Oui à l'économie de marché, non à la société de marché. Tel pourrait être l'exergue de cet ouvrage. Les auteurs sont connus pour leurs critiques sur la monétarisation excessive des échanges, comme pour leurs positions en faveur de l'économie plurielle, l'économie solidaire, ou l'auto-production. S'ils ont écrit ensemble ce manifeste, c'est parce qu'ils pensent qu'une nouvelle façon d'agir en politique suppose une autre approche de l'économie. " Dans les livres marquants de la dernière décennie, un courant de pensée c'est consolidé. Il est favorable à une économie plurielle qui ferait place à un secteur dont la recherche du profit ne serait pas la raison première... Contrat social ? Il va sans doute falloir, pour tenter de le conclure, conjuguer régulations et innovations. Les pistes évoquées, qui prennent à rebrousse-poil la conception actuelle de la richesse économique