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Alternatives Sud Volume 17-2010/4 : Etat des résistances dans le Sud. Afrique
Polet François
SYLLEPSE
13,18 €
Épuisé
EAN :9782849502891
Les organisations de la "société civile" se comptent aujourd'hui par centaines dans la plupart des pays africains. Cette prolifération s'est-elle traduite par l'émergence de contre-pouvoirs dignes de ce nom? En la matière. quantité ne rime pas nécessairement avec qualité. La majorité de ces organisations servent d'abord à capter des financements dans un contexte de dégraissage des appareils administratifs et de déplacement des flux de ressources extérieures vers les acteurs "non étatiques". Or face aux bailleurs de fonds. la manifestation d'une expertise technique "axée sur les résultats" est devenue un atout plus utile qu'une quelconque représentativité sociale. Quant aux associations qui descendent dans la rue, beaucoup servent surtout de caisse de résonnance aux partis en lice. qui les mobilisent au gré de leur stratégie électorale. Et pourtant... une minorité d'organisations - paysannes. syndicales. des droits de l'homme - ne subordonnent pas la poursuite de leur mission à l'indispensable recherche de financements extérieurs. La pertinence et la constance de leurs prises de position leur confèrent une indéniable légitimité au sein de la population, proportionnelle au discrédit qui frappe les classes politiques. Dans plusieurs pays. ces organisations ont permis de canaliser le mécontentement social et d'installer un rapport de force avec les gouvernants. L'efficacité des méthodes clientélistes et des mécanismes de cooptation rend cependant leurs conquêtes fragiles une fois la mobilisation retombée...
Le drame qui se joue depuis trois décennies à l'Est du Congo commence enfin à recevoir l'attention médiatique qu'il mérite. Celle-ci se traduira-t-elle par une mobilisation diplomatique digne de ce nom ? Les dynamiques conflictuelles qui ravagent cette partie du pays sont complexes, mais indubitablement liées à la présence de ressources minières dont la valeur aiguise la convoitise d'une chaîne de groupes armés et d'opérateurs mafieux, souvent soutenus depuis les pays voisins. Que l'enjeu soit de les exploiter ou de les protéger, notamment dans le cadre de la lutte pour le climat, ses ressources naturelles ont rehaussé l'importance géostratégique du Congo, théâtre de la rivalité entre impérialismes pour l'accès aux matériaux critiques de la transition. Les mécanismes de la prédation se logent aussi dans la société politique. La fin de l'ère Kabila ne pas modifié le rapport des élites à l'Etat, site d'affrontements pour l'accès aux positions permettant de s'enrichir rapidement. Le "mal zaïrois" a la peau dure. Facteur d'inégalités, la redistribution clientéliste assèche les politiques publiques, de l'éducation à l'armée, et nourrit les ressentiments ethniques et intergénérationnels. Même sur le plan démocratique. Tshisekedi fait à peine mieux que son prédécesseur, entre manipulations électorales et répression. Le tableau n'est néanmoins pas désespéré. Sur fond d'insertion croissante de la société congolaise dans les flux internationaux, les changements sociaux et culturels secrètent de nouvelles formes de résistance populaire et de mobilisation patriotique et citoyenne.
Si dans les pays industrialisés leurs effets en matière d'ordre et de santé publics sont relativement circonscrits, les drogues d'origine naturelle (héroïne. cocaïne, cannabis...) ont des impacts d'une autre ampleur dans les régions où elles sont produites et qu'elles traversent, essentiellement situées au Sud : alternative économique de survie pour des millions de petits paysans et de passeurs. mais aussi source d'affrontements sanglants entre cartels, de diffusion d'une culture de la violence, d'apparition de nouvelles inégalités, de corruption des institutions. de financement de coups d'Etat et de rébellions en tout genre. Tout à la fois produit et moteur de l'informatisation des économies et de l'affaiblissement des Etats, dont les causes premières sont à chercher dans la crise des secteurs productifs traditionnels et l'ajustement néolibéral, le narcotrafic a également su jouer de l'opacité des circuits financiers internationaux pour étendre ses ramifications. Loin d'endiguer le phénomène, le modèle répressif imposé depuis quarante ans par les Etats-Unis l'a objectivement alimenté, l'interdiction décuplant le prix des drogues, l'attractivité de leur commerce et le pouvoir des trafiquants. Cette approche contre-productive, régulièrement subordonnée à d'autres objectifs de politique extérieure qui plus est, fait aujourd'hui l'objet de remises en question par plusieurs gouvernements latino-américains, qui estiment que leurs sociétés paient un tribut disproportionné à la "guerre internationale aux drogues".
