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Tchevengour
Platonov Andreï
GINKGO
24,00 €
Épuisé
EAN :9782846794916
Alexandre Dvanov, le fils d'un pêcheur noyé pour avoir cherché à savoir ce qui se trouve au fond d'un lac et de l'autre côté de la mort, est recueilli par le brave Zakhar Pavlovitch. Devenu adulte quand éclate la Révolution, il est envoyé par le pouvoir local à travers les steppes de la province pour voir comment vivent les masses et si elles se sont organisées socialement. Il y fait la rencontre du fougueux Kopenkine qui, sur sa fidèle monture nommée Force du Prolétariat et guidé par l'image de sa dulcinée Rosa Luxemburg, parcourt la Russie pour imposer le communisme à la pointe de l'épée. Ensemble ils parviendront à la ville de Tchevengour, là où la bourgeoisie a été éradiquée, là où le socialisme peut enfin se réaliser et le soleil briller sur tous les hommes.À la fois épopée tragi-comique du communisme et fable envoûtante et intemporelle qui se hisse à la hauteur de la légende, Tchevengour fut immédiatement refusé en 1929 par la censure soviétique. Platonov se tourna vers Gorki qui lui écrivit : " Vous êtes sans conteste un homme de talent, et votre langue est tout à fait originale. Mais malgré toutes ces qualités indiscutables je ne pense néanmoins pas que vous serez édité. L'obstacle, c'est votre mentalité anarchiste, qui est visiblement partie consubstantielle de votre esprit. "Interdit jusqu'aux dernières années de l'Union soviétique, publié en Occident vingt ans après la mort de son auteur, "Tchevengour" est à l'image du Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov ou de Vie et destin de Vassili Grossman un des plus grands romans maudits de la littérature soviétique et un des plus grands du XXe siècle. Initialement parue en 1972, la traduction de Cécile Odartchenko rendait toute la sombre poésie de cette ouvre sans pareille mais avait été réalisée d'après un manuscrit tronqué. Elle est ici complétée par la traductrice elle-même de ses parties manquantes, et notamment de cette première partie que Pier Paolo Pasolini considérait comme " l'une des choses les plus belles de la littérature russe ".À PROPOS DE L'AUTEURAndreï Platonov, de son vrai nom Andreï Klimentov, est un écrivain russe de la période soviétique né le 20 août 1899 (1er septembre dans le calendrier grégorien) à Voronej et mort le 5 janvier 1951 à Moscou. Son ouvre majeure, Tchevengour (1929), long roman de l'utopie de la construction du socialisme, est restée inédite en Union soviétique jusqu'en 1972, où eut lieu une publication fragmentaire, puis en 1988, pour une publication fidèle au manuscrit original.
Simon lui-même écoutait avec intérêt ses propres histoires, et même si, pour de vrai, il n'avait pas de maison en fer et qu'il n'était pas tsar pour les loups la nuit, en réalité, il était content de ses affabulations. La bouche ouverte, oubliant de cligner des yeux, les frères regardaient Simon comme un homme supérieur et terrible." Tels les petits frères de Simon, les lecteurs se laissent entraîner par ces contes de la vie d'Andreï Platonov et sillonnent avec lui sa "Patrie de l'enfance", étrangement familière.
Résumé : "Andréi Platonov est l'une des plus fortes personnalités russes des "années 20". Ses écrits sont nés d'une ironie robuste dont la satire résonne, aujourd'hui encore, de toute sa force. Ils s'approfondissent d'année en année pour atteindre, en 1933 (avec Un vent d'immondices que nous présentons ici), une vision proprement beckettienne avant la lettre, mais d'un Beckett dont les fins de partie conserveraient une parcelle de lumière, une humble ouverture sur l'avenir. Plus tard, dans Le Violon et dans Oulia c'est le bizarre qui prédominera. Par des moyens en apparence frustes parce qu'il saisit le bref instant de la naissance de la pensée et de sa transformation immédiate en acte, il transmet un sentiment cosmique de la vie interne, organique, du corps humain, qui est une extraordinaire levée de tabous, et débouche Au plus précieux de l'homme (c'est le titre de l'une des nouvelles), à ce qu'il a d'unique. Et puis, Platonov n'écrit pas avec de l'encre : sa poigne énergique et bienveillante pétrit une argile où se mêlent inextricablement les sillons des peines et les ravinelles du rire." Lily Denis.
Nazar Tchagataïev, fils d'un soldat russe et d'une femme du peuple djann, a été rejeté par sa mère qui l'a envoyé à l'étranger. A la fin de ses études, il est chargé d'une mission par Moscou : retourner en Asie centrale vers ce peuple mystérieux dont il est issu, le sauver de sa misère et l'amener vers le nouvel idéal communiste. Bien sûr le peuple Djann n'a jamais existé. Ne le cherchez pas dans les atlas ethnographiques. Et ne cherchez pas de civilisation "djann" dans les salines infernales de la fosse de Sary-Kamych. Ce trou inhabitable, effondrement du sol en plein désert, entre l'Iran et la mer d'Aral n'a été choisi par Platonov que parce qu'il est un des points les plus arides, les plus infernaux de notre terre. Ce peuple minuscule, hétéroclite, plus mort que vif, qui erre à travers l'immense désert torride et sulfureux, ce peuple d'âmes (djann en persan est à la fois la vie et l'esprit), c'est le peuple des déshérités de la terre cherchant l'éternelle et toujours fuyante Terre Promise. Avec Djann, d'abord interdit puis mutilé par la censure, Platonov a signé une oeuvre incomparable qui est à la fois roman soviétique et parabole biblique. Cinquante ans après sa parution en 1972 et ici suivie d'une nouvelle étude par Georges Nivat, sa première traduction française a été complétée par Lucile Nivat et Djann est enfin de nouveau accessible dans son intégralité.
