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Liaisons dangereuses. Les extrêmes droites en France et en Italie (1960-1984)
Picco Pauline ; Zancarini-Fournel Michelle
PU RENNES
22,00 €
Épuisé
EAN :9782753548664
La relation étroite qui unit les extrêmes droites italiennes et françaises remonte au début des années 1960 lorsque, à la faveur du combat "Algérie française", des "ultras" français de l'OAS trouvent en Italie de puissants soutiens, tous situés à droite de l'échiquier politique. Les échanges idéologiques et les rencontres militantes qui se déroulent alors, en pleine guerre d'indépendance algérienne, se pérennisent progressivement. De ces relations d'abord personnelles naissent de véritables réseaux qui bénéficient du soutien bienveillant des régimes dictatoriaux portugais et espagnols. Certains des membres de cette "communauté de combat" occidentale participent à la série d'attentats du terrorisme "noir" qui frappe l'Italie à partir de 1969. L'attrait du "modèle italien" amène les groupes français à se réclamer du parti néo-fasciste italien - le MSI - et des groupes qui gravitent autour de lui, à reprendre certains de leurs thèmes de propagande voire à se présenter comme des "partis frères". Il y a là un dialogue de longue durée dont Liaisons dangereuses retrace l'histoire.
Ce numéro de Lumières ne se propose pas de présenter une collection de portraits de femmes du XVIIIe siècle sous forme de biographies ou de portraits de groupes sociaux ou intellectuels dans l'ensemble de l'Europe des Lumières, dans un pays ou une région spécifique, mais de montrer en quoi ce siècle a constitué un moment particulier dans l'évolution de la réflexion sur la situation des Européennes. Des textes de toute nature - roman, libelles, traités, écrits du for privé - mais aussi des images émanant d'hommes et de femmes, portent en effet en eux les éléments d'une critique de la condition des femmes, voire d'une dynamique d'émancipation, révélant une prise de conscience neuve. Nombre de ces textes suggèrent une réflexion sur la notion de genre : les différences entre hommes et femmes sont souvent pressenties comme un conditionnement social et non plus comme une donnée biologique ou comme un invariant de la "nature" féminine.
Ce nouveau volume de Lumières, dans la continuité du numéro précédent consacré à la cause des femmes au XVIIIe siècle, se propose d'interroger dans leur diversité les réalités et les représentations de la "condition féminine" dans l'Europe des Lumières. Même si le statut le plus fréquent demeure celui d'épouse, certaines critiques se font jour à l'égard de la situation des femmes mariées, voire une réflexion sur l'alternative possible que constitue le célibat. En matière d'éducation des filles, si la postérité a surtout retenu les propositions de Jean-Jacques Rousseau pour faire de Sophie la compagne soumise d'Emile, des voix s'élèvent au cours du siècle pour prôner une instruction différente qui pourrait transformer totalement la situation des femmes dans la société. Peu de compétences professionnelles leur étant alors accordées, il n'est pas rare également qu'elles osent revendiquer la reconnaissance en ce domaine, qu'il s'agisse de littérature ou d'obstétrique.
Résumé : Eclater de rire, rire à gorge déployée, se pisser dessus de rire, rire aux larmes, le rire est un mouvement spontané du corps, un court-circuit psychosomatique sonore, une décharge de plaisir. Que ce plaisir soit accessible à toute l'humanité (Aristote), qu'il puisse être " profane " ou " satanique " (Baudelaire) grossier, voire graveleux ou presque " sublime " (Nietzsche, " le rire d'or "), le rire a été étudié aussi bien par les philosophes et les théologiens que par les médecins (déjà Hippocrate cherchait le sens du rire de Démocrite). Des descriptions physiologiques du rire et l'éloge de son pouvoir guérisseur apparaissent à chaque grande période de remaniement des théories médicales, à la Renaissance par exemple (Laurent Joubert, 1579). Le rire est souvent menacé de répression, notamment quand les pouvoirs religieux le condamnent au nom du sacré. Umberto Eco nous rappelle dans " Le nom de la rose " (1980) les grandes querelles théologiques du Moyen Age autour de l'image de Jésus qui n'aurait jamais ri, référence et enjeux si importants que Saint Louis qui aimait rire se l'interdisait le vendredi, ajoutant le jeûne du rire aux repas sans viande en ce jour placé sous le signe de la pénitence (Jacques le Goff, 1989). Danger de l'irruption du plaisir pour les religions mais à l'opposé éloge de sa valeur positive chez beaucoup de philosophes qui en montrent pourtant l'ambivalence, haine et mépris mêlés à la joie. Qu'apporte la psychanalyse à cette grande histoire?
Si une seule et même chose paraissait à tous sage et belle, y aurait-il entre les hommes disputes et conflits ?" dit un personnage dans une tragédie d'Euripide. Semblable au tribunal, ce lieu fréquenté par les Athéniens au Ve siècle, la scène est l'endroit où l'on entend chacun dire ce qui lui paraît juste, et les discours des personnages s'opposent et se répondent comme les plaidoyers prononcés à la tribune lors d'un procès. Et l'analogie va plus loin : les thèmes sont les mêmes. Il est question des problèmes de succession et des débats qu'ils entraînent, ou encore des places occupées respectivement par la "raison d'Etat" et la coutume religieuse pourvue de sa propre légitimité. C'et justement là l'originalité de la tragédie grecque : elle met en scène un uni dans lequel le droit n'est une fois pour toutes ; on y voit d'âpres affrontements et des revendications contradictoires qui rendent difficile et pourtant nécessaire la quête d'une légitimité. Chaque poète propose à partir des mêmes mythes sa propre interprétation du droit, ce qui fait de la tragédie grecque la représentation et la solution possible d'un conflit qui est au fondement de l'oeuvre même.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni