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Koukou, le royaume enfoui. Enquête sur les relations entre Europe et Islam (XVIe-XVIIe siècle)
Planas Natividad ; Paraire Philippe
FAYARD
24,10 €
Épuisé
EAN :9782213722399
Au XVIe siècle et au début du XVIIe, dans la province ottomane d'Alger, les bel Cadi gouvernent un territoire situé dans le massif du Djurdjura, appelé royaume de Koukou. En fréquents conflits avec les autorités du pays, ils s'allient aux Habsbourg d'Espagne pour fragiliser la présence ottomane au Maghreb, entretenant de véritables relations diplomatiques avec la monarchie hispanique pendant quasiment un siècle. Les liens entre Koukou et l'Europe ont été oubliés, ou plutôt enfouis, par l'historiographie coloniale française, pour imposer de l'intérieur de l'Algérie l'image d'une région déconnectée du monde. Revenant aux sources de cette histoire, Natividad Planas mène une enquête inédite où l'on croise une foule dense constituée de rois, reines, pachas, ambassadeurs, "courriers" , vice-rois, marins, religieux, renégats, esclaves, gens de Koukou, de Majorque et de Castille. Elle restitue ainsi le dynamisme des sociétés rurales du Maghreb, activement investies dans les enjeux politiques de leur temps et la profondeur des relations transméditerranéennes. Notre connaissance des relations entre Europe et Islam à l'époque moderne s'en trouve bouleversée, par-delà les lieux communs sur les affrontements militaires et les conflits religieux. Natividad Planas est maîtresse de conférences à l'université Clermont Auvergne et spécialiste de l'Espagne à l'époque moderne. Les sociétés de frontière, les médiations, la diplomatie transconfessionnelle ainsi que les migrations de part et d'autre de la Méditerranée sont au coeur de ses recherches.
Sur la scène contemporaine, tant théâtrale que musicale, s'inventent de nouvelles relations, de type dialogique, entre la musique et le théâtre. Celles-ci n'ont rien de fusionnel et ne s'inscrivent pas véritablement dans les genres constitués que sont l'opéra ou la comédie musicale. On parle alors de "musicalité" de la mise en scène ou des textes et de "théâtralité" de la musique et de l'interprétation musicale. C'est principalement autour de ces deux concepts que se déploie une analyse de l'attirance réciproque entre théâtre et musique, qu'elle s'exprime dans la pulsion ou débouche sur une véritable modélisation. Dans une perspective pluridisciplinaire, associant des chercheurs en littérature, études théâtrales et musicologie, ainsi que des artistes, cet ouvrage s'attache à décrire, identifier, explorer l'ensemble de ces relations et à en esquisser la généalogie.
Au moment ou se crée un espace européen sans frontières intérieures, au sein d'un monde globalisé, il est temps de renouveler l'histoire des confins en les considérant comme des espaces vécus et non plus seulement comme des lieux de construction des Etats. Cet ouvrage aborde la question des sociétés de frontière à l'âge moderne dans la complexité des mécanismes sociaux et politiques liés à la force des connexions transfrontalières. Portant une attention particulière aux tensions qui s'exercent dans les sociétés en contact, il remet en cause l'idée selon laquelle la cohésion sociale découlerait essentiellement d'une opposition à un ennemi extérieur. Véritables fabriques de lien social, les sociétés de frontière donnent ici lieu à une réflexion sur le rapport entre conflits intérieurs, violences exogènes et dynamiques sociales, ce qui permet de mieux comprendre les formes de voisinage hostile dans les sociétés d'Ancien Régime.
A la suite de Théâtre et Politique I, qui s'attache aux modèles dominants historiques et actuels du théâtre politique ainsi qu'à ses conceptualisations philosophiques pour en révéler à la fois les apports et les limites, Théâtre et Politique II propose un ensemble de critères esthétiques susceptibles de caractériser un véritable théâtre politique contemporain : cet art travaille avant tout à être dialogique, critique, expérimental, philosophique et utopico-fantasmatique au coeur de ses quatre activités définitoires que sont le jeu de l'auteur, le jeu du metteur en scène, le jeu de l'acteur et le jeu du spectateur. En confrontant ces cinq critères fondamentaux de politicité à des analyses d'oeuvres dramatiques, de spectacles et de pratiques, cet essai montre qu'un questionnement émancipateur peut s'inventer dans le théâtre d'aujourd'hui et de demain.