Un trentenaire, après des années de formation et de vaines tentatives, trouve enfin un emploi auprès d'un laboratoire public. L'unique tâche qui lui est confiée étant de vérifier le matériel livré chaque matin.Ses journées se passent ainsi, dans la contemplation du vide. Pour tromper l'ennui, il déambule dans le bâtiment et ouvre le placard n° 13. Là, il trouve des dossiers stupéfiants sur les «symptomatiques», cohorte étrange où se mêlent un «hibernaute» qui a dormi 172 jours, un Pinocchio dont le doigt de bois - une prothèse - reprend chair et sang, un néo-hermaphrodite capable de se reproduire seul et quelques buveurs de pétrole et mangeurs d'acier. Mais le placard n° 13, qui accueille ces cas délirants, est surtout la boîte de Pandore du monde à venir. Les symptomatiques sont les pantins perdus qui font face à la réalité de notre monde.Peinture incisive de notre société, satire féroce, Le Placard s'inscrit dans la lignée des Temps Modernes de Chaplin. Drôle et mordant, mariant avec talent dérision, humour et tendresse, Kim Un-su donne au narrateur une distance particulière. On pensera aussi à Céline, peut-être et surtout à Voltaire et son Candide.Kim Un-su est né en 1972 à Busan, Corée du sud. Après des études de littérature coréenne à l'université Kyung Hee, il publie en 2003 son premier roman Quitter Vendredi, remarqué par la critique. En 2006 avec Le Placard il est le lauréat du prix Munhakdongne. Son dernier roman Les planificateurs a été publié en 2010.
Extrait En ce vingt-huit avril deux mille, à quatre heures de l'après-midi, le ciel s'était tellement assombri qu'on aurait dit qu'il faisait déjà nuit, comme pendant une éclipse, une panne de l'univers. L'orage se faisait attendre comme une diva. La foule regardait passer tous ces gens célèbres, tous ces artistes à lunettes noires qui se pressaient maladroitement dans ce cimetière comme d'étranges aveugles qui cachent leurs larmes ou leur indifférence. De belles dames en hauts talons trébuchaient sur les vieux pavés du Père-Lachaise; tels des flamants roses en deuil. Toute cette troupe bringuebalante suivait un corbillard de luxe, Cadillac amortie, douce, silencieuse, et qui emmenait une des plus jolies, des plus jeunes et des plus prometteuses actrices du cinéma français, vers le trou béant de l'éternité, pour une place au box-office éternel. Oh ! il en avait vus d'autres sur ses vieux pavés le Père-Lachaise, lui, le cinq étoiles de la mort, depuis qu'on avait enterré une petite fille de cinq ans en 1804, et que tout ce qui était mort de plus célèbre après l'avait suivie... Elle était morte dans son sommeil, sans aucune raison, la veille ; et le médecin légiste qui avait autopsié ce corps superbe en transpirant comme s'il avait touché le corps de Cléopâtre, n'avait rien trouvé qui eût pu expliquer ce décès ; une autopsie blanche selon le jargon de la profession. Elle était morte comme Ophélie, en pleine jeunesse et en pleine beauté; elle allait descendre la rivière entourée des larmes d'Hamlet et d'un public avide d'histoires vécues. Au moment de l'inhumation, le cercle des proches ne comportait que des gens de cinéma : producteurs, metteurs en scène, acteurs, attachés de presse, envoyés spéciaux dont la spécialité était surtout de prendre en photo les larmes des vivants et le sourire des morts. Le cimetière se vida par petits groupes de simples promeneurs dans cette jolie petite ville où les maisons ne sont que les lotissements de la mort. Bientôt tous les journaux et les magazines évoquant le décès de Simone Vitelli se retrouveraient chez les coiffeurs et dans les salles d'attente des dentistes pour quelques mois encore; puis d'autres stars, d'autres drames les remplaceraient et la star se chiffonnera comme une poupée de papier, figée dans son sourire, au Festival de Cannes de l'année d'avant... avant...
Roman à trois voix, "Exils africains" évoque de manière saisissante l'univers colonial tel que le vivent les trois protagonistes. Sandro Romano-Livi, le juif italien, qui quitta son île méditerranéenne, à destination du Congo belge et qui nous entraîne dans la région du Katanga et des Grands Lacs à la découverte de cette Afrique coloniale et de ses populations. Florence Simpson, sa fiancée anglicane, ayant grandi en Rhodésie du Sud (le Zimbabwe d'aujourd'hui). Elle nous parle de son enfance et de son mariage avec Sandro, de la naissance de leurs deux filles, Astrid et Dalia. Mais aussi de leur nouvelle vie en Italie après les sanglants événements survenus au Congo, après l'Indépendance. Elle et son mari auront ainsi vécu un double exil. Enfin, la parole est donnée à David-Kanza (Daviko), l'enfant métis que le meilleur ami de Sandro a eu avec une Congolaise, et que Sandro adoptera. Chacune de ces voix, avec délicatesse mais réalisme nous livre sa vision de l'Afrique coloniale et nous questionne sur les blessures de l'exil.
Une histoire basée sur des faits réels, sur fond de lutte pour l'indépendance au Rwanda et au Burundi, sur la décolonisation et sur l'atmosphère du Rwanda-Burundi à la veille du chaos.