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La ville de Villegrad
Platonov Andreï
GALLIMARD
17,04 €
Épuisé
EAN :9782070277964
Andréi Platonov est l'une des plus fortes personnalités russes des "années 20". Ses écrits sont nés d'une ironie robuste dont la satire résonne, aujourd'hui encore, de toute sa force. Ils s'approfondissent d'année en année pour atteindre, en 1933 (avec Un vent d'immondices que nous présentons ici), une vision proprement beckettienne avant la lettre, mais d'un Beckett dont les fins de partie conserveraient une parcelle de lumière, une humble ouverture sur l'avenir. Plus tard, dans Le Violon et dans Oulia c'est le bizarre qui prédominera. Par des moyens en apparence frustes parce qu'il saisit le bref instant de la naissance de la pensée et de sa transformation immédiate en acte, il transmet un sentiment cosmique de la vie interne, organique, du corps humain, qui est une extraordinaire levée de tabous, et débouche Au plus précieux de l'homme (c'est le titre de l'une des nouvelles), à ce qu'il a d'unique. Et puis, Platonov n'écrit pas avec de l'encre : sa poigne énergique et bienveillante pétrit une argile où se mêlent inextricablement les sillons des peines et les ravinelles du rire." Lily Denis.
Résumé : Le Chantier est l'?uvre la plus incisive de Platonov. Dix ans après la fin de Tchevengour, les gueux qui se rêvaient bâtisseurs du communisme creusent interminablement les fondations de la " maison de tous les prolétaires ", tandis qu'engraisse le pouvoir anonyme personnalisé par les apparatchiks. Le monde nouveau apparaît ici sous un jour terrible et grotesque. Ecrit entre décembre 1929 et avril 1930, Le Chantier est publié pour la première fois aujourd'hui d'après un texte rétabli dans son intégralité et son originalité. En 1933, à la suite d'une colère de Staline, les écrits d'Andreï Platonov sont confisqués. Soixante ans plus tard sont ouvertes les archives littéraires du KGB. On y découvre Roman technique, une ?uvre inconnue de tous. Burlesque et tragique, Roman technique, bien qu'inachevé, s'ancre très solidement dans l'?uvre de Platonov. En quelques scènes prémonitoires y sont croquées la mort de la révolution et celle du grand espoir universel. Une ironie féroce, de saisissants éclairs de poésie et de violente stylistique, un propos de visionnaire donnent à Platonov une dimension et une portée universelles.
Résumé : "D'Andréi Platonov a déjà été publié un recueil de nouvelles qui couvrait presque toute sa période créatrice (1921-1950) : La ville de Villegrad. Dans la trame des jours, en pleine pâte des êtres, à l'extrême de la simplicité et souvent aussi du dénuement, Platonov nous révélait "le plus précieux de l'homme", une fable de l'humain et des objets, où la vie et la poussière s'entremêlent pour déboucher sur la confiance, la bonté et la clarté d'un lyrisme dont la littérature n'offre pas d'autre exemple. Voici un second recueil. On y retrouvera les mêmes sujets d'émerveillement. Des histoires presque toutes candides : un moineau se laisse emporter par la tempête (L'amour du pays), un soldat revient de guerre (Le retour), une jeune femme amoureuse fait rappeler son mari de mission sous un faux prétexte (Fro). Une exception : la mésaventure d'un ingénieur anglais décollé par Pierre l ?? en personne pour avoir échoué dans ses travaux (Les écluses d'Epiphane). Douleurs et joies à bas bruit, brins d'herbe, miettes de vie, miettes de mort, mort-objet, objet-chair, corps obstinés à vivre. A travers les tribulations de ses héros, chaque nouvelle est une offrande à la nature et une affirmation de l'être, à la fois sobre et baroque". Lily Denis.
Simon lui-même écoutait avec intérêt ses propres histoires, et même si, pour de vrai, il n'avait pas de maison en fer et qu'il n'était pas tsar pour les loups la nuit, en réalité, il était content de ses affabulations. La bouche ouverte, oubliant de cligner des yeux, les frères regardaient Simon comme un homme supérieur et terrible." Tels les petits frères de Simon, les lecteurs se laissent entraîner par ces contes de la vie d'Andreï Platonov et sillonnent avec lui sa "Patrie de l'enfance", étrangement familière.
Aujourd'hui promu au rang des grands classiques russes, Andreï Platonov, né en 1899, mort en 1951, fut, de son vivant, un pestiféré. Visionnaire, critique féroce, humoriste désespéré, il a créé une langue profondément singulière, qui le place parmi les plus grands écrivains de notre siècle. La jeune Moscou est l'enfant de la révolution : orpheline, elle n'a ni père ni mère et ne possède aucun souvenir de son passé. Convaincue des bienfaits du socialisme, elle se donne tout entière pour participer à l'édification du bonheur collectif. Libre, sensuelle, héroïque, entourée de l'élite des "Jeunes constructeurs de l'avenir", elle les séduit tous, mais refuse de n'en aimer qu'un alors que la Russie entière l'attend - l'amour n'est pas communiste, et le bonheur personnel est une atteinte au bonheur collectif.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.