Carnages. Des millions de morts dont le décompte pourrait avoisiner celui des victimes de toutes les guerres depuis 1945. Qui en parle? Qui s?intéresse à ces « carnages incompréhensibles »? Rwanda, Kivu, Sud-Soudan, Somalie, Darfour? Invoquer la folie des hommes ne fournit aucune clé d?interprétation; et l?on ne peut pas se contenter de regarder l?Afrique sous le seul angle des Droits de l?homme ou de la Françafrique.Étonnamment, ces conflits majeurs n?ont jamais été appréhendés dans leur globalité. Qui ont été les soutiens, voire les promoteurs de toutes ces guerres? Quels intérêts ont-elles servis? À contre-courant de tout ce qui s?écrit sur l?Afrique, Pierre Péan expose les logiques stratégiques qui visent à remodeler l?Afrique, et dont les « dégâts collatéraux » ont été d?une ampleur inédite et tragique.Il nous révèle ainsi les dessous du Grand Jeu africain des puissances occidentales et les affrontements feutrés entre elles. Après la chute du mur de Berlin, les États-Unis, aidés notamment de la Grande-Bretagne et d?Israël, ont décidé d?étendre leurs aires d?influence sur le continent africain, en réduisant notamment le pré carré français. L?instauration du nouvel ordre mondial y a été d?autant plus profonde que l?Afrique est devenue un des principaux terrains du « choc des civilisations » qui a installé, avant le 11-Septembre, l?Est africain dans l?espace conflictuel du Proche-Orient. Les regards braqués sur le Grand Moyen-Orient n?ont pas vu que le Soudan était devenu pour Israël et pour les États-Unis un pays potentiellement aussi dangereux que l?Iran: il fallait donc « contenir » et diviser le plus grand pays d?Afrique.Les États-Unis, le Royaume-Uni, Israël, la France, le Canada, la Belgique et plus récemment la Chine ont été les belligérants fantômes de ce conflit. Il est temps que l?on tire au clair les responsabilités des uns et des autres. Pierre Péan est écrivain et enquêteur. On lui doit notamment Une jeunesse française: François Mitterrand (Fayard, 1994), La Face cachée du Monde (avec Philippe Cohen, Mille et une nuits, 2003); Noires fureurs, blancs menteurs (Mille et une nuits, 2005), Le Monde selon K (Fayard, 2009).
Josy Eisenberg est rabbin et anime "A bible ouverte" et "La source de vie" sur France 2. Il a notamment publié Le Judaïsme pour les nuls (First, 2009). Adin Steinsaltz, rabbin et mathématicien, a reçu le prix Israël pour son commentaire des deux Talmuds.
La Hatha-yoga Pradîpikâ, ou « petite lampe du Hatha-yoga », est l'un des plus complets traités consacrés à cette science millénaire qui nous soit parvenu. Il est attribué à un célèbre yogin du Xe siècle qui l'aurait popularisé sur tout le continent indien. Selon la tradition hindoue, celui qui le pratique parvient par une méthode pratique et violente (hatha = force) à la libération spirituelle recherchée par toutes les voies indiennes. Cette discipline repose sur le principe, reconnu depuis l'antiquité védique, de la correspondance de l'univers et du corps. Elle comporte un certain nombre de techniques, dont les fameuses « postures » (âsana), le « rassemblement des souffles » (pranayana) et les sceaux (mudrâ) qui permettent d'apprendre à maîtriser les énergies du corps et de l'esprit. La traduction de ce traité est précédée d'une étude de Tara Michaël qui montre l'importance des différentes formes de yoga dans les traditions shivaïte et tantrique. Elle est accompagnée d'une traduction du commentaire sanskrit qui l'explicite, « Clair de lune » par Brahmânanda.
Le nouveau monde de l'oncle Henry La fin de la guerre froide semblait déboucher sur un monde simplifié: au centre, une Amérique victorieuse et sans rivale, seule superpuissance capable de dicter son ordre mondial et de diffuser partout son mode de vie et ses valeurs. La magistrale leçon d'histoire et de diplomatie d'Henry Kissinger détruit cette illusion: l'Amérique, prévient celui qui a inspiré pendant près de dix ans sa politique étrangère, va devoir réformer profondément sa vision du monde et ses méthodes d'action, sous peine de se réfugier à nouveau dans un isolationnisme aussi dangereux qu'illusoire. Il lui faudra évoluer dans un système complexe d'équilibre des forces, une notion avec laquelle elle est justement en "délicatesse". Cette révision déchirante concerne d'abord le rêve américain de sécurité collective: incarné pendant près d'un siècle par Woodrow Wilson, l'architecte de la paix de Versailles, il se nourrit de grands principes (l'autodétermination), de volonté de coopération, de partage des valeurs (américaines) et du respect du droit international. Cette doctrine prenait le contre-pied d'une conception européenne qui avait dominé les affaires internationales pendant près de trois siècles avant de s'effondrer. Richelieu, Metternich et Bismarck avaient inventé les concepts d'Etat-nation et de souveraineté, dans un équilibre où chacun, toujours prêt au conflit, se déterminait selon son intérêt national et sa marge de manoeuvre. Or la doctrine wilsonienne n'est plus pertinente, et le nouvel ordre "ressemblera davantage aux systèmes étatiques des xviiie et xixe siècles qu'aux schémas rigides de la guerre froide". Il comprendra cinq ou six grandes puissances - les États-Unis, la Chine, la Russie, le Japon, l'Europe (si elle est unie) et peut-être l'Inde -, entre lesquelles s'établira un jeu mouvant. Et l'ancien conseiller des princes conclut sa grande fresque en suggérant à Bill Clinton de s'intéresser "au style de Bismarck". Les solutions les plus inventives, affirme-t-il, consisteront à "construire des structures mixtes, en chevauchement", fondées sur des principes, des préoccupations de sécurité, ou des intérêts économiques communs. Mais le rodage de ce système, dit-il, "prendra sans doute plusieurs décennies"... --Vincent Giret--