Disciple, traducteur et collaborateur de l'Archimandrite Sophrony, le Père Syméon (1928-2009) fut du petit nombre de ceux qui, en 1959, suivirent, de France en Angleterre, le révélateur de saint Silouane pour y fonder, dans l'esprit du grand saint athonite, mais selon des modalités prophétiquement adaptées au temps présent, le monastère orthodoxe Saint-Jean-Baptiste, dont le rayonnement est aujourd'hui universel. Suisse d'origine luthérienne, cet intellectuel, pénétré dès l'adolescence d'aspirations à la prière pure, connut une rapide évolution qui le conduisit, du milieu guénonien et de la spiritualité universellement transcendantale qui en a émergé, à la vie monastique chrétienne. Traducteur en langue française des oeuvres de l'Archimandrite Sophrony (notamment Saint Silouane l'Athonite, rééd. Cerf, 2010, coll. Patrimoines. Orthodoxie) et de saint Ignace Briantchaninov, le Starets Syméon fut, toute sa vie, le patient introducteur, le commentateur et le propagateur de la sainteté de Silouane et de la tradition spirituelle, ascétique et mystique, dont le grand saint russe et son disciple sont des représentants majeurs. Par ses conférences, ses homélies et ses entretiens, par son ouverture au dialogue, le Starets Syméon fut l'interlocuteur privilégié de tous ceux qui, venus au monastère Saint-Jean- Baptiste ou l'ayant croisé, notamment lors d'une rencontre de l'Association Saint-Silouane, ont, de près ou de loin, participé de la même quête et du même élan que lui. Il fut ainsi l'accompagnateur, l'ami, le conseiller et le père spirituel de moines, de moniales, de clercs et de laïcs de tous âges, de nationalités et d'origines diverses. On le découvrira ici dans des textes de sa main, tous inédits, et dans des études et des témoignages de ceux qui l'ont approché ou ont bénéficié de son amitié ou de sa paternité spirituelle.
Europe a du mal à élaborer une Constitution, tant elle est inquiète de savoir et de pouvoir dire exactement ce qu'elle fait ou ce qui se fait par elle, pour elle et pour monde. Car l'Europe est très consciente que ce qu'elle devient depuis soixante ans pèse de façon décisive sur le destin de l'Humanité, dont sa civilisation a profilé avenir. Si elle hésite à définir ses fondements, quelques solides qu'elle les sache, c'est qu'ils ont, en deçà comme au-delà des options partisanes, d'une diversité qui rend très complexe toute tentative de conciliation et inacceptable toute forme de simple unification. Les situations politique, économique, sociale, juridique, religieuse, culturelle et linguistique des différentes régions, communautés et nations, et la multiplicité des Etats européens obligent l'intelligence à situer l'union européenne Ions la profondeur de la culture, c'est-à-dire des valeurs de civilisation, qui demeurent, au-delà des vicissitudes de l'Histoire, les références à partir desquelles ont acceptées les définitions de l'homme, du monde et de Dieu, et la sphère de légitimité de leurs possibles relations. Parcourant les trois mille ans de l'histoire dont l'Europe est l'héritière, l'Anthologie du Patrimoine littéraire européen s'est employée à rassembler plus de 1400 auteurs et quelque 5300 textes qui ont significativement contribué à la progressive synthèse de la culture européenne et paraissent, aujourd'hui, suffisamment représentatifs de la progression. Interprétation synthétique du contenu des 17 volumes de la collection, réalisée par le maître d'?uvre de l'ensemble, le présent Parcours, qui se suffit à lui-même, est aussi l'explication du plan de l'Anthologie, son manuel de lecture et une proposition l'itinéraire fléché dans la diversité européenne. Conçu pour les étudiants et les professeurs autant que pour le grand public cultivé, il s'est efforcé de ne pas céder lux traditions des histoires nationales et de rendre à la littérature tous les domaines fondateurs de la civilisation qui ont été jugés dignes de demeurer par l'écriture.
Entre la mort de Victor Hugo (1885) et celle de Marcel Proust (1922), l'Histoire de l'Europe connaît un de ses accomplissements décisifs. Si les empires coloniaux avaient déjà répandu sa civilisation, ses langues et sa culture dans le monde, la Première Guerre mondiale, la fondation de la Société des nations (1920) et l'établissement de l'URSS (1922) achèvent de mondialiser ses normes et de faire de ses valeurs le méridien de référence de l'humanité universelle. Expression, par le langage verbal artistement maîtrisé, des relations que l'homme entretient avec lui-même et avec le monde, la littérature, au cours de cette période en Europe, est travaillée par la conscience de sa haute mission humaine. Mais elle est de plus en plus consciente que la science du réel et la maîtrise de l'action lui échappent et que le seul lieu décisif qui lui appartienne exclusivement est le langage, son mystère et ses enjeux, aussi essentiels à l'homme que l'homme lui-même, puisque le langage est le propre de l'homme.
Ce volume comprend le répertoire de tous les traducteurs repris dans les différents volumes et les index des genres, des sujets, des auteurs, des ?uvres et des traducteurs qui permettent une navigation systématique et raisonnée dans l'ensemble du Patrimoine littéraire européen.
