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Revue d'histoire maritime N° 22-23 : L'économie de la guerre navale, de l'Antiquité au XXe siècle
Plouviez David
SUP
40,00 €
Épuisé
EAN :9791023105681
Depuis la parution en 1989 du célèbre ouvrage de John Brewer, The Sinews of Power, l'analyse de l'économie de la guerre navale est très présente chez les historiens britanniques. A travers ce numéro double, la Revue d'histoire maritime souhaite qu'elle prenne bonne place dans l'historiographie française. Le dossier présente ainsi tour à tour comment la piraterie de l'époque hellénistique doit être comprise comme une activité de prédation maritime et non pas seulement analysée en termes de guerre sur mer, quelles contraintes financières et quels enjeux politico-économiques ont présidé à l'activité navale fatimide en Egypte, ou bien encore comment le Parlement français, au début de la Troisième République, n'a cessé de chercher à imposer à la Marine son contrôle, notamment financier, par l'intermédiaire des budgets. Six études, qui accompagnent le dossier, composent la rubrique Varia : les marins hollandais et la navigation en Méditerranée au XVIIIe siècle ; la Méditerranée des chansons de marins de l'Europe du Nord-Ouest à l'époque moderne ; les officiers de marine britanniques et la Méditerranée au XIXe siècle : un regard intime et singulier ; naviguer en Normandie littorale vers 1660 ; de l'Ancien Régime au Premier Empire : les officiers et les équipages de la marine militaire française ; la Grande Guerre sur mer : la Marine et les marins en guerre.
Résumé : Associer Nantes à la guerre de course au XVIIIe siècle a de quoi surprendre tant la ville et son port ont bâti leur richesse sur la traite négrière et le commerce des denrées coloniales, le sucre notamment. Toutefois, la révolte de Saint Domingue le 22 août 1791 et, surtout, les déclarations de guerre successives de 1793, d'abord à la Grande Bretagne et aux Provinces-Unies le 1er février, puis à l'Espagne le 7 mars, rebattent les cartes commerciales et contraignent les milieux économiques nantais à s'adapter à cette nouvelle conjoncture. Faute de pouvoir commercer facilement dans l'Atlantique et sur les eaux européennes, l'armement en course représente une alternative risquée mais potentiellement lucrative à laquelle les Nantais s'adonnent en grand nombre, faisant de la ville la première place corsaire en 1797 et la seconde en 1798, derrière Dunkerque, avant l'éclatement de cette bulle spéculative marqué par une vague de faillites sans précédent pour la ville au cours de l'an VII. A partir d'une exploitation systématique et renouvelée des archives relatives à la guerre de course à Nantes pendant la Révolution, l'objectif de cet ouvrage est de faire la lumière sur un phénomène de courte durée mais dont l'impact économique et financier a été très important pour la ville et l'estuaire de la Loire. Derrière quelques figures emblématiques, tel l'armateur Félix Cossin qui parvient à asseoir fortune et élévation sociale grâce à une série de prises très rémunératrices, la guerre de course conserve sa réputation de loterie et fait une majorité de malchanceux, à Nantes comme ailleurs. Pourtant, au-delà des armateurs et actionnaires bénéficiaires ou non, l'activité corsaire a représenté un moteur et a entraîné dans son sillage de nombreux secteurs d'activité telles que les entreprises de construction et réparation navales ou les métiers liés à l'avitaillement et au convoyage sur le fleuve, autant d'éléments invitant à reconsidérer le dynamisme des ports français au cours de la Révolution.
Concevoir une marine de guerre impose la démesure. Ainsi s'exprime David Plouviez dont l'entreprise présente la même ampleur impressionnante. En effet, ses travaux publiés aujourd'hui portent sur tes logiques de fonctionnement des réseaux d'approvisionnements de la marine militaire française au XVIIIe siècle, modalités indispensables à l'élaboration d'un outil naval performant dont l'objectif tend à la maîtrise des mers. Ce choix ambitieux, au pari réussi, place David Plouviez au plus haut niveau de cette jeune génération de chercheurs qui s'emparent allègrement de l'histoire, à la connexion de plusieurs domaines de recherche. L'histoire de la construction et de l'administration de l'Etat croise inévitablement l'économie de marché, l'histoire des techniques et celle de la marine. Avant de fendre les flots sous l'autorité de son commandant et de devenir une affaire de marins, le navire de guerre est une affaire de terriens. L'auteur en donne pour preuve, avec un sens certain de la mise en scène, cet inventaire à la Prévert que constitue la liste des pièces et objets nécessaires à la mise en oeuvre du navire de guerre. Le colossal volume, l'énormité des masses de matières premières et d'objets manufacturés forment l'entrée en matière d'un sujet essentiel à l'histoire de la marine d'Etat et de sa relation avec l'économie privée au cours du XVIIIe siècle. Martine ACERRA .
La recherche en histoire maritime et navale a connu un renouvellement de grande ampleur à partir des années 1970, et parmi les chantiers les plus novateurs figure celui des marines de guerre. Martine Acerra a apporté une contribution fondamentale à cette rupture historiographique permettant, avec d'autres chercheurs, de rompre avec une lecture nationale, voire nationaliste, de l'histoire des flottes européennes forgée essentiellement au XIXe siècle et très peu révisée depuis. D'une histoire articulée autour des grandes batailles et des figures héroïques, un puissant mouvement s'est engagé pour appréhender les enjeux politiques, économiques, sociaux, techniques et culturels de la construction et de l'entretien des marines de guerre. Si l'histoire universitaire a bénéficié de ce recentrement thématique, cette nouvelle façon d'appréhender la mer a également permis d'accompagner la patrimonialisation des héritages maritimes qui débute à la même période. Aussi, tout en rendant hommage à l'apport de Martine Acerra, cet ouvrage a l'ambition de montrer la vitalité de l'histoire maritime et navale qui poursuit sa mue épistémologique et thématique à travers l'ouverture de nouveaux chantiers.
Tabeaud Martine ; Browaeys Xavier ; des Gachons An
Des centaines d'aquarelles. Un seul et même motif : le ciel de la Champagne. André des Gachons (1871-1951), artiste peintre, météorologue bénévole, a saisi presque chaque jour, pendant près de quarante ans, des instantanés du paysage céleste. Il les a associés à des relevés météorologiques. A l'état de l'air, il a ajouté un tableau du ciel, dont les couleurs et les formes changeantes devaient permettre de prévoir le temps du lendemain. Au temps de la Grande Guerre, ces oeuvres sont des documents de premier ordre, lorsqu'on les met en regard des témoignages des soldats et des officiers, qui étaient dans la boue des tranchées, les nacelles des ballons, à bord des avions ou derrière les canons. La "météo" était l'une de leurs préoccupations quotidiennes. Chaque jour, André des Gachons a donné des couleurs au temps. Il nous a laissé des ciels de Champagne qui entrent ainsi dans l'histoire de la guerre 1914-1918.