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C'est moi qui éteins les lumières
Pirzâd Zoyâ ; Balaÿ Christophe
ZULMA
10,95 €
Épuisé
EAN :9782843046421
Dans un quartier préservé d?Abadan, Clarisse, l?épouse et mère de famille à travers qui l?histoire sedéploie, est une femme d?une profonde humanité, intelligente, d?une simplicité de coeur qui nous larend spontanément attachante. Par ses yeux, on observe le petit cercle qui se presse autour dufoyer: un mari ingénieur à la raffinerie, fervent de jeu d?échecs et de politique, les deux filles,adorables et malicieuses jumelles, Armène, le fils vénéré en pleine crise d?adolescence, et la vieillemère enfin qui règne sur la mémoire familiale. Pourtant la très modeste Clarisse, cuisinière éprouvée qui se dévoue sans compter pour les siens, va bientôt révéler sa nature de personnage tchekhovien, au romanesque d?autant plus désarmant qu?il se montre on ne peut plus retenu. De nouveaux voisins se manifestent en effet, une famille arménienne débarquée de Téhéran qui va très vite bouleverser l?équilibre affectif de notre femme invisible. Tout l?art de Zoyâ Pirzâd est de brosser à petites touches impressionnistes d?une grande justesse visuelle le portrait d?une société patriarcale scellée par les usages et traditions des femmes. Et de restituer la réalité de la vie des Arméniens d?Iran pris dans l?ambiance plus vaste d?un pays d?accueil, cette Perse à la fois moderne et antique dont ce beau et fort roman dévoile pour nous la complexité culturelle et sociale.
Un bassin, des massifs de roses et un plaqueminier donnent de quoi faire au jardinier d'une vieille dame qui, depuis la mort de son mari, se sent très seule et en danger dans sa grande maison au coeur de la ville. Les fleurs donnent des fruits, les kakis mûrissent et elle ne se prive pas d'en offrir, notamment à son locataire. Des liens subtils se tissent entre eux, que vient troubler l'apparition d'une fiancée...
Des femmes, dans leurs intérieurs, sous des apparences calmes, dans des senteurs de plats traditionnels et de fleurs exotiques, négocient le réel en virages serrés. Comme autant de fenêtres ouvertes sur le monde - un monde, si loin, si proche du nôtre - Zoyâ Pirzâd donne à voir des scènes de la vie quotidienne dont la complexité se révèle grâce à une observation attentive. Par touches légères et prégnantes, affleure en filigrane un constat discret mais audacieux sur la condition féminine, voire le joug politique pesant sur la société iranienne. Comme dans le cinéma d'Abbas Kiarostami, le romanesque annexe la réalité, la liberté de l'auteur se porte garante d'une authenticité nourrie de fantaisie et de poésie. Que le fantastique s'invite ou pas dans ces scènes souvent familiales, il flotte sur Comme tous les après-midi un parfum de mystère étrange et pénétrant, un parfum inédit et pourtant immédiatement perceptible. C'est dans cette ambiguïté que réside la magie de cet univers à la lisière de la métaphysique, composé de textes brefs, d'une simplicité et d'une sobriété extrêmes, qui touchent au coeur malgré leur air de regarder ailleurs. Sous couvert de petites histoires faussement banales, Zoyâ Pirzâd épingle comme un papillon rare les expressions sensibles de la fuite du temps, perçant d'un seul regard doux et précis la fine pellicule couvrant la surface des choses.
Romancière, traductrice (Alice au Pays des merveilles, poésie japonaise?), nouvelliste hors pair, Zoyâ Pirzâd, née en 1952, fait partie des auteurs qui font sortir l?écriture persane de ses frontières et l?ouvrent sur le monde. Découverte et traduite pour la première fois en français par les éditions Zulma en 2007, elle a reçu en 2009 le prix Courrier international du meilleur livre étranger pour son recueil de nouvelles Le Goût âpre des kakis.
Un bassin, des massifs de roses et un plaqueminier donnent de quoi faire au jardinier d'une vieille dame qui, depuis la mort de son mari, se sent très seule et en danger dans sa grande maison au c?ur de la ville. Les fleurs donnent des fruits, les kakis mûrissent et elle ne se prive pas d?en offrir, notamment à son locataire. Des liens subtils se tissent entre eux, que vient troubler l?apparition d?une fiancée? Comme dans ses autres recueils de nouvelles, Zoyâ Pirzâd explore avec subtilité, lucidité, tendresse et une certaine nostalgie les chassés-croisés de la vie amoureuse.Kaléidoscope, facettes distinctes d?un même objet: le couple. Mais le couple en ses murs, fracassé aux parois de l?Iran d?aujourd?hui, écartelé entre modernité et tradition. Xavier Lapeyroux, Le Monde diplomatique.
Résumé : Mangalam Shubam ! Que le bonheur vous sourie. C'est ainsi que Basheer ponctue ses histoires, petits contes philosophiques murmurés à l'oreille du lecteur. Toujours bienveillant même quand il lève sur l'absurdité du monde un sourcil ironique, Basheer le sage charme la réalité comme d'autres font danser les serpents. Dans "Les Murs", le narrateur s'enchante d'une voix derrière l'infranchissable mur qui le sépare de la prison des femmes. Il y a des bastonnades et des humiliations, les dernières heures d'un condamné et un directeur de prison amateur de roses, mais de tout cela, Basheer fait un hymne à l'amour, à l'espoir, une leçon de bonheur et de sagesse.
Les Jango sont décidément impayables. On les reconnaît à leur élégance tape-à-l'oeil et à leur sens de la fête. Et ce sont les femmes qui mènent la danse, dans la Maison de la Mère, au coeur de toutes les rumeurs. Les histoires les plus folles courent d'ailleurs sur Safia, élevée au lait de hyène, Alam Gishi l'Ethiopienne experte en amour, ou l'inénarrable Wad Amouna. Lorsque soudain souffle le vent de la révolte... Dans les effluves de café grillé, de chicha parfumée et de gomme arabique, se joue une comédie humaine dont les Jango, "sages à la saison sèche et fous à la saison des pluies" sont les héros.
Souvent aux beaux jours, Agustína grimpe sur les hauteurs du village pour s'allonger dans le carré de rhubarbe sauvage, à méditer sur Dieu, la beauté des nombres, le chaos du monde et ses jambes de coton. C'est là, diton, qu'elle fut conçue, avant d'être confiée aux bons soins de la chère Nína, experte en confiture de rhubarbe, boudin de mouton et autres délices. Singulière, arrogante et tendre, Agustína ignore avec une dignité de chat les contingences de la vie, collectionne les lettres de sa mère partie aux antipodes à la poursuite des oiseaux migrateurs, chante en solo dans un groupe de rock et se découvre ange ou sirène sous le regard amoureux de Salomon. Mais Agustína fomente elle aussi un grand voyage : l'ascension de la "Montagne", huit cent quarante-quatre mètres dont elle compte bien venir à bout, armée de ses béquilles, pour enfin contempler le monde, vu d'en haut...