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Correspondance (1950-1977)
Perros Georges ; Grenier Jean
PART COMMUNE
18,00 €
Épuisé
EAN :9782844181084
Touchés par je ne sais quelle horreur à vivre qui vous prend sans prévenir" écrit Georges Perros à Vera Feyder en octobre 1970, d'où l'intuition intime, dès leur première rencontre en 1966, d'une complicité qui n'aura besoin pour s'affirmer que d'avoir reconnu au premier signe ce niveau d'être, auquel les mots - et les silences aussi bien - tissent entre eux une connivence intemporelle, dont la preuve écrite tient en ces quelques lettres où l'auteur de "Papiers collés" et l'auteure de "La derelitta" se retrouvent dans l'infini d'une solitude choisie, envers et contre tous les artifices du paraître, (ils ont tous deux été comédiens au théâtre) qu'impose le monde à ceux qui ont tenté, contre la dictature et l'inanité de ses lois marchandes, de s'y faire un "non" par la grâce salvatrice de l'écriture. Dont acte.
«Il est souvent question de Bretagne, dans ce petit livre. J'aimerais qu'on ne s'y trompe pas. C'est simplement le nom que je donne à certaines de mes obsessions, tout à fait absurdes. Ce que m'a donné la fréquentation assez poussée de ce pays ne tient pas à ma présence "effective" au bord de la mer. Je reste persuadé que tout ce qui émeut l'homme peut se déclarer n'importe où, et singulièrement entre quatre murs neutres et nus. La Bretagne est l'anecdote de ma quête, qui reste tentative d'expulsion. Je me souhaite cette promotion, évidemment poétique, avant de mourir. Elle ne me semble qu'à l'état larvaire. Mais on va continuer.» Georges Perros.
Volontairement, paresseusement, éperdument, Georges Perros note. Bribes et morceaux ; fulgurations, colères, angoisse, apaisement, selon l'humeur, la lecture, le lieu, bref comme tout le monde vit : par moments, par éclairs, par éclats. "... Pour ne rien perdre de cette incessante lecture, tout m'est bon - bouts de papier, souvent hygiénique, tickets de métro, boîtes d'allumettes, pages de livre. J'en suis couvert." D'où aujourd'hui ces papiers distribués, collés, un livre - la chambre de l'esprit, mais à travers laquelle passe cet air de fête ou ce vent fou qui les a fait se détacher de la vie. Avec ses Papiers collés, dont c'est ici le deuxième tome, Georges Perros a inventé un genre. Et il était le seul à pouvoir le porter à la perfection.
Georges Perros, l?auteur des incontournables Papiers Collés, était également poète, un poète du quotidien à la langue simple et pure. Comme la plupart des modestes, Perros s?était fort peu soucié de recenser ses ?uvres. Il les donnait à des revues, les envoyait à ses amis ou les offrait pour la Fête des Mouettes de Douarnenez?Retrouvés ici ou là, ces poèmes composent J?habite près de mon silence.4e de couverture : Georges Perros, l?auteur des incontournables Papiers Collés, était également poète, un poète du quotidien à la langue simple et pure. Comme la plupart des modestes, Perros s?était fort peu soucié de recenser ses ?uvres. Il les donnait à des revues, les envoyait à ses amis ou les offrait pour la Fête des Mouettes de Douarnenez?Retrouvés ici ou là, ces poèmes composent J?habite près de mon silence.
Confié à Gustave Flaubert par sa mère Laure - qui n'est autre que la soeur d'Alfred le Poittevin, ce « coeur frère qu'on ne retrouve jamais deux fois » - Guy de Maupassant doit ses années de formation à l'écrivain qu'il appelle son Maître. Leurs véritables relations se nouent à partir de 1872. Flaubert lit les manuscrits de son protégé, le conseille, le prend comme collaborateur en le faisant participer à ses recherches pour Bouvard et Pécuchet, et l'introduit parmi ses amis écrivains. Maupassant écrira de nombreux articles sur Gustave Flaubert, voulant défendre son oeuvre, mais aussi l'homme: « Comme il avait horreur du bourgeois (et il le définissait ainsi: quiconque pense bassement), il passa parmi la plupart de ses contemporains pour une espèce de misanthrope féroce qui eût volontiers mangé du rentier à ses trois repas. C'était au contraire un homme doux, mais de parole violente, et très tendre, bien que son coeur, je crois, n'eût jamais été ému profondément par une femme.»
Il aimait faire le clown, dans la vie comme dans son oeuvre. Se mettre en scène, se raconter, de lui-même faire un personnage à la fois tragique et dérisoire. Ainsi le vit-on paraître en pornographe provocateur des années d'après-guerre, en prophète annonçant une apocalypse américaine, en gourou d'une Californie jouissive, en vieillard lubrique... Mais le personnage ne doit pas masquer l'oeuvre, abondante, puissante, généreuse: le nombril de Henry Miller était l'oeilleton magique par lequel il voyait sans oeillères le monde. Son oeuvre est une autobiographie narcissique, monumentale, puissante, généreuse, dramatique, ironique et toujours en grand chant païen. Au centre il y a les deux Tropiques et les trois volumes de la Crucifixion en rose, grands romans, lyriques autant que philosophiques, chants d'un moderne et rigolard Dostoïevski en lesquels le clown montre qu'il est une autre face de l'ange. Et Miller n'a pas manqué, en sa longue vie et en ses nombreux autres livres, faits de souvenirs, témoignages, réflexions, correspondances, qu'Auguste au centre du cirque est un ange dont les ailes ne demandent qu'à se déployer.
De leur rencontre en 1846 dans l'atelier du sculpteur James Pradier, jusqu'à leur rupture violente en 1854, Gustave Flaubert et Louise Colet échangèrent d'innombrables lettres. Quoi que l'une des plus belles correspondances amoureuses de la littérature, cet ensemble n'a inexplicablement jamais fait l'objet d'une publication isolée. Ces lettres accompagnent par ailleurs la germination de Madame Bovary. Flaubert, qui est encore un tout jeune homme de 25 ans quand il rencontre la belle et brillante Louise Colet, d'une dizaine d'années son aînée, y apparaît tour à tour tendre, malicieux, tourmenté par les " affres de la création " ou savoureusement paillard. Lire ces lettres, c'est découvrir la vraie nature humaine et littéraire de Flaubert, l'extraordinaire liberté de son génie et son tempérament passionné. C'est surtout s'initier à ce qui constitue sans doute l'un de ses chefs-d'?uvre : sa correspondance !
Publiés respectivement en 1917 et 1919, ces deux articles, qui sont à l'origine des commandes, célèbrent deux auteurs américains dont on commémore les centenaires respectifs. S'ils font aujourd'hui figures de classiques, il n'en était pas de même un siècle plus tôt. Et c'est là que la sagacité de Virginia Woolf montre toute son ampleur et sa justesse. Critique subtile, pénétrante, percutante, elle sait saisir le sens d'une oeuvre, ses fondations comme ses ramifications. Sa grande finesse psychologique, son érudition et sa recherche formelle, qui font d'elle l'une des plus grands écrivains de langue anglaise, sont ici au service de deux auteurs, deux oeuvres, dont les préoccupations peuvent, au prime abord, paraître éloignées des siennes, mais qui la rejoignent dans la revendication d'une liberté, d'une libération conquise de haute main.