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Intellectuels et juifs en France aujourd'hui. De l'enthousiasme des années 60 à la déception des ann
Poizat Jean-Claude ; Schnapper Dominique
BORD DE L EAU
24,00 €
Épuisé
EAN :9782356872869
Qu?y a-t-il de commun entre Daniel Bensaïd, Alain Finkielkraut, Benny Lévy, Edgar Morin ou encore Shmuel Trigano ? Force est de constater que tous ont pris part, ainsi que d?autres intellectuels juifs français contemporains (et de même que bon nombre d?intellectuels non juifs), à la querelle du "nouvel antisémitisme" qui s?est fait jour au début de la décennie 2000, fût-ce pour s?opposer avec virulence les uns aux autres. Tiraillés entre la menace d?un "retour du théologico-politique" qui obsède la pensée politique contemporaine, et un scepticisme à l?égard du "modèle républicain français" qui est devenu irrévocable après 1945, ces intellectuels juifs ont marché sur la corde raide. Car il s?est agi pour eux de remettre en question ni plus ni moins que les principes philosophiques sur lesquels ont été bâtis les Etats-nations modernes, au risque de se voir accuser de vouloir revenir à des formes politiques pré-modernes, voire antidémocratiques, et ce alors même, paradoxalement, que la plupart ont entamé leur carrière dans des organisations qui furent à la pointe du combat révolutionnaire lors la décennie 1960. A présent que les passions liées à la querelle des années 2000 semblent un peu apaisées, il est temps d?interroger la nouvelle appréhension de l?universalisme qu?ils mettent en oeuvre afin d?éclairer le parcours d?intellectuels qui ont chacun à sa manière, avec des motifs certes divers et en restant toujours dans le cadre de la pensée critique, esquissé un surprenant mouvement de "retour" soit vers le judaïsme, soit vers la judéité.
Née en 1906, juive allemande, sioniste dissidente, philosophe atypique, devenue citoyenne américaine, mais foncièrement cosmopolite, Hannah Arendt a traversé le XXe siècle non sans en éprouver les douloureuses contradictions, celles-là mêmes que son oeuvre tente d'éclairer. Des Origines du totalitarisme jusqu'à La Vie de l'esprit, sans oublier la Condition de l'homme moderne, qui ont fait sa renommée, Hannah Arendt s'efforce de penser les nouvelles conditions politiques du "vivre - ensemble", dans un monde post - totalitaire où le progrès considérable de la technique et l'avènement des sociétés de masse mettent en péril l'existence de l'humanité dans son ensemble. Cette introduction, limpide et synthétique, éclaire le parcours de l'un des penseurs les plus stimulants et les plus singuliers du XXe siècle.
La philosophie juive a toujours été une " philosophie des marges ", elle s'est toujours tenue sur les rives de la philosophie dominante : que ce fût la philosophie hellénistique dans l'antiquité, la philosophie gréco-arabe (ou arabo-musulmane) au Moyen-âge, ou bien encore la philosophie germano-chrétienne dans l'Europe moderne. Par là même, la philosophie juive mettait en cause ou questionnait aussi bien la philosophie sur laquelle elle " mordait ", que le judaïsme dont elle était issue, elle frottait pour ainsi dire la philosophie et le judaïsme l'un contre l'autre afin d'en faire jaillir des étincelles de savoir et de vérité. C'est pourquoi nous dirons que cette pensée des marges, loin d'être elle-même " marginale " ou " périphérique ", a joué un rôle central tant dans l'histoire du judaïsme que dans l'histoire de la philosophie non juive . Et ainsi, on peut dire que la philosophie juive n'a jamais cessé, de l'antiquité à nos jours, d'être une pensée vivifiante aspirant à se saisir d'un savoir vrai , mais non pas seulement l'expression d'une " identité culturelle " particulière qui n'aurait, dans le meilleur des cas, qu'un intérêt historique ou folklorique.
Résumé : " En se réveillant un matin après des rêves agités, Gregor Samsa se retrouva, dans son lit, métamorphosé en un monstrueux insecte ". Ces fameuses premières lignes de La Métamorphose nous sont familières Gregor, petit représentant sans histoire, pourrait être n'importe qui, ou bien nous-même... De plus, dans cette ahurissante métamorphose, le plus étonnant est l'apparente tranquillité de sa narration, jusqu'à son dénouement tragique : " on ne s'étonnera jamais assez de ce manque d'étonnement ", disait Camus. En fait, le récit de la transformation de Gregor ne constitue pas tant une échappée dans un univers fantastique et effrayant qu'une exploration radicale de la condition humaine, dans un monde moderne devenu incompréhensible. Voilà pourquoi la lecture du cauchemar éveillé de Gregor crée en nous ce fort malaise, que la fermeture dit livre ne peut dissiper.
