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La ville territoire des cyborgs
Picon Antoine
VERDIER
17,76 €
Épuisé
EAN :9782910735166
La grande ville contemporaine, cette nappe d'infrastructures et d'équipements qui s'étend à perte de vue, désoriente. On la dit chaotique. Mais elle est en même temps le résultat de logiques socio-économiques et techniques qui ne doivent pas grand-chose au hasard. Est-elle aussi désordonnée que cela ? Ne serait-ce pas plutôt qu'elle échappe aux grilles de lecture tradionnelles de l'urbanité ? Un autre point de vue, un nouveau type de regard s'avèrent nécessaires afin de l'apprivoiser. Tout regard présuppose un sujet. La ville idéale de la Renaissance était insépable de cet homme générique, animal doué de raison, microcosme ordonnateur, dont la perspective cherchait à codifier la vision. Dans cet essai, le cyborg tient un rôle comparable, s'agissant cette fois d'explorer les complexités de la ville territoire d'aujourd'hui. Hybride d'homme et de machine, individu parfait parce que rendu pleinement autonome par la technologie, le cyborg est bien sûr une fiction. Cette fiction n'en permet pas moins d'analyser des aspects essentiels de la grande ville d'aujourd'hui, de son étrange parenté avec l'univers des jeux électroniques au rôle qu'y tiennent les réseaux, avant de se pencher sur son architecture.
Résumé : " Un bon architecte n'est point un homme ordinaire, puisqu'indépendamment des règles fondamentales de son art, il est important qu'il soit muni de la théorie de ceux qui y ont relation, tels que les mathématiques, la perspective, la sculpture, la peinture, l'art du jardinage, la coupe des pierres, la menuiserie, la charpenterie, etc. tout est de son ressort. Il lui est également essentiel d'être homme de lettres, d'avoir reçu une éducation cultivée, et d'être d'une probité à toute épreuve ; Vitruve exigeait même que nous eussions des connaissances de la philosophie, de la physique expérimentale, de la médecine et de la musique. Qu'on juge donc par là de l'importance de cette profession, " Jacques-François Blondel, Discours sur la nécessité de l'étude de l'architecture, 1754. " Un sous-ingénieur doit avoir été doué d'un génie vaste et pénétrant, capable de découvrir les rapports, de saisir les objets les plus éloignés, d'atteindre les choses les plus abstraites, et d'en faire les applications les plus heureuses. Son esprit doit être cultivé pour soutenir par la force et la solidité de ses raisonnements, la profondeur et l'étendue de ses recherches : il doit avoir aussi reçu de la nature une âme sensible et patriotique pour hâter les projets qui lui paraîtront utiles à l'Etat et à ses compatriotes, et du goût pour distinguer les plus utiles et les moins dispendieux. " De Bourges, Dissertation d'élève de l'Ecole des ponts et chaussées, 1779.
Face à la transformation du territoire, l'histoire procure quelques repères permettant de resituer ses enjeux. Elle permet aussi de mieux comprendre l'incidence de la technique. Dans cette histoire de l'aménagement du territoire, les auteurs montrent comment l'espace français, sa cohésion mais aussi ses déséquilibres apparaissent comme les fruits de la construction d'un état moderne.
Cet essai, initialement paru chez Wiley, répond à deux types de questionnements. Le premier tient à la fonction de l'ornement dans l'architecture, depuis ses lointaines origines jusqu'à l'orée du 20e siècle, et le second des liens existant entre ornement et politique en architecture. Ce petit ouvrage entend ainsi contribuer à une meilleure compréhension d'une part des enjeux de l'ornementation dans l'architecture antérieure à la modernité, et d'autre part de ceux en lien avec retour de l'ornement dans l'architecture contemporaine.
L'architecture travaille la matière afin de la rendre expressive. Elle se heurte ce faisant à son obstination muette qu'elle tente de dépasser. Partant de ce constat, ce livre propose de l'interpréter à la lumière de la notion de matérialité envisagée comme le rapport que nous entretenons avec les phénomènes sensibles, les matériaux et les objets. Notre subjectivité d'êtres humains se constitue pour partie au travers de cette rencontre avec toutes ces "choses" qui tombent immédiatement sous le sens. Par leur intermédiaire, l'architecture contribue à la création d'un monde destiné spécifiquement aux hommes. L'interprétation de la matérialité a considérablement évolué depuis Vitruve. Sa transformation permet de lire différemment l'histoire de l'architecture et de mieux comprendre certains enjeux actuels, tels ceux qui s'attachent à la révolution numérique.
Car nous sommes dans un temps où les vents soulevés charrient de la poussière des confins du désert, car nous sommes dans des villes où nos pas hésitants arpentent nos faillites, détaillent nos abandons, où nos regards brouillés par le sable d'Afrique semé par les grands vents ne discernent plus rien du chemin à tracer, des directions à prendre, car nous sommes en passe de devenir fantômes, frères de déréliction de ceux à qui hier nous tendions des aumônes, fantômes vivants pourtant, tributaires de nos tripes, de nos muscles, de nos désirs éteints, nos regrets murmurés, suspendus aux rumeurs nous n'avons plus de lieux où poser nos fardeaux." M. R. Nous avons souhaité accompagner la publication posthume du dernier livre de Mathieu Riboulet, Les Portes de Thèbes, Eclats de l'année deux mille quinze, d'un ensemble de textes d'écrivains que nous savons particulièrement sensibles à son oeuvre. Mathieu Riboulet est né en 1960 dans la région parisienne. Après des études de cinéma et de lettres, il a réalisé des films de fiction et des documentaires avant de se consacrer à l'écriture. Il est mort à Bordeaux le 5 février 2018. Suivi de A contretemps, décidément de Mathieu Riboulet.
Qu'est-ce qu'un grand peintre, au-delà des hasards du talent personnel ? C'est quelqu'un sans doute dont le trop violent appétit d'élévation sociale s'est fourvoyé dans une pratique qui outrepasse les distinctions sociales, et que dès lors nulle renommée ne pourra combler : telle est l'aventure du peintre qui dans ces pages porte le nom de Goya. Ce peut être aussi un homme qui a cru assouvir par la maîtrise des arts la toute-puissance du désir, à ce divertissement noir a voué son oeuvre, jusqu'à ce que son oeuvre, jusqu'à ce que son oeuvre, ou sa propre conscience, lui dise que l'art est là justement où n'est pas la toute-puissance : j'ai appelé cet homme par commodité Watteau. C'est encore quelqu'un qui tôt ou tard doit faire son deuil des maîtres, de l'art et de son histoire, et apprendre que tout artiste pour sa part est de nouveau seul, face à un commanditaire écrasant et peu définissable, dans ces régions arides où l'art confine à la métaphysique, sa pratique à la prière : et j'ai voulu qu'un obscur disciple de Piero della Francesca soit confronté à cela.
Bashõ est l'une des figures majeures de la poésie classique japonaise. Par la force de son oeuvre, il a imposé dans sa forme l'art du haiku, mais il en a surtout défini la manière, l'esprit : légèreté, recherche de la simplicité et du détachement vont de pair avec une extrême attention à la nature. Le haiku naît donc au bord du vide, de cette intuition soudaine, qui illumine le poème, c'est l'instant révélé dans sa pureté.La vie de ce fils de samourai, né près de Kyoto en 1644, fut exclusivement vouée à la poésie. Agé de treize ans, il apprend auprès d'un maître du haikai les premiers rudiments de ce genre. Plus tard, après avoir lui-même fondé une école et connu le succès à Edo (l'actuelle Tokyo), il renonce à la vie mondaine, prend l'habit de moine, et s'installe dans son premier ermitage. Devant sa retraite, il plante un bananier, un bashõ, offert par l'un de ses disciples - ce qui lui vaudra son pseudonyme. Sa vie est dès lors faite de pauvreté, d'amitiés littéraires et de voyages. Osaka sera le dernier. Après avoir dicté un ultime haiku à ses disciples éplorés, il cesse de s'alimenter, brûle de l'encens, dicte son testament, demande à ses élèves d'écrire des vers pour lui et de le laisser seul. Il meurt le 28 novembre 1694. Sur sa tombe, on plante un bashõ.
Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard est une oeuvre monumentale, sans équivalent au cinéma, dans l'histoire de l'art et même dans les manières d'écrire l'Histoire. Le cinéma y apparaît enfin tel qu'il est : la forme d'art majeure du XXe siècle et son centre, au-delà du spectacle divertissant pour lequel on le tient généralement et même de l'objet d'amour particulier des cinéphiles. "Le cinéma a fait exister le XXe siècle", il en a été la fabrique. A l'écoute de ce qui est à l'oeuvre dans Histoire(s) du cinéma, ce dialogue, entre le créateur et le critique, est une approche esthétique, philosophique et historique de ses conditions de possibilités : le cinéma dans le siècle et le siècle dans le cinéma, impliquant le tout de l'homme du XXe — de l'imaginaire des salles obscures, de l'horreur réelle des désastres, aux tentatives de rédemption par l'art.