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Freud apolitique ?
Pommier Gérard
FLAMMARION
8,20 €
Épuisé
EAN :9782080813961
Les désirs singuliers ne s'additionnent pas et la psychanalyse, qui traîte de la particularité de chacun, devrait se désintéresser de toute investigation " politique ". Mais le désordre secret de ces désirs singuliers n'a-t-il pas une incidence sur le tissu social ? Les travaux de Freud concernant la psychologie des foules sont encore loin d'avoir reçu toute l'attention qu'ils auraient méritée. Lorsqu'elles ne sont pas considérées comme des mythes ou de simples constructions, les thèses freudiennes ne sont guère prises en compte dans leur actualité, peut-être parce qu'on ne perçoit pas bien à quelle pratique concrète l'analyse théorique de la psychologie des foules correspondrait. Gérard Pommier tente d'éclairer les rapports de la psychanalyse et de la politique et montre que le regard de la psychanalyse peut être fécond lorsqu'il s'agit d'observer la réalité sociale.
Il existe un agencement du désir sexuel. Il s'impose à chacun, qui y répond comme il le peut sans savoir d'où vient cette force ni ce qu'elle doit à l'amour. N'est-il pas accablant de constater que les désirs les plus profonds, qui sembleraient les plus aisés à satisfaire, parce qu'ils rencontrent presque toujours leur complice, paraissent la plupart du temps s'empêtrer dans leur propre mouvement et laisser, sinon dans l'insatisfaction, du moins dans une attente indéfiniment reconduite ?
Résumé : Les recherches sur le cerveau ont tant progressé ces dernières années que la conception de l'homme en est bouleversée : le corps ne serait plus qu'une " machine " dont il suffirait de réparer les rouages en cas d'avarie ; les sentiments comme l'amour, le désir, des créations comme la poésie, ne seraient plus qu'une question d'hormones et de connexions nerveuses ; quant à l'activité psychique, les rêves, l'inconscient, les symptômes, de bons médicaments les disciplineraient. Eternel débat du corps et de l'esprit que les neuroscientifiques invitent les psychanalystes à remettre sur le métier. A tel point qu'une question se pose avec de plus en plus d'insistance : peut-il y avoir deux approches différentes, voire contradictoires, d'un même phénomène ? Ce livre fait justice de cette opposition infondée, qui doit surtout sa force à une méconnaissance des processus cérébraux et de la vie psychique. Il ne viendrait pas à l'idée d'un psychanalyste de nier l'importance des processus organiques : comment la puissance psychique se dispenserait-elle des potentialités du corps ? Dès ses débuts, la psychanalyse a subverti cette opposition grâce à l'une de ses découvertes majeures : celle de la pulsion, qui anime le psychique en même temps qu'elle intègre le somatique, et dialectise au point de l'invalider toute opposition entre le mental et le cérébral : Mais il y a plus sensationnel encore, car nombre de découvertes de la neurophysiologie apportent de l'eau au moulin de Freud. Sans l'avoir cherché, les neurosciences montrent comment le langage modélise le corps beaucoup plus profondément que le symptôme hystérique ne le laissait prévoir. Cette mise en tension du corps par le langage est si importante que nombre de résultats de la neurophysiologie ne peuvent être interprétés sans la psychanalyse. Plusieurs questions aussi essentielles que celle de la conscience, par exemple, demeurent insolubles sans le concept d'inconscient. En mesurant l'apport des neurosciences à la psychanalyse, on commence à avoir une idée plus précise de ce qu'est un " sujet ", mais aussi de ce corps dont nous sommes si conflictuellement les curieux locataires.
Tout en montrant la continuité qui existe de Freud à Lacan, Gérard Pommier tente de dégager ce qui, dans une analyse, peut logiquement se dénouer de ce qui restera indéfini. Faire la part entre le fini et l'infini est un enjeu d'importance, qui permet de délimiter ce que l'on peut attendre de l'invention freudienne.
Résumé : La psychanalyse a été inventée par un médecin dans le souci de soigner. On le sait, pour ce faire Freud élabora assez vite une technique appuyée sur le transfert, "sentiment porté à la personne de l'analyste". Une définition aussi succincte signifie-t-elle que le symptôme - qu'un premier amour traumatisant a noué - pourrait être dénoué par l'amour de transfert ? Pour répondre à cette question, il faudrait démonter les différents ressorts du dispositif psychanalytique. Ces ressorts sont complexes, et les textes des auteurs classiques les étudient généralement en ordre dispersé. Ainsi de l'identification et de la pulsion, du signifiant et de la lettre, du symptôme et de l'angoisse. Quelles articulations existe-t-il entre ces différents termes, et comment s'ordonnent-ils dans le transfert ? C'est à cet effort de clarification que s'attache cet essai. Il prend son départ de la parole analysante et du savoir inconscient qu'elle recèle. Il étudie de proche en proche ses effets, soit l'identification transférentielle et l'objet pulsionnel qu'elle met en jeu, qui bornent le territoire où le symptôme s'incarcère. L'avancée de la cure en procède, de même que les limites auxquelles il se confronte. Cet exposé ne suit pas seulement une contrainte didactique, selon laquelle il faudrait progresser du plus facile au plus difficile. C'est aussi la temporalité de l'analyse elle-même qu'il cherche à décrire, de son début a ses fins. Pour couvrir un circuit aussi complexe, cet essai ne prétend pas résoudre toutes les questions, mais il voudrait tout du moins les poser en montrant leurs connexions.