Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Chimères N° 98, septembre 2021 : Mauvais rêves
Polack Jean-Claude ; Trastour Guy
ERES
23,00 €
Épuisé
EAN :9782749270524
Ce numéro de Chimères est traversé par des spectres, des "entités hantantes" revisitées d'après les Notes sur le fantôme d'Abraham et Törok ; par les ombres grises de la nuit du 14 mars 2018 où fut assassinée Marielle Franco dans le Brésil pré-Bolsonaro. Des incendies en jalonnent la lecture : celui du Musée national de Rio de Janeiro, celui du film Incendies de Denis Villeneuve (2010) dont les images font songer au Liban dévasté et à l'actuel embrasement du ciel en Palestine et en Israël. En contrepoint, la thématique de la réparation ("je rêve donc j'existe") y dessine des lignes de faille, des interstices, des ouvertures retraçables dans les agencements libres des oreillers de Daniel Cabanis. Il n'est pas question de cesser de rêver ni de cesser de lire des libres-livres, comme le dit l'apprenti-psychiatre Barnabé. Un animal psychopompe tient ici lieu de guide des égaré.e.s : la vache. Etrange ou familier, un petit cheptel (moins de mille) se glisse entre les pages ; elles sont en bordée, libres de toute machine à traire, pas toutes vaccinées mais ivres de leur décomposition par le dessin de Bianca Saldine. La vache à petit a, ou l'animal queue donc je suis. Ensemble elles broutent-pensent ce qui vient. Il n'est pas certain qu'elles soient bien gardées.
Tout au long du XXe siècle, le concept d'Inconscient créé par Freud questionne, au-delà de sa portée philosophique, une multitude de disciplines (psychologie et psychiatrie, sociologie, histoire, économie, ethnographie, anthropologie, etc.). Il hante aussi les arts et la littérature. D'importantes étapes théoriques (Freud, Lacan, Deleuze et Guattari) gravitent autour de la question de la folie. Très tôt, la thématique de la sexualité, initialement familiale, va s'élargir vers celle des rapports des humains au désir, à l'amour et la mort, aux croyances et religions, aux plaisirs et contraintes de la vie sociale. Les constructions d'une subjectivité inconsciente vont progressivement rejoindre les aliénations socio-économiques concrètes du capitalisme, dans le sillage des théories de Marx. Le livre décrit quelques-unes de ces expériences, inventions et institutions. Il dresse le portrait des théoriciens, écrivains et artistes qui en ont été les auteurs, promoteurs ou critiques. Il insiste sur le contexte historique des guerres de libération coloniales, des "totalitarismes", de l'implosion désastreuse des projets révolutionnaires et, plus près de nous, des menaces mondiales des fondamentalistes religieux. Les facettes multiples de l'essai explorent les processus de domination ou de résistance qui agencent la production des subjectivités, les politiques répressives ou émancipatrices d'un inconscient dans son temps.
Le numéro Guattari + 31 comportera des articles de Barbara Glowczewski, Suely Rolnik, Collectif Encore heureux, Pedro Serra, Manola Antonioli, Annick Kouba, Carmen Castillo, Susana Calo, Clara Novaes, Eloi Halloran, Nelson Roberto Alba, Luis Fernandez, Thomas Cuvelier, Anne Querrien, Benachir Bouazza, Alfredo Perdomo, Catherine Vallon, Jean Claude Polack, Elisabeth Forveille. Plusieurs des articles s'intéresseront à l'exercice critique de la psychanalyse et de la psychiatrie ; d'autres revisiteront certains concepts de Guattari comme la transversalité, la révolution moléculaire, la schizoanalyse Trois articles viendront d'Amérique latin, un du Canada, un du Maroc.
Les chiens sont lâchés, l'époque est à la guerre et la planète brûle. Et les cessez-le-feu ou les accords de paix ne nous rassurent pas mieux. Sil faut lâcher les noms, ça s'empile... Trump-Musk, Milei. Poutine, Xi Jinping, Kim Jong-un. Modi. Netanyahou, Khameney, Erdogan. Le Pen, Orhan, Méloni. Autant de projets nationalistes qui polluent l'atmosphère... Pour conjurer le sort, à "Chimères", on mise sur d'autres noms, Deleuze, Guattari et quelques autres, comme sur la schizoanalyse ou l'écosophie, par exemple. Ca ne pèse pas lourd le minoritaire... Comment rivaliser avec les noms qui mènent le monde à la baguette en précipitant les catastrophes humaines et écologiques ? On pourrait entonner des ritournelles, préférer not to, décliner des façons de fuir, mais en fuyant je cherche une arme, déployer des espaces alternatifs ou à venir, et on le fera. Mais on a également choisi de tâter les murs et d'étudier la résistance des matériaux. Autrement dit, d'éprouver nos concepts qui mêlent politique et inconscient pour évaluer nos capacités à altérer ces croyances identitaires et même théocratiques qui détricotent ou réécrivent le droit international en durcissant les frontières. Comment ne pas sonder nos propres forces pour ne pas finir emmurés en nous-mêmes, cryptés dans un cri coulé dans le béton armé qui ne parvient plus à nos propres oreilles, dans un monde oublieux que d'autres modes de subjectivation sont possibles, qu'ils peinent à voir le jour, mais qu'ils ne sont pas que des chimères où l'on se contente de la beauté du geste en attendant la semelle qui nous aplatira. Guattari appelait les années 1980 "les années d'hiver" quand Deleuze annonçait que ça n'allait pas fort en philosophie à des étudiants en cinéma. Puisque nous sommes plus de quarante ans plus tard à y croire encore, c'est qu'il y a quelque chose qui nous plaît à répéter leurs gestes, même s'il faut multiplier les pas de côté en cherchant des lézardes dans les murs. Une compulsion à ouvrir une autre voie comme à raconter d'autres histoires que la rengaine de la souveraineté du peuple restaurée dans un Etat national.