La Deuxième Guerre mondiale a sonné le déclin politique des puissances d'Europe occidentale et le déplacement des polarités de l'axe historique du monde. Les facteurs d'empire, dans le même temps, sont passés, à la faveur des triomphes technologiques, des ordres politique et militaire et de la symbolique du sacré à l'ordre cynique des rapports de force, politique, économique et militaire. Dans le même mouvement, la légitimité du sens de l'existence est passée, sous le couvert de fausses fractures idéologiques, de la sphère publique à la sphère privée : les évidences, les références, les connivences et les cohérences de la conscience universelle sont devenues précaires, celles de la conscience individuelle, de plus en plus virtuelles, celles de la conscience collective, fluctuantes. La conscience, cependant, quelles qu'en soient les instances, fut toute soumise aux déstabilisations ou aux déconstructions du dire par le discours. La reconstruction de l'Europe et les promesses de l'Union européenne n'ont rien changé, fondamentalement, aux nouveautés inouïes perçues par les écrivains et au propos de leurs ?uvres. Ainsi, les littératures européennes ont été durablement affectées, en y réagissant quelquefois, par les ruptures et les débandades des certitudes de tous ordres. Elles ont reflété le plus souvent, dans leurs formes et leurs thématiques, et cela parfois jusqu'à l'auto-mutilation, les vertiges et les désarrois d'un univers où se présentaient, au hasard, les idées aux mots, les formes aux choses, les réalités aux systèmes, sans vérités établies. Elles ont proposé, plus rarement, de nouvelles profondeurs. Ce volume, qui réunit 88 auteurs européens de 30 langues différentes, morts de 1940 à 1958, et en donne, en français, des textes représentatifs, entend faire découvrir ce que devinrent, alors, les lettres dans la crise de l'identité européenne.
Résumé : Je dois l'avouer, il y a des années que je n'avais lu un livre qui m'ait causé autant de joie. C'est un livre extraordinairement limpide dans sa profondeur même, et d'une extrême justesse spirituelle. En le lisant on ne peut que dire : c'est cela, c'est bien cela. On y entend la voix de la Tradition. Mais cette Tradition est vivante, créatrice, juvenescens, disait Irénée de Lyon, capable d'inventer " des mots nouveaux ", affirmaient les Pères Cappadociens. On trouvera dans ce livre les thèmes fondamentaux de la théologie dogmatique - le mystère, la Trinité, la création, le Dieu fait homme, l'Esprit Saint, la prière (y compris la " prière de Jésus "), l'eschatologie - mais toujours exposés pour changer notre vie maintenant, dans les conditions qui sont aujourd'hui les nôtres. Le Dieu dont nous parle Kallistos Ware n'est pas la clé de voûte de l'ordre social, mais le Dieu crucifié par folie d'amour. Il faut méditer ses pages sur le Dieu souffrant et sur l'agonie du Christ, agonie dont " théologie morale " russe du début de ce siècle a si prophétiquement parlé. Au moment où tant de chrétiens doutent de leur identité et de leur vocation, ce livre vient à son heure pour rappeler que le christianisme n'est pas une morale plus ou moins humanitaire, mais une ascèse, une mystique, une vie crucifiée et ressuscitée, un élan qui ne bute pas sur le néant mais se déploie en " voyage dans l'infini ".
La France est désormais multi-confessionnelle, multi-ethnique et pluri-culturelle. Dans les cinq volumes précédents de cette série, nous avons exploré les autres pratiques religieuses, les nouvelles modalités du croire et la religion à la carte; nous avons pu démontrer que les minorités protestantes, juives, musulmanes et bouddhistes étaient plus "pratiquantes" que les catholiques historiquement hégémoniques mais que le sens de la pratique était en pleine évolution. Il était logique d'aborder de la même façon les attitudes, les pratiques, les croyances d'une minorité discrète mais très présente en France: les orthodoxes, d'autant plus que, dans le cadre d'une Europe élargie à l'Est, l'orthodoxie, sous ses différentes formes, est la religion la pus importante numériquement. Le problème de fond aujourd'hui est donc de savoir comment la République, confrontée au pluralisme religieux et à une Europe qui ne gère pas le culturel comme la France, va articuler la laïcité, la sécularisation et la demande des minorités religieuses et culturelles.
Résumé : Publié pour la première fois en Russie en 1870, ce petit livre, dont l'auteur est resté anonyme, représente l'un des plus beaux textes spirituels de l'orthodoxie russe. A travers un style qui garde le charme du langage populaire, le lecteur découvre la piété russe, dans ce qu'elle a de frais et de pur. Des épisodes nombreux et colorés le mettent au contact de la Russie ancienne, celle qui a inspiré les grands écrivains du siècle passé. Il rencontre enfin une tradition contemplative remontant aux premiers siècles de l'Orient chrétien, appliquée dans ces Récits du pèlerin par un contemporain de Dostoïevski et de Tolstoï. Une introduction et des notes donnent les commentaires nécessaires à une bonne compréhension du texte.