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FILMER LE 18E SIECLE
POIRSON MARTIAL
DESJONQUERES
27,40 €
Épuisé
EAN :9782843211188
Véhicule privilégié des voyages dans le temps, le cinéma semble avoir vocation à réveiller les fantômes du passé, à leur redonner présence et vie. L'histoire du 18e siècle, les puissantes ou séduisantes mythologies des Lumières, ont exercé sur les cinéastes une fascination assez forte pour les inspirer sous toutes les latitudes et à toutes les époques. En renouant avec la sensualité, la théâtralité, la liberté de ton et de pensée du 18e siècle, le cinéma se réapproprie cet héritage. Dans les films évoqués ? ceux d'Eric Rohmer, d'Abdellatif Kechiche, de Milos Forman, de Sofia Coppola parmi bien d'autres ?, le spectateur voit, entend, respire un " air " 18e siècle. Un dialogue créatif s'instaure ainsi entre le siècle des Lumières et le nôtre. Sont ici réunis des chercheurs spécialisés dans les domaines des arts du spectacle et de l'image comme de la littérature et des créateurs qui ont fait du 18e siècle un pôle majeur de leur travail: Chantal Thomas, Jérôme Prieur, Karol Beffa, Marie-Dominique Montel, Jess Franco.
Poissarde, femme-soldat, émeutière, incendiaire, criminelle, aliénée... Ces stéréotypes esquissent le portrait à charge de la combattante révolutionnaire, usurpant attributs de la masculinité et codes de la virilité. Ils occultent les sévices exercés sur des femmes désignées comme boucs émissaires et contribuent à les évincer de la sphère publique. Objets, oeuvres et archives qui en attestent font apparaître les fantasmes engendrés par la violence des femmes, tout en soulignant leurs échos contemporains. Dans un contexte où les considérations de genre font retour, ce livre explore les zones d'ombre de l'historiographie et les présupposés du "roman national", mettant en lumière l'implication des femmes - victimes ou bourreaux - dans la brutalité des événements. Tout en faisant place aux femmes d'exception telles que Charlotte Corday, Olympe de Gouges, Théroigne de Méricourt ou Manon Roland, il met en perspective les figures collectives de la Révolution aussi bien que de la contre-révolution. Des Tricoteuses aux Merveilleuses, des insurgées aux suppliciées, des allégories aux caricatures, toutes ont imprégné la culture à travers les siècles, tant dans la gravure, la peinture, la sculpture ou les arts décoratifs que le cinéma, le jeu vidéo, la bande dessinée ou la publicité. Cet ouvrage est édité à l'occasion de l'exposition présentée au musée Lambiner de Versailles.
La société des Lumières et le spectacle entretiennent une relation homologique. Revenir sur les notions de " performance ", de " théâtralité ", de " scénographie ", de " rôle " ou de " mise en scène " permet de dégager les modalités et enjeux esthétiques, politiques, économiques, sociaux et culturels de l'émergence en Europe d'une première " société du spectacle ". Les hommes du 18e siècle découvrirent que la vie sociale relève du spectacle, non plus au sens commun de simulacre et de leurre, mais en tant que le spectacle est l'une de ses fonctionnalités premières.
Résumé : La pensée économique a destin lié avec l'invention de la modernité, depuis son émergence à l'aube du XVIIIe siècle jusqu'à son triomphe contesté de nos jours. Elle s'est progressivement imposée comme le modèle dominant de représentation du monde à travers le langage, l'imaginaire collectif et les consciences individuelles. De cette évolution, la littérature a présenté à la fois des symptômes, des réflexions critiques et des dépassements poétiques. Le présent volume regroupe une douzaine d'études explorant quelques zones frontières où s'entrecroisent, depuis quatre siècles, discours économiques et discours littéraires. De Scarron à Proust, en passant par le théâtre du XVIIIe siècle, André Chénier, Isabelle de Charrière ou Zola, les questions posées relèvent d'une éminente actualité : comment articuler valeurs morales et valeurs financières, économie domestique et marchés spéculatifs ? Comment juguler la marchandisation de l'humain et de ses affects ? Comment gérer le commerce des biens culturels et symboliques ? Comment mettre en spectacle la vente de la chair - celle de l'esclave ou de la prostituée ? Dans les regards croisés qui s'échangent ainsi entre théories et fictions, il apparaît que la parole littéraire avait déjà mis en place, depuis plusieurs siècles, des sensibilités et des savoirs qui sont aujourd'hui encore largement en avance sur la discipline économique qui guide - souvent en aveugle et peut-être vers l'abîme - le destin de nos sociétés.
Résumé : En marge de la dramaturgie réglée, l'allégorie à l'âge classique exhibe son voile d'ignorance, jouant des sens cachés pour se saisir de la philosophie politique. Exploitant sa matérialité scénique, elle place dans l'ère du soupçon un espace public structuré par la représentation.
Garcia-Baquero Gonzalez Antoni ; Bennassar Bartolo
Dès la découverte du Nouveau Monde, un intense trafic s'instaura entre les possessions européennes et les royaumes d'outre-mer du souverain des Espagnes. Il reçut le nom de Carrera de Indias : la Route des Indes occidentales, c'est-à-dire des Amériques. Ainsi naissait un réseau d'échanges aux dimensions de la planète, archétype de tous les systèmes économiques mondiaux ultérieurs : escortées par les galions, ses flottes transportaient par-delà l'Océan commerçants, aventuriers, militaires et missionnaires, épices, étoffes, armes, alcools, cuirs, perles, or et argent surtout, mais esclaves aussi. Mettant en rapport les hommes, les cultures et les denrées d'Europe, d'Afrique et d'Amérique, la Carrera de Indias fut un phénomène fondateur du monde moderne, que les esprits drapèrent du prestige du mythe. Ce livre en offre la première synthèse générale. Il fait le tableau des trois siècles du monopole espagnol, exercé depuis Séville d'abord et Cadix ensuite. Depuis l'aube du XVIe siècle jusqu'au crépuscule du XVIIIe ce trafic est envisagé dans ses aspects juridiques, administratifs et financiers, mais aussi dans son déroulement réel, à travers tempêtes, guerres, piraterie, variant au gré des progrès techniques et des vicissitudes économiques. Au fil de l'analyse se révèle la réalité d'une entreprise prodigieuse, compromis instable entre prétentions royales, ambitions négociantes, avidités étrangères et astreintes naturelles, ranimée sans relâche par les illusions fascinantes des imaginations éblouies.