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Philosophia naturalis ou de l'intelligence du monde
Polastron Lucien Xavier
KLINCKSIECK
23,00 €
Épuisé
EAN :9782252041116
Au gré des rangements à perte de vue de ma bibliothèque, j'ai fini par mettre ensemble Héraclite, Zhuangzi, Goethe, Nietzsche, Thoreau, Bachelard et Rimbaud. Leur point commun, c'est la compréhension ("prendre avec") de la nature, qui leur donne l'image la plus sensée de l'existence : pour mesurer notre place dans l'univers, il faut d'abord entendre la place de l'univers en nous. Or cette imbrication semble oubliée voire gommée par la plupart des systèmes philosophiques. Faut-il voir là quelque rapport avec la destruction accélérée de la planète ou, parallèlement, avec le manque d'enthousiasme général qui nous gagne ? La nature, il en reste encore assez pour s'en mêler. Alors, découvrons le secret des vieilles cosmogonies et sollicitons nos auteurs un par un, les littérateurs et les visionnaires, la poignée de philosophes intéressés, puis les érudits de l'écologie si pleins de verdeur - afin de moissonner les recettes d'une attitude plus confortable. Elles risquent de surprendre. Car, à force de cerner l'intelligence du monde, on va voir que c'est un mystère à double tranchant."
Résumé : Entre Google et le nouveau droit d'auteur, voici le livre pris en otage, menacé de pillage et même de disparition. La numérisation de l'écrit est une évidente bénédiction pour l'accès au savoir, mais elle déchaîne les convoitises commerciales et multiplie les barrières juridiques. Perçue comme un immense danger pour les patrimoines culturels, elle suscite de nombreuses réticences politiques, notamment en France, tandis que le bibliothécaire serre les dents et que l'intellectuel regarde ailleurs. Entre faux prophètes et vrais profiteurs, la littérature est-elle réellement menacée ? Risque-t-on l'appauvrissement des ressources culturelles mises à la disposition de chacun ? Va-t-on vers la confiscation par quelques-uns de ce qui appartient à tous ? Le livre en papier est-il mort, et le libraire, et la lecture publique ? Va-t-on voir le non-lucratif réprimé par la loi ? Ou bien, au contraire, la dématérialisation vient-elle à point pour rénover l'écrit, lui offrir d'échapper aux filières qui peuvent étouffer la liberté d'enseigner, de dire, de rêver... Avec lucidité, ces pages dissipent les malentendus accumulés autour de la gigantesque révolution que nous vivons.
Détruire la bibliothèque est un geste qui remonte à la plus haute Antiquité. Apparus en même temps que les livres, les autodafés semblent se multiplier avec eux: plus il y a d'ouvrages, plus on cherche à les détruire. Considérée comme subversive ou au contraire comme le symbole du pouvoir absolu, la bibliothèque est au centre des crises et des conflits. Bien souvent, elle n'y survit pas. Depuis la Chine des Qing jusqu'aux catastrophes contemporaines, ce livre retrace l'histoire des grandes destructions de bibliothèques. De l'incendie d'Alexandrie à celui de Sarajevo en 1992, en passant par Rome, Ctésiphon, Bagdad, par les méfaits de l'Inquisition, la Révolution française ou la Commune, Lucien X. Polastron déploie une singulière érudition sur ce terrain encore peu exploré. Il mène l'enquête sur les causes du désastre, reconstitue les trésors perdus, part sur les traces des volumes rescapés. Les grands malheurs vécus par les bibliothèques sont peut-être moins graves que les dangers récents: attaque en règle sur le support papier, convoitises pharaoniques sur l'information numérisée... le rêve de la bibliothèque absolue est-il en train de tourner au cauchemar entrevu par Bradbury, Huxley ou Orwell Biographie: Né en 1944, sinisant et arabisant, Lucien X. Polastron est l'auteur de Le Papier, 2000 ans d'histoire (1999), ainsi que de plusieurs ouvrages de référence consacrés à la calligraphie
Lucien X. Polastron l'assure : mieux que l'université, les bibliothèques publiques l'ont pris sous leur aile et formé, de Béziers et Toulouse à Paris et Londres, dans cet ordre ascensionnel, ce qui ne l'a pas empêché d'acquérir, classer et s'entourer de plus ou moins quinze mille volumes, still counting comme on dit à la British Library. Ni de publier Livres en feu. Histoire de la destruction sans fin des bibliothèques, suivi en 2006 de La Grande Numérisation. Y a-t-il une pensée après le papier ? et enfin Une brève histoire de tous les livres. Il n'aurait pas été plus loin si, au fil de ses pérégrinations dans le labyrinthe des catalogues et des rayonnages du monde, il n'avait perçu un chuchotis, le même et de plus en plus appuyé, qui s'avéra le monologue de La Bibliothèque une et indivisible, sorte de génie des lieux souhaitant depuis toujours raconter sa vie plurimillénaire à quelqu'un qui enfin l'écouterait. C'est ainsi qu'il peut maintenant rapporter les souvenirs, fiertés, courroux et sautes d'humour de celle qu'il tient à juste titre pour la meilleure amie du genre humain.
Parti de Chine et plus largement épanoui au Japon, le goût du noir va à l'inverse de l'image occidentale : la non-lumière engendre la plus riche et la plus profonde des impressions visuelles, alimente rêverie, sensualité, pulsions artistiques, style de vie et spéculations philosophiques, orientées par le shintô, le zen et la fusion avec le naturel. L'absence de couleur serait donc plutôt la couleur absolue. Du noircissement des dents à l'expressionisme abstrait, du vêtement le plus aristocratique aux ombres de la maison, le livre étudie les pratiques insolites et les significations que les siècles ont appliquées à ce désir d'obscur, qui accompagne et émeut si profondément le quotidien japonais. On ne s'étonnera pas, à la lecture, qu'il en découle un message de portée universelle.
Résumé : Par modestie, vraie ou fausse, Faulkner a plusieurs fois déclaré que Thomas Wolfe était le meilleur romancier de sa génération. Il entendait par là que c'est lui qui avait visé le plus haut et que, même s'il n'était pas parvenu à réaliser ses ambitions, son échec était plus glorieux que la réussite (relative) de ses rivaux. L'oeuvre de Thomas Wolfe appartient donc à l'empyre de la littérature américaine et cependant, pour diverses raisons, malgré la réputation dont elle jouit aux Etats-Unis et le grand succés qu'elle a rencontré en Allemagne, elle est presque complétement ignorée du public français.
Des débuts de la littérature américaine jusqu'au XXe siècle, les écrivains et les intellectuels américains éprouvèrent le besoin de visiter l'Europe pour évaluer la civilisation dont ils étaient séparés et se situer par rapport à elle. Ils croyaient à l'infériorité intellectuelle de l'Amérique et pensaient que leur éducation ne serait complète que lorsqu'ils auraient pris contact avec une civilisation plus ancienne. La tendance à l'expatriation de l'intelligentsia américaine trouve donc son origine dans les liens traditionnels et culturels qui rattachaient le Nouveau Monde au Vieux Monde.