Jean Oury n'a jamais cessé de l'affirmer : dans l'abord de la folie, le plus petit détail, un simple geste ou un sourire peuvent avoir une valeur inestimable. Ce souci de l'ambiance, ces paroles qui soignent, cet humour, cette bienveillance, ces moments féconds au cours desquels une existence parfois bifurque constituent l'arrière-fond sensible dont ce numéro de Chimères se veut l'écho, nourri d'expériences, de témoignages et de récits souvent placés sous le signe d'une "vraie rencontre". Une sorte de constellation affective où les voix de plusieurs générations de patients, de "psychistes", d'artistes, d'amis proches ou de compagnons de route se mêlent pour composer un portrait multiple, polyphonique, de l'homme qui a tracé "son chemin en marchant" et a su s'adresser, avec une qualité de parole incomparable, à ce qu'il y a de plus singulier en chacun.
A travers les yeux d?un bébé, cet ouvrage évoque la vie quotidienne des bébés chez leur assistantematernelle. S?appuyant sur des témoignages de collègues, de parents, de professionnels de lapetite enfance et sur sa propre expérience, l?auteur aborde le métier d?assistante maternelle danssa globalité et au quotidien, avec ses joies, ses difficultés, ses incertitudes, tout au long des étapesdu développement physique et psychologique de l?enfant. Des sujets plus délicats y sont abordés,comme la maltraitance, la négligence professionnelle ou parentale, le manque de formation desassistantes maternelles. Une approche intimiste du métier, élargie à des recherches plusapprofondies et prolongée par des conseils et des contacts professionnels.
Dès l'apparition de la théorie de l'attachement - dans la trilogie de John Bowlby, Attachement et perte - ses relations tumultueuses avec la psychanalyse ont occupé le devant de la scène. Plus encore, on peut affirmer rétrospectivement que cette option théorique a puisé une bonne part de sa créativité dans la vivacité de cette conflictualité. C'est dans cet esprit qu'a été conçu cet ouvrage qui reprend, actualisé et complété. le dossier publié dans Le carnet Psy. Il propose une revue critique en examinant les éléments de convergences. de divergences et d'enrichissement mutuels entre théorie de l'attachement et psychanalyse. Son format synthétique. sa vocation didactique et sa lisibilité en font un incontournable outil pour tous ceux qui veulent s'initier aux rudiments fondamentaux de la théorie de l'attachement; les thèmes traités et l'originalité des ouvertures épistémologiques offrent aussi une lecture stimulante pour les connaisseurs.
La résilience, terme emprunté à la physique pour désigner la capacité des individus à surmonter les traumatismes, n'est pas une notion globale ou uniforme : elle présente de multiples facettes et provoque des controverses dans le monde thérapeutique. Dans cet ouvrage où dialoguent Boris Cyrulnik, à 'origine de la diffusion de cette notion en France, et Serge Tisseron qui en combat les ambiguïtés, les auteurs s'attachent à explorer les phénomènes de résiliences: la résilience serait-elle une recette miracle ou une réelle capacité de chacun à s'épanouir malgré le poids d'un traumatisme ? S'agit-il d'un état ou d'un processus ? D'un mécanisme de défense inné ou acquis ? D'une méthode comportementale ou d'une thérapie ? A mener seul ou avec l'aide d'un tuteur de résilience ? Apanage seulement de la jeunesse ou bien possible à tout âge ? Serait-ce un mot magique survalorisant ceux qui ont survécu à un traumatisme en même temps qu'il donnerait du rêve à ceux qui, dans des difficultés graves, peuvent espérer guérir par leurs seules ressources ? D'autre part, la résilience relève-t-elle du scientifique ou bien du moral dans la mesure où l'amour et la compassion semblent y jouer un râle primordial au détriment du travail scientifique sur l'Inconscient ? Et n'emprunte-t-elle pas à la psychanalyse certains concepts dans leur seul aspect positif et structurant ? Enfin, peut-on en tirer des outils thérapeutiques, voire pédagogiques, où à la traditionnelle prise en charge se substituerait une approche valorisant les ressources de vie, les potentialités de l'individu et de son environnement en développant l'espoir sous forme de réparation ou de création ? . . Joyce Aïn, psychanalyste (Toulouse), membre de la Société Psychanalytique de Paris, présidente de l'association Carrefours & Médiations.
Mauvais Patrick ; Blazy Micheline ; Deligne Isabel
Des professionnels de PMI, de lieux d'accueil, de services de soins en périnatalité, de CAMSP et de pouponnières témoignent de leurs pratiques dans l'accompagnement des relations entre parents et enfants. On reconnaîtra aisément, au travers de ces expériences diverses, une référence appuyée aux travaux d'Emmi Pikler - pédiatre hongroise qui a fondé en 1946 la pouponnière de Lòczy à Budapest - sur le très jeune enfant et sa famille. On y retrouvera l'importance qu'elle accordait, jusqu'au moindre détail, aux conditions concrètes du bien-être et de la sécurité de l'enfant. Les professionnels réunis ici, attentifs et assurés de leur confiance en l'enfant, nous enseignent combien l'accompagnement du processus de parentalisation peut bénéficier de cette approche, dans le respect des familles en devenir. Biographie: Patrick Mauvais est psychologue clinicien, responsable de la formation des formateurs à l'association Pikler Lòczy de France.