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THEATRE SOUS LA REVOLUTION - POLITIQUE DU REPERTOIRE
POIRSON MARTIAL
DESJONQUERES
32,45 €
Épuisé
EAN :9782843211102
Tandis que la tragédie rougissait les rues, la bergerie florissait au théâtre " constatait déjà Chateaubriand. En dépit de l'intense production dramatique à caractère politique pendant la décennie révolutionnaire, force est d'y constater la prédominance de comédies légères et de reprises de pièces anciennes. Ce phénomène mérite d'être interrogé afin de mettre en évidence la façon dont l'Histoire en train de se faire s'inscrit dans les pièces de théâtre, abordées sous l'angle des créations, mais aussi des reprises, censurées et réécrites pour les besoins de la cause. Cette analyse envisage les nouvelles dramaturgies nées de la conception militante d'un théâtre " école du peuple " (théâtre de propagande, historique, civique, patriotique ...) ; mais aussi celles, taxées de " réactionnaires ", inspirées par des attitudes de résistance ou de réticence aux idées et aux idéaux nouveaux (théâtre contre-révolutionnaire, d'émigration, anti-jacobin...) ; enfin celles, finalement tout aussi politiques, cherchant dans les mondes imaginaires à éviter de prendre trop directement position sur les événements révolutionnaires (utopies, allégories, fééries...). Cet ouvrage propose également un inventaire des auteurs anciens et nouveaux les plus joués pendant la Révolution et étudie, à partir des manuscrits de souffleur et des éditions caviardées, la nature des transformations subies par les textes sous la pression des comédiens, des censeurs révolutionnaires et de l'opinion publique, force politique montante. Dirigé par Martial POIRSON, cet ouvrage collectif réunit spécialistes d'histoire, de littérature, d'esthétique, d'arts du spectacle, de sciences politiques et de sciences sociales.
Résumé : La pensée économique a destin lié avec l'invention de la modernité, depuis son émergence à l'aube du XVIIIe siècle jusqu'à son triomphe contesté de nos jours. Elle s'est progressivement imposée comme le modèle dominant de représentation du monde à travers le langage, l'imaginaire collectif et les consciences individuelles. De cette évolution, la littérature a présenté à la fois des symptômes, des réflexions critiques et des dépassements poétiques. Le présent volume regroupe une douzaine d'études explorant quelques zones frontières où s'entrecroisent, depuis quatre siècles, discours économiques et discours littéraires. De Scarron à Proust, en passant par le théâtre du XVIIIe siècle, André Chénier, Isabelle de Charrière ou Zola, les questions posées relèvent d'une éminente actualité : comment articuler valeurs morales et valeurs financières, économie domestique et marchés spéculatifs ? Comment juguler la marchandisation de l'humain et de ses affects ? Comment gérer le commerce des biens culturels et symboliques ? Comment mettre en spectacle la vente de la chair - celle de l'esclave ou de la prostituée ? Dans les regards croisés qui s'échangent ainsi entre théories et fictions, il apparaît que la parole littéraire avait déjà mis en place, depuis plusieurs siècles, des sensibilités et des savoirs qui sont aujourd'hui encore largement en avance sur la discipline économique qui guide - souvent en aveugle et peut-être vers l'abîme - le destin de nos sociétés.
Poissarde, femme-soldat, émeutière, incendiaire, criminelle, aliénée... Ces stéréotypes esquissent le portrait à charge de la combattante révolutionnaire, usurpant attributs de la masculinité et codes de la virilité. Ils occultent les sévices exercés sur des femmes désignées comme boucs émissaires et contribuent à les évincer de la sphère publique. Objets, oeuvres et archives qui en attestent font apparaître les fantasmes engendrés par la violence des femmes, tout en soulignant leurs échos contemporains. Dans un contexte où les considérations de genre font retour, ce livre explore les zones d'ombre de l'historiographie et les présupposés du "roman national", mettant en lumière l'implication des femmes - victimes ou bourreaux - dans la brutalité des événements. Tout en faisant place aux femmes d'exception telles que Charlotte Corday, Olympe de Gouges, Théroigne de Méricourt ou Manon Roland, il met en perspective les figures collectives de la Révolution aussi bien que de la contre-révolution. Des Tricoteuses aux Merveilleuses, des insurgées aux suppliciées, des allégories aux caricatures, toutes ont imprégné la culture à travers les siècles, tant dans la gravure, la peinture, la sculpture ou les arts décoratifs que le cinéma, le jeu vidéo, la bande dessinée ou la publicité. Cet ouvrage est édité à l'occasion de l'exposition présentée au musée Lambiner de Versailles.
Martial Poirson est maître de conférences à l université de Grenoble et membre de l UMR LIRE du CNRS. Ses travaux portent principalement sur l histoire du théâtre et notamment sur les implications historiques, esthétiques et politiques de l exploitation du merveilleux et de l enchantement dans le spectacle vivant de l âge classique aux Lumières. L édition de Perrault en scène a été réalisée en collaboration avec Angela Braito, Jeanne-Marie Hostiou, Judith le Blanc, Jean-Charles Léon, Benjamin Pintiaux et Jean-Yves Vialleton. Il a aussi édité aux Editions Espaces 34 Le Triomphe de l intérêt de Louis de Boissy et L Ecole des bourgeois suivi de L Embarras des richesses de D Allainval.