Que peut-il bien y avoir de commun entre Mai 68 et le mouvement des Gilets jaunes ? Cinquante ans après, l'"événement" parle encore, et les objectifs portés par les mouvements de contestation trouvent un écho avec les Gilets jaunes ? : les salaires, la reconnaissance sociale, la démocratie. La recherche d'une démocratie active, réelle et à tous les échelons de la société trace un fil entre les deux moments. Ce livre propose de retisser une analyse replaçant le mouvement des Gilets jaunes dans la longue chaîne de mouvements populaires porteurs d'aspirations démocratiques radicales qui se sont manifestés à l'échelle internationale depuis les années 1960. De longue date, la protestation sociale est porteuse des préoccupations écologiques, de la demande de transformation radicale du travail, d'une volonté d'organisation démocratique et collective des entreprises et des services publics, ainsi que d'une démocratie sous le contrôle direct du plus grand nombre pour développer ce qui peut et doit être commun. Ce que disent les mouvements populaires et les contestations radicales compose une sorte de projet, un espoir autant qu'un programme qui reste à écrire ? : Mai 68 est un arbre de la liberté comme le furent ceux plantés en 1793 en France. Pour renouer ce fil, l'auteur étudie avec précision ce qui s'est passé, dans les entreprises, les services, les villes et les universités, ce qu'ont fait les divers partis et organisations afin de tenter d'élucider pourquoi il s'agissait alors d'une "révolution sans révolution". Un livre qui permet de comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle qui appelle à reconstruire un espoir en confrontant ces réflexions aux questions posées par les Gilets jaunes.
Rudder Véronique de ; Cognet Marguerite ; Eberhard
Résumé : Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.
Le premier âge du capitalisme, c'est celui qui, du XVe au milieu du XVIIIe siècle, voit l'Europe occidentale partir à l'assaut des continents américain, africain et asiatique. Dans ce premier tome, Alain Bihr se penche sur cette expansion en détail. Il montre comment, par le biais du commerce forcé et déloyal, de l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations, les sociétés qu'elle a affectées ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. Avec pour principal résultat de soutenir la dynamique de formation du capitalisme en Europe même. Loin de verser dans le misérabilisme, l'auteur insiste cependant sur la résistance que ces sociétés ont su opposer aux Européens. Résistance inégale, fonction de leur développement historique antérieur, auquel l'ouvrage prête à chaque fois une grande attention, en fournissant de la sorte un panorama du monde à l'aube des temps modernes. En dernier lieu, l'auteur souligne les divergences entre les Etats européens qui vont se lancer dans cette aventure, les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises, les bénéfices fort inégaux qu'ils vont en retirer. Autant de points dont la pleine explication est renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.
Si bell hooks est connue pour son engagement féministe, l'articulation de cet engagement avec les pratiques dans le domaine de l'éducation et de la pédagogie a été peu débattue en Europe. Ce livre est un recueil d'essais sur la pédagogie de l'émancipation qui aborde non seulement l'importance du féminisme dans les salles de classe mais aussi l'articulation de la théorie et de la pratique dans la lutte féministe afro-américaine. hooks y parle de solidarité et d'économie politique, et de la façon dont la pédagogie des opprimés à laquelle elle a été formée par Paulo Freire peut s'appliquer à l'émancipation des Afro-américaines. Des cas particuliers y sont décrits pour souligner l'importance de l'enseignant·e dans la pratique de la liberté. La traduction de cet ouvrage présente un intérêt bien au-delà du monde universitaire francophone. bell hooks est une enseignante-chercheuse mais son travail trouve une résonance tant dans la théorie que dans les pratiques politiques. Ainsi, Apprendre à transgresser parlera aux lecteurs·rices intéressées par le féminisme, par les pratiques éducatives et par les stratégies antiracistes. C'est d'ailleurs ce qui la distingue de beaucoup d'ouvrages féministes publiés en français : le déploiement de la théorie en pratique de l'enseignement et la transformation de la salle de classe en lieu d'émancipation Les pratiques éducatives françaises et la singularité des élèves dans le contexte scolaire ont été débattues en France ces deux dernières années, et ce livre apporte un regard différent en décrivant des stratégies d'enseignement dans un monde multiculturel. Par ailleurs, l'intérêt du public pour l'intersectionnalité et le féminisme antiraciste s'est développé en France. Le modèle universaliste français étant réinterrogé et la question de l'identité plus que jamais d'actualité, l'ouvrage constitue une contribution importante au débat, que ce soit dans le champ disciplinaire des sciences humaines et politiques et dans le milieu associatif féministe, LGBT et antiraciste.