poétique de la toponymie, les formes tropicales transformées en forces, le cimetière qui est une plage, la trace sur le sable d'un enfant à venir, le pays natal où l'on n'est pas né, la vie sous l'eau, le regard d'un serpent, l'oeil d'un poisson flûte, la lenteur des animaux marins, les séquences d'une pêche miraculeuse, les lumières de la nuit dans un mouillage, l'ombre de Gauguin, la géométrie cosmique d'un squelette d'oursin, le surgissement d'un cercueil, la secousse d'un tremblement de terre, les temps de l'holothurie ou du colibri, le langage des bateaux, la déesse rousse du volcan, les lumières d'un vaisseau fantôme, la naissance de la nuit, la cérémonie d'une noce païenne, l'énergie du rayon vert, le partage des eaux avec une tortue, la furie d'un combat de coqs, la mélancolie du carnaval : la poésie est toujours autobiographique. Voici l'un de mes journaux.