Résumé : Pour le bien des animaux, celui de la planète et pour préserver notre santé, il faudrait de toute urgence renoncer à l'alimentation carnée voire à tous les produits animaux et, en clôturant dix mille ans de vie commune avec les vaches et les brebis, librement consentir à une agriculture sans élevage. Après des décennies de silence médiatique et politique sur la violence industrielle contre les animaux, pourquoi cette soudaine prise de conscience ? C'est en reprenant le fil de l'industrialisation de l'élevage depuis le XIXe siècle et ses liens historiques avec la "cause animale" que l'on peut comprendre la situation actuelle et le développement des start-up de la "viande propre", amie des animaux et des milliardaires. La science et l'industrie, aujourd'hui comme hier, concoctent pour nous "un monde meilleur". Sommes-nous bien sûrs qu'il correspond à nos désirs ?
L'actualité offre le spectacle apparemment paradoxal d'un monde des religions pris en tenaille entre deux familles de formes extrêmes : les unes, si idéologiques donc exclusives qu'elles justifient la violence, même terroriste, pour imposer leurs frontières ; les autres, si utopiques, donc iréniques ou angéliques, qu'elles recherchent une spiritualité dépassant toute espèce de frontière, religieuse ou autre. L'islam contemporain pris entre djihadisme, wahhabisme et soufisme, n'est pas le seul particulièrement affecté par cette contradiction. Elle met aussi es sciences sociales au défi d'en rendre compte. Pour y parvenir, il faut repasser par les grands conflits qui ont structuré les théories du social et de la religion, comme celui de René Girard, avec le structuralisme de Lévi-Strauss. Il faut ensuite reprendre de manière méthodique et critique les concepts de base qui servent à ces sciences, comme le dit Danièle Hervieu-Léger, "à penser la religion", comme "symbolique", "sacré", "violence", "idéologie", "utopie", "sécularisation", "laïcité", "radicalisation", "sacrifice", "autosacrifice", "ascèse", "spiritualité", etc. Aussi le présent ouvrage conjoint-il, à la démarche pédagogique d'un cours d'introduction aux sciences sociales des religions, un questionnement critique de leur opérationnalité. Au final, l'analyse des phénomènes de radicalisation confirme la victoire de la sociologie wébérienne des valeurs sur leur réduction marxiste au matérialisme économique de l'intérêt. Les valeurs et leurs conflits appartiennent à l'infrastructure des sociétés humaines parce que c'est sur leur base que se construisent les identités, les mémoires collectives et leurs frontières, légitimées par les polarisations entre valeurs et antivaleurs. Pour tenter d'expliquer le fonctionnement de cette dialectique, on avance, sous deux néologismes, l'idéal-type de l'"archéoreligion" et de la "pharmac/kologie", deux notions neuves pour deux très vieilles choses, qui concernent la sociologie et la physiologie des émotions collectives. Deux notions qui permettent aussi, par comparaison, de comprendre différentiellement où travaillent les religions historiques d'Orient et d'Occident, comme les grandes idéologies séculières, dans k diversité presque infinie des courants qui les traversent et les opposent non seulement mut autres mais parfois à elles-mêmes.
Tantôt décrié, tantôt encensé, le revenu de base apparaît comme l'une des principales utopies d'un XXIe siècle où la fin de la croissance économique, les mutations du travail et les transformations de la société nous obligent à réviser nos logiciels de pensée. Loin de n'être qu'un phénomène de mode, le revenu de base s'inscrit dans une tradition historique ancienne qui prend sa source dans la Révolution française. Une ligne de force est ainsi repérable sur deux siècles, qui alterne lueurs et éclipses, pour proposer des solutions aux défis de nos sociétés, successivement : la question agraire, la révolution industrielle et la société postindustrielle. Timothée Duverger suit ainsi la piste du droit au revenu et se concentre en particulier sur les trois grandes démocraties libérales, la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Il croise tour à tour le radicalisme britannique, le socialisme utopique au XIXe siècle, les propositions de crédit social puis de dividende social dans l'entre-deux-guerres en Grande-Bretagne, le débat sur l'impôt négatif dans les Etats-Unis des années 1970, l'essor d'un mouvement européen autour de l'allocation universelle dans les années 1980, l'émergence contemporaine du débat en France, avant de terminer ce voyage par un tour du monde des expérimentations. A l'issue de cette exploration, une conclusion s'impose : le revenu de base, quels que soient sa forme, le moment ou le lieu où il est conçu, interroge toujours nos sociétés démocratiques et l'autonomie de l'individu dans une reconfiguration permanente des rapports entre l'économie et la société. Le revenu de base se présente bien comme l'une des utopies à expérimenter pour ouvrir une brèche vers le nouveau monde qui tarde à naître.
Le jardin occidental prolonge l'imaginaire de la maison et de l'intimité mais ne s'y limite pas. Il entoure. Ce faisant, il est un trait d'union entre soi-même et les autres, le lieu d'expérimentations de relations au vivant et d'ordonnancement d'un bout d'univers. Cultiver son jardin. Au coeur de cette activité ordinaire s'entremêlent des problèmes techniques, esthétiques, cosmologiques, économiques, politiques. Ici, rien n'est pur. De l'antiquité grecque à nos jours, l'histoire retracée dans cet ouvrage nous l'enseigne : derrière les haies, se déploient une fantaisie active et une variété de façons d'apréhender "l'usage de la nature". Aujourd'hui, plus que jamais, bousculant l'ordre institué, s'inventent d'autres modes d'intervention humaine. Une métaphysique par les mains pour une éthique renouvelée ?