La société des Lumières et le spectacle entretiennent une relation homologique. Revenir sur les notions de " performance ", de " théâtralité ", de " scénographie ", de " rôle " ou de " mise en scène " permet de dégager les modalités et enjeux esthétiques, politiques, économiques, sociaux et culturels de l'émergence en Europe d'une première " société du spectacle ". Les hommes du 18e siècle découvrirent que la vie sociale relève du spectacle, non plus au sens commun de simulacre et de leurre, mais en tant que le spectacle est l'une de ses fonctionnalités premières.
Les conquêtes d'Alexandre répandirent le grec jusqu'aux confins de l'Ancien Monde. Outre les Hellènes, des Egyptiens, des Syriens, des Hébreux, des Romains même allaient commercer, composer, chanter, philosopher et dogmatiser dans la langue nouvelle. Cette carrière universelle qui s'ouvrait à la culture née jadis en Hellade inaugura un nouvel âge, cette époque dite " hellénistique " qui allait assister aussi au bouleversement de l'ordre politique du monde : les cités-Etats de l'âge classique s'effacèrent devant les grandes monarchies des successeurs d'Alexandre, lesquelles à leur tour durent se fondre dans la domination romaine. C'est l'histoire de cette révolution culturelle que retrace le présent ouvrage, suite de l'Histoire de la littérature grecque d'Homère à Aristote publiée dans la même collection. Il évoque notamment toutes les formes nouvelles de culture qui, surgissant au cours de cet âge nouveau, en font le père de la modernité : la chronique se transforme avec Polybe en histoire universelle, elle-même charpentée par la première philosophie de l'histoire, d'inspiration stoïcienne ; Plutarque invente la réflexion historique, cependant que les lettres voient naître le roman, la poésie bucolique, la comédie de m?urs, la vogue de la satire et de la parodie. La science, avec Archimède et Ptolémée, accomplit des progrès décisifs, tandis que la philosophie procède à de vastes synthèses prétendant rendre compte de l'ordre du cosmos.Enfin l'époque hellénistique accueille avec ferveur les cultes orientaux, qui viennent s'unir aux traditions locales pour créer des formes syncrétiques de religiosité nouvelle. La principale de ces religions est le christianisme, qui use du grec pour propager son message dans tout le bassin méditerranéen. La façon dont il se mêle à l'héritage culturel hellénique, notamment à sa philosophie néoplatonicienne, est déterminante pour toute la civilisation ultérieure. Cette vaste aventure de l'esprit est dépeinte dans un récit qui, alliant la richesse à la clarté, révèle les racines de l'Occident moderne.
Garcia-Baquero Gonzalez Antoni ; Bennassar Bartolo
Dès la découverte du Nouveau Monde, un intense trafic s'instaura entre les possessions européennes et les royaumes d'outre-mer du souverain des Espagnes. Il reçut le nom de Carrera de Indias : la Route des Indes occidentales, c'est-à-dire des Amériques. Ainsi naissait un réseau d'échanges aux dimensions de la planète, archétype de tous les systèmes économiques mondiaux ultérieurs : escortées par les galions, ses flottes transportaient par-delà l'Océan commerçants, aventuriers, militaires et missionnaires, épices, étoffes, armes, alcools, cuirs, perles, or et argent surtout, mais esclaves aussi. Mettant en rapport les hommes, les cultures et les denrées d'Europe, d'Afrique et d'Amérique, la Carrera de Indias fut un phénomène fondateur du monde moderne, que les esprits drapèrent du prestige du mythe. Ce livre en offre la première synthèse générale. Il fait le tableau des trois siècles du monopole espagnol, exercé depuis Séville d'abord et Cadix ensuite. Depuis l'aube du XVIe siècle jusqu'au crépuscule du XVIIIe ce trafic est envisagé dans ses aspects juridiques, administratifs et financiers, mais aussi dans son déroulement réel, à travers tempêtes, guerres, piraterie, variant au gré des progrès techniques et des vicissitudes économiques. Au fil de l'analyse se révèle la réalité d'une entreprise prodigieuse, compromis instable entre prétentions royales, ambitions négociantes, avidités étrangères et astreintes naturelles, ranimée sans relâche par les illusions fascinantes des imaginations éblouies.
Résumé : La préoccupation des nourritures du corps traverse l'?uvre de voltaire, qui devait mériter le surnom d' " aubergiste de l'Europe ". la présente enquête, menée à partir de la correspondance de l'auteur comme de ses écrits d'histoire et de fiction, s'attache à reconstituer le mode de vie régnant aux Délices et au château de Ferney, les modes d'approvisionnement, les choix des mets, la préparation des plats, pour restituer enfin à nos yeux une table de riche au XVIIIè siècle. Mais la table est avant tout un lieu de convivialité. Ces plaisirs du corps ne seraient rien sans ceux de l'esprit qu'ils ont pour fin de susciter et de rehausser. Les soupers philosophiques où Voltaire régale ses invités de bons mots sont des festins de paroles. L'esprit encyclopédique de l'hôte de Ferney y développe maintes considérations sur le rapport en nourriture et économie, nourriture et sacré, exhortant les philosophes à célébrer les agapes et à " dresser un autel à la raison dans leur salle à manger ".