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Sentimentale et naïve. Nouveaux essais sur la poésie contemporaine
Pinson Jean-Claude
CHAMP VALLON
24,00 €
Épuisé
EAN :9782876733572
Prolongeant la perspective inaugurée dans Habiter en poète, ces nouveaux essais analysent les évolutions les plus récentes de la poésie à la lumière de l'idée de "poéthique". Replaçant dans la longue durée la question moderne de la poésie, ils tentent de discerner, dans le fouillis du contemporain, l'esquisse d'un chemin où elle demeurerait, après la critique de ses illusions, l'aiguillon d'une recherche de "l'exacte vitesse de vivre". Reprenant librement les catégories du "naïf" et du "sentimental" mises en avant par Schiller, méditant l'exemple de Leopardi, l'ouvrage essaie de penser comment la poésie pourrait nous aider à "faire le positif" ; comment, intempestive, elle pourrait irriguer le désert du nihilisme que l'époque voudrait nous imposer comme seul partage ; comment, par sa pensée critique inventant des allées imprévues dans la langue, elle pourrait être un des lieux essentiels où dessiner une habitation du monde soustraite, autant que faire se peut, aux logiques impériales de la marchandise, de l'image et de la performance. A la lumière de ces questions et de quelques autres (dont celle du lyrisme), sont abordées plus spécialement les ouvres, majeures, de Pierre Michon, Jude Stéfan, James Sacré et Dominique Fourcade.
A celui qui chaque jour marche le long d'une paisible rivière (ici l'Erdre nantaise), ne sied guère le ton trop sérieux du poète proférant des oracles. Le discours qu'on se tient à soi-même en marchant est plutôt un " laïus " familier. Et si on se laisse aller à le scander en vers, on tempère d'ironie sa propension à l'envolée lyrique. Sinueux, il se nourrit de tout et de rien : un banal déménagement, quelques mots de Mallarmé qui donnent à méditer, un rituel dépôt de chrysanthèmes, un jour de Toussaint, sur la tombe d'un aïeul. On se souvient aussi ; on rend hommage à ses dieux lares. Mais s'ils sont les dieux des ancêtres, ils sont également ceux de la ville et de ses carrefours. On parle donc de Nantes ; on en propose quelques vues ; on respire le parfum des magnolias de ses jardins. Et puis on s'en va vers la mer, qui jamais n'est très loin. On va enfin jusqu'en Chine se chercher de quoi faire un art poétique : Bo juyi, un poète des Tang, donne à l'auteur l'occasion de rêver d'une poésie qui ait assez de verve et d'élan lyrique pour espérer s'insinuer pour longtemps dans les c?urs.
Plutôt que d'en brosser simplement un panorama, l'objet de cet essai est de penser la poésie contemporaine, d'interroger le sens philosophique du nouveau paysage qui s'affirme aujourd'hui, de poser quelques-unes des questions essentielles de la modernité poétique : celle du sacré, celle de la littéralité, celle du sujet lyrique, notamment. La question qui les résume toutes, celle de l'habitation poétique, est au coeur de cet essai. Aussi s'attache-t-on à lire en priorité ce qui, chez les poètes d'aujourd'hui - Ponge, Bonnefoy, Jaccottet, Deguy, Réda... -, s'affirme de puissance à former une existence à la fois lyrique et éthique.
Où il est question d'une ronéo dans un garage. D'un palmier aperçu au milieu de jardins ouvriers. De copies à corriger. D'un moteur mis au point sous les pins. D'un port où les noms des bateaux de pêche forment comme un poème grandeur nature. D'un estuaire où le fleuve coule dans les deux sens. Où il est question d'habiter, au gré d'une poésie qu'on rêve lisible par beaucoup, une ville à la fois banale et singulière : Saint-Nazaire.
Que peut la littérature au regard de la catastrophe écologique qui menace ? Pas grand chose, dira-t-on. Et la poésie, vu sa très faible audience aujourd'hui, sans doute encore moins. Pourtant, n'est-elle pas, séculairement, cette poésie, une alliée privilégiée de la Nature, liée à elle par ce qu'on pourrait appeler un "contrat pastoral" ? Et, en sa langue même, en son désir de chant, le poème ne dessine-t-il pas, discrètement autant qu'obstinément, la possibilité d'une autre habitation de la terre et du monde ?
Résumé : Dans le monde entier, citoyens, militants et experts cherchent aujourd'hui à repenser nos sociétés et leur rapport à la nature à l'aune d'un usage et d'un gouvernement en commun des environnements et des ressources. Forêts et pâturages, terres et marais, lacs et rivières, pêcheries, systèmes d'irrigation : partout on redécouvre, expérimente, promeut leur gestion collective, avec l'espoir d'un avenir plus soutenable et plus démocratique. Ce monde des communs est à inventer, mais il hérite aussi d'une longue histoire que ce volume voudrait éclairer. Quelle place ceux-ci ont-ils occupée, en France et dans son Empire, sur la longue durée depuis le XVIIe siècle ? Comment les communs ont-ils évolué en lien avec les mutations de l'Etat et des marchés ? Quelles ont été leurs trajectoires dans le contexte des territoires colonisés par la France ? Et comment restituer toute la complexité des formes de gouvernement collectif des environnements, au-delà d'une conception parfois trop idéalisée des communs ? Une équipe d'historiens présente ici leurs résultats d'enquête sur tout ce pan encore trop méconnu de l'histoire sociale, écologique et politique de nos sociétés.
Comment conquérir puis gouverner une dizaine de cités, des nobles par milliers et près d'un million de sujets ? En Lombardie, entre 1515 et 1530, François Ier, Francesco II Sforza et Charles Quint ont buté sur la même question. La réponse offrait un prix de taille : une terre riche et peuplée, à la croisée des chemins de la Méditerranée, des Alpes et des plaines du Nord. Si la guerre fut destructrice et indécise, c'est que les autochtones opposèrent aux conquérants des défis à la hauteur d'une culture politique millénaire. Plus le temps passe, plus la Lombardie apparaît comme une des pièces incontournables de la formation de l'Europe moderne, entre exercice de la souveraineté, de la fidélité et de la médiation mais aussi expérience de la violence, de la servitude et de la résistance.
Reprenant une expression célèbre de Térence, l'empereur Tibère aurait comparé l'exercice du pouvoir au fait de tenir un loup par les oreilles : sous la menace permanente du complot ou de l'usurpation, celui qui avait su parvenir au pouvoir devait savoir, pour s'y maintenir, déployer en permanence les qualités et les techniques les plus diverses sous peine de succomber. En cas de contestation, il n'y avait pas d'autre alternative que la victoire ou la mort, que ce soit pour l'empereur en titre ou pour celui qui entreprenait de prendre sa place. C'est cette histoire que ce livre se propose de raconter et d'analyser afin d'en mettre en valeur les ressorts secrets ? les fameux arcana imperii ? mais aussi le langage officiel fait de gestes, de pratiques et de mots d'ordre destinés à assurer la paix et la longévité d'un règne, ou à justifier la révolte. Depuis Auguste jusqu'aux Sévères, durant les trois siècles étudiés ici, complots et éliminations jalonnent l'histoire impériale. Une analyse précise permet de mettre en lumière les logiques qui les sous-tendent. Au gré des variations du consensus dont bénéficie l'empereur, des styles de gouvernement se dégagent, mais aussi des profils de concurrents, hommes et femmes ? car ces dernières jouent un rôle clé et payent un lourd tribut à la stabilité du pouvoir. Dans un régime sans constitution, qui prétend, au début, poursuivre inchangée sa forme républicaine, un langage du pouvoir et de sa contestation se crée et s'installe dans les pratiques. Il constitue, règne après règne, comme une nouvelle tradition. Sources littéraires variées en grec ou en latin, inscriptions ou graffitis, programmes monumentaux ou frappes monétaires, c'est avec une richesse inouïe que l'Antiquité nous a légué son témoignage sur les pratiques impériales, nous permettant d'en lire l'histoire avec une précision qui ne laisse de nous surprendre et de nous parler aussi de notre monde contemporain.
Résumé : Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ?