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LA SOCIETE PURE. De Darwin à Hitler
Pichot André
FLAMMARION
21,70 €
Épuisé
EAN :9782082127059
Historien des sciences, c'est un déficit de pensée qu'André Pichot vient combler. Question embarrassante que celle de l'eugénisme. Médias et historiens pensaient l'avoir verrouillée à l'intérieur de l'idéologie nazie. Or, ce qui transparaît de cette étude serrée, c'est que si l'eugénisme a été laissé dans l'ombre, c'est parce qu'il offrait une image gênante des sociétés de la première moitié du 20è siècle dans leurs relations avec le nazisme. En effet, les premières lois eugénistes datant de 1907 furent américaines. En Suède, elles restèrent en vigueur jusqu'en 1970. Le Directeur de l'UNESCO, Julian Husley, humaniste social-démocrate, attestait encore, en 1946, de leur bien-fondé. Quant à la Fondation Rockefeller, elle joua un rôle des plus important dans son implantation en Europe, en particulier par le financement de laboratoires allemands. L'eugénisme était ainsi le lieu commun de la pensée scientifique de cette époque. Si par ailleurs on a voulu faire de Gobineau le père de cette idéologie abjecte, c'est en réalité du côté de Darwin qu'on en trouve les fondements. On lui doit entre autres l'interprétation des problèmes sociaux en termes biologiques. Et bien sûr, son prestige est aujourd'hui intact. Ce ne sont ainsi pas les horreurs nazies qui ont fait disparaître l'eugénisme, mais les progrès de la génétique. Or celle-ci, très à la mode désormais, campe sur les mêmes questions : éviter par exemple la naissance d'individus malades. Il semblerait que le racisme moderne, décalqué de l'eugénisme, ne trouble plus personne? --Joël Jégouzo
Les sciences de la Mésopotamie, de l'Egypte et de la Grèce présocratique forment un ensemble cohérent, où les connaissances mésopotamiennes et égyptiennes (acquises sans véritable méthode) ont été reprises dans un esprit tout différent par la Grèce. A la Mésopotamie dont les plus grandes réussites scientifiques sont liées aux mystiques numérique et astrologique, à l'Egypte plus soucieuse d'esprit pratique, succède une science grecque qui se préoccupe moins d'accumuler les résultats "positifs" que de trouver des principes généraux et une explication rationnelle (ou tendant vers la rationalité). Cet ensemble cohérent forme la source principale de la science occidentale. Celle-ci ne négligera pas d'autres apports (indiens, chinois, arabes...), mais ils se grefferont sur un corpus dont les grands principes et l'orientation générale auront déjà été établis. La science, en ses origines, a suivi deux voies distinctes : la voie des objets et la voie de l'esprit scientifique. La voie des objets consiste en la première différenciation d'études qui se structurent autour d'objets propres (les nombres, les astres, les êtres vivants...), mêlant empirisme, rationalité, magie et mystique. La voie de l'esprit scientifique est d'abord celle, philosophique, par laquelle la rationalité est élevée au rang de critère de vérité. C'est ensuite la voie par laquelle les disciplines préscientifiques sont reprises et transformées dans cet esprit nouveau, propre à la démocratie grecque. Ce premier tome est principalement consacré à la voie des objets : comment la Mésopotamie et l'Egypte ont accumulé un très grand nombre de connaissances diverses, souvent très élaborées, sans jamais parvenir à une science proprement dite.
Diverses disciplines reprennent actuellement l'étude de ce qui fut longtemps l'apanage de la philosophie: la théorie de la connaissance. Elles prétendent renouveler ce très vieux genre en en faisant une (ou des) science (s), les sciences cognitives. Une théorie de la connaissance qui serait scientifique et non plus philosophique. On sent là l'influence des philosophies "anglo-saxonnes" (positivisme logique, philosophie analytique). Sciences cognitives, ou techniques de traitement de l'information? La question nous entraînerait trop loin. Voyons d'abord ce qu'est la connaissance, puisque c'est ce qu'il s'agit de théoriser, ou de simuler. Et voyons-la en phénoménologue, car la phénoménologie, par ses divergences avec la philosophie spontanée et implicite des sciences cognitives, est la plus à même d'en parler utilement, sans les paraphraser. Sous les processus langagiers et logiques étudiés par les sciences cognitives, apparaissent alors deux aspects oubliés de la connaissance: son enracinement dans la vie et l'omniprésence du corps.
André Pichot est chargé de recherche en histoire et philosophie des sciences au CNRS (UMR 7117 CNRS / Nancy-Université). Il est connu, depuis le début des années 1990, pour ses travaux sur l'histoire de la biologie et sur les dérives des applications sociales de la génétique et de l'évolutionnisme (eugénisme et racisme).
Résumé : De la notion de vie on pourrait dire ce que saint Augustin disait du temps : "Si personne ne me demande ce que c'est, je le sais; mais si on me le demande et que je veuille l'expliquer, je ne le sais plus." L'ouvrage s'efforce de saisir cette notion à travers les écrits des plus grands théoriciens de la vie, de l'Antiquité à l'aube de la biologie moderne. Il s'agit d'un guide de lecture et d'une gigantesque somme de textes - plus de mille extraits d'ouvrages essentiels - commentés et critiqués dans une perspective historique, philosophique et scientifique. C'est aussi la tentative d'éclaircir, par l'histoire d'une notion, la philosophie sous-tendant les sciences biologiques actuelles. Hippocrate, Platon, Aristote et Galien ouvrent une réflexion systématique sur la vie. Leurs théories subsisteront jusqu'à la Renaissance, où la chimiatrie les conteste, et au XVIIe siècle où le mécanisme les remplace par une conception issue de la nouvelle physique (Von Helmont, Harvey, Descartes, Malebranche). Au siècle des Lumières, médecins et naturalistes (Boerhaave, Stahl, Bonnet, Bichat, entre autres) poursuivent la recherche en des voies diverses et parfois divergentes, mais sans parvenir à des résultats comparables à ceux qu'obtient la physique newtonienne à la même époque. Ce n'est qu'au XIXe siècle et au début du XXe que la biologie moderne trouve ses véritables pères fondateurs (Lamarck, Claude Bernard, Darwin, Mendel, Weismann, De Vries). L'ouvrage est composé d'un texte principal illustré par de nombreuses citations. Texte principal et citations sont différenciés typographiquement. Deux niveaux de lecture sont possibles, soit l'ensemble du texte et des citations, soit le seul texte principal qui forme un tout en lui-même.