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La raison dédoublée. La fabbrica della mente
Pinchard Bruno ; Thom René
AUBIER
30,20 €
Épuisé
EAN :9782700733396
Cette enquête cherche à travers une critique mythologique de la raison une nouvelle mesure de l'esprit. Le conflit dans la culture italienne entre la scolastique et l'humanisme a anticipé ce mouvement de pensée, engendrant une fabbrica della mente, c'est-à-dire l'architecture d'un esprit dont les significations s'étendent au-delà des savoirs clairs et distincts. Héritier de ces traditions, Giambattista Vico (1668 - 1744) a mesuré le premier quel renouvellement des pouvoirs de la raison était exigé par la compréhension des signes que la civilisation véhicule. Si l'esprit se trouve radicalement multiplié au cours de ce développement, il ne le doit pas tant à sa propre dialectique qu'à son dédoublement sur l'obstacle de l'irreprésentable, le nom ou l'origine. La division de l'esprit livre le monde à l'action d'une nature infinie conférant tout leur efficace à nos actes, rationnels ou symboliques. Suivre la propagation de ce principe à travers les espaces sacrés du paganisme, c'est confronter la mémoire de l'antique et une dynamique des formes, telle que René Thom la définit, pour répondre à la question sans échappatoire autour de laquelle se meut tout le livre : quelle est l'ontologie de la métamorphose ?
Pour un type de personne, l'existence du monde est une évidence. Les jours se succèdent avec aisance ; il se sent bien avec ce monde qui contient toutes les réponses qui lui conviennent. Il dit avec Parménide : "Tout ce qui est, est et tout ce qui n'est pas, n'est pas." Le franc-maçon s'étonne, cherche : "Pourquoi y-a-t-il quelque chose plutôt que rien ?" La quête d'une réponse à cette interrogation n'a pas pour objectif de trouver la solution qui mettrait un terme à sa recherche. Elle manifeste l'émerveillement et la surprise que rien ne viendra supprimer. L'ouvrage a pour objectif de décomplexer chacun face aux noms célèbres de la philosophie, de Socrate à René Girard, voire de donner envie de les fréquenter. Pour cela, sont présentés les grands philosophes et leurs idées quand elles sont proches des interrogations et des pratiques maçonniques. Cet ouvrage ne comporte aucune opinion personnelle, ni interprétations, ni assimilations ; c'est l'affaire du libre examen du lecteur.
Comment devenir philosophe ? En apprenant à voir les espaces les plus extravagants. L'originalité de l'auteur est de proposer une méthode pour penser la philosophie grâce à la mythologie. Comme on commence toujours avec les mots dont on hérite, cela ne sera possible qu'à partir d'un livre. L'auteur lui-même a choisi Dante, mais bien d'autres récits et autorités peuvent être élus. Bruno Pinchard veut seulement nous montrer les règles d'une expérience mythologique : comment se présente le chemin que l'on va prendre, les obstacles à surmonter, la peur qui va surgir. Il invite chacun à trouver en soi le discours qui l'a lié à lui-même en même temps qu'à l'univers. Mais ce livre est aussi politique : si le chemin qui nous est proposé n'est plus jamais pris, si nous ne sommes plus capables (ou n'en avons plus le désir) de nous raccorder aux mythes pour nous laisser traverser par leur vibrations, si nous nous contentons de blasphémer "les récits et les autorités", alors nous ne connaîtrons que le malheur et la souffrance.
Bruno Pinchard poursuit dans ce livre son parti pris d'une invention métaphysique contemporaine. Prenant acte de la disparition d'une philosophie de l'esprit qui se définisse par rapport à l'Absolu et ne trouvant aucune raison de borner les jeux de l'intelligence au seul art commun de faire des phrases, il cherche dans des mots-concrétions: nom, masque, tarot, occultation, polyphonie, les résonances et les analogies d'une parole antérieure au discours. Il montre comment de telles rencontres tiennent curieusement tête au chaos et participent à l'édification d'un Mémorial de la splendeur. La poursuite d'un dessein métaphysique contemporain ne va pas sans de telles outrances. Après Malebranche et sa critique de la représentation, la mémoire du Pantagruélisme selon Rabelais, le Mémorial de Pascal et une certaine Mythodicée issue de Leibniz sont entraînés dans une véritable reconfiguration du paysage spéculatif, en hauteur et en profondeur. Mais cette façon de perpétuer à tout prix un regard métaphysique aurait cette conséquence imprévue: la partie contre l'absurde n'est pas toujours perdue, pourvu qu'on cesse de penser avec des idées (et les techniques auxquelles elles s'asservissent), pour se souvenir de l'excellence des noms, des rites et des dieux.
La question du Sens et des clés de son interprétation revient au premier plan des interrogations actuelles. En témoignent des approches aussi différentes que la psychanalyse jungienne, l'épistémologie d'un G Bachelard, l'herméneutique de P Ricoeur ou la mythanalyse de G Durand. Toutes revendiquent d'ailleurs, chacune à sa manière, l'imaginaire et le symbole comme accès traditionnels au sacré qui donne sens. Toutefois, instruments privilégiés de la " Raison Hermétique ", imaginaire et symbole peuvent-ils conserver leur fonction médiatrice entre ciel et terre, tout en se transposant dans les catégories imposées par la philosophie contemporaine ? C'est le problème fondamental que traite Patrick Geay dans le présent ouvrage. Au terme d'une enquête historique serrée, il montre que, tributaire d'une évolution dominée par le rationalisme, la pensée occidentale a progressivement discrédité l'idée d'une métaphysique supra-rationnelle dont "l'image" constituait le miroir intelligible. Du nominalisme médiéval à l'esthétique de Hegel, en passant par Descartes, Kant ou la mystique de saint Jean de la Croix, l'auteur dévoile les effets d'une exclusion qui voue aujourd'hui l'Imaginal (H Corbin) à l'insignifiance, en lui conférant une autonomie toute psychologique et illusoire. La troisième partie de l'ouvrage expose les doctrines qui, au sein des trois religions monothéistes, pourraient inspirer le rétablissement du rôle traditionnel de l'image et du symbole dans la pensée occidentale moderne.
Van Orman Quine Willard ; Bonnay Denis ; Laugier S
L a logique, pour Quine comme pour les membres du Cercle de Vienne dont il a repris et critiqué l'héritage, est un outil qui permet d'éclairer les débats philosophiques ; elle est le langage de la science, le langage dans lequel la science peut être exprimée avec la clarté maximale et dans lequel les discussions concernant l'existence de tel ou tel type d'objet ou la meilleure explication de tel ou tel concept peuvent être tranchées. Mais, à la différence des philosophes du Cercle de Vienne, et en particulier de son maître Rudolf Carnap, Quine n'attribue pas pour autant à la logique un statut épistémologique d'exception. La logique est une partie du grand tout de la science, et, à ce titre, elle est sur un pied d'égalité avec les mathématiques, la physique et les autres sciences. C'est là la conséquence de la critique par Quine du mythe de l'analyticité, selon lequel il y aurait des vérités - celles de la logique et, par réduction, des mathématiques - qui ne dépendraient pas du monde mais seulement du langage. Philosophie de la logique est commandé par cette double perspective : d'un côté, il s'agit de proposer une reconstruction de la logique classique qui soit en harmonie avec le rôle d'arbitre accordé au " point de vue logique ", et d'un autre, Quine doit préciser le statut qu'il accorde à cette partie de la science, pour expliquer en quel sens les vérités logiques, tout en étant des vérités " comme les autres " s'imposent à nous par leur évidence. C'est ainsi qu'on retrouve dans ce livre les grands thèmes de la philosophie quinienne, qu'il s'agisse du rejet des concepts intensionnels ou de l'utilisation philosophique de la situation de traduction.