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Le style indirect libre. Naissance d'une catégorie (1894-1914)
Philippe Gilles ; Zufferey Joël
LAMBERT-LUCAS
30,00 €
Épuisé
EAN :9782359352405
Pour se faire catégorie et rendre évidents des phénomènes dont l'existence n'était encore que pressentie, le style indirect libre devait recevoir un nom. Le moment décisif, celui du baptême, eut lieu en octobre 1912, lorsque Charles Bally proposa pour la première fois cette expression. Bien qu'il désignât ainsi un fait langagier plus étroit que ce que l'on nomme aujourd'hui style indirect libre, le terme allait se maintenir au-delà du siècle. Le présent volume réunit les neuf textes qui, entre 1894 et 1914, ont lancé puis entretenu le débat autour de la définition, de la délimitation et de la dénomination du style indirect libre. On y voit d'éminents maîtres de la romanistique allemande et suisse (Adolf Tobler, Theodor Kalepky, Charles Bally, Etienne Lorck, Eugen Lerch) se confronter, en une joute fascinante, à d'épineuses questions linguistiques et littéraires. Enlisés dès l'entame dans les malentendus, les échanges érudits tournent bien souvent à la dispute, au sarcasme ou encore au dialogue de sourds. Le lecteur de langue française assistera ici à la naissance, parfois hésitante, d'une catégorie que la littérature du tournant du XXe siècle exigeait de la linguistique.
On a longtemps cru que l'histoire des discours sur le français se résumait à une longue suite d'éloges. Or, vers le milieu du XVIIIe siècle, alors que l'Europe semble adhérer à l'idée que les qualités propres de la langue française lui valent toute suprématie sur ses voisines, on commence à s'interroger sur d éventuelles faiblesses de notre idiome: Voltaire regrette la pauvreté de son vocabulaire, Rousseau le peu de musicalité de sa mélodie, La Harpe la rigidité de sa grammaire... D'autres voix tout aussi importantes, d'abord venues de France ou d'Italie, plus tard d'Allemagne ou de Suisse, ajouteront à ces regrets d'autres regrets en une déploration qui atténue l'enthousiasme général pour les vertus du français. Ce livre reconstitue, sur trois siècles, l'histoire de ces discours oubliés, en suivant plusieurs trames: chronologiques, géographiques, linguistiques et surtout littéraires.
Raconter l'histoire de la littérature française depuis Flaubert en ne prenant appui que sur les faits de langue et de style, tel est le projet de ce livre. Vers 1850 est en effet apparue l'idée d'une prose qui ne serait plus définie par opposition à la poésie et d'une langue littéraire qui ne serait plus le modèle du français commun mais son autre. Se croisent ici l'histoire des grands genres de cette prose de roman, l'essai, l'autobiographie...), l'histoire de la langue française comme objet social et imaginaire (tel que le construisent, par exemple, l'école, la presse ou le discours normatif), et l'histoire de la pensée critique, esthétique et linguistique. En analysant la relation de la littérature à la langue parlée, le développement des outils permettant de représenter la pensée, l'évolution de la phrase et de l'ordre des mots, le maintien d'une langue "lyrique", l'opposition entre une langue "conservatoire" et une langue "laboratoire", les auteurs suivent près d'un siècle et demi de recherches sans lendemain ou consacrées. Ils reprennent des débats passionnés et souvent oubliés et révèlent un panorama sans équivalent de notre modernité littéraire. Flaubert, Zola, Péguy, Proust, Sartre, Barthes sont quelques-uns des héros de cette passionnante histoire, nourrie de centaines de citations puisées dans nos plus grands textes.
C'est le style, pense-t-on, qui assure l'unité d'une oeuvre. Et l'on imagine aussi que les écrivains travaillent avec une idée plus ou moins claire de la façon dont leurs textes doivent être rédigés, si bien qu'il s'agirait simplement pour eux de faire coïncider leur idéal et leur prose. Or, les choses sont plus compliquées... Quand on y regarde de près, les pratiques rédactionnelles des écrivains vont à hue et à dia et peinent à trouver leur pleine cohérence. On en connaît quelques exemples célèbres : avec bien des premiers lecteurs de Céline, le jeune Claude Lévi-Strauss s'est demandé si c'était vraiment la même personne qui avait rédigé toutes les phrases de Voyage au bout de la nuit. Quant aux premières lectures importantes de L'Etranger, toutes se sont étonnées d'une évidente contradiction stylistique dans le roman d'Albert Camus. Le présent ouvrage se propose dès lors d'interroger les formes stylistiques à partir de leurs tensions et les discours sur le style à partir de leurs failles. Prenant ses premiers appuis sur une dizaine de cas en apparence fort singuliers (Bernanos, Camus, Duras, Ramuz, Sartre, Simenon, Valéry...), il suggère un principe de lecture et esquisse une typologie des contradictions. Mais il avance aussi deux idées : la première veut que toute la prose du XXe siècle ait connu une certaine gêne à l'égard du style ; la seconde veut que la tension stylistique soit finalement le mode d'existence naturel des oeuvres littéraires.
Sommaire de l'ouvrage Le roman comme projet : le point de vue des romanciers Chap. 1 Les textes théoriques Chap. 2 La querelle du roman au XVIIe siècle Chap. 3 La naissance du roman moderne Chap. 4 Les approches romantiques du roman Chap. 5 Triomphe et déclin du roman réaliste Chap. 6 Temps des bilans, temps de la crise : l'entre-deux-guerres Chap. 7 Nouveaux débats, nouvelles formes Le roman comme objet : démarches critiques, problèmes d'analyse Chap. 8 Les approches critiques Chap. 9 Le roman comme genre Chap. 10 La question des origines Chap. 11 Typologie des romans Chap. 12 Récit et temps romanesques Chap. 13 Le personnage de roman Chap. 14 Le point de vue narratif Chap. 15 Le roman, la fiction, le réel Chap. 16 Vers une science du romanesque ?
On savait que la littérature intéressait Benveniste, qu'il avait été lié au mouvement surréaliste (dont il signe le manifeste La Révolution d'abord et toujours ! en août 1925) ; on savait depuis Henri Meschonnic que par sa pensée de la "subjectivité dans le langage" et du "sémantique sans sémiotique", il rendait possible une poétique. Aussi est-ce sans étonnement qu'on a retrouvé dans ses archives 370 feuillets manuscrits classés dans un dossier sobrement intitulé "Baudelaire", datant pour l'essentiel de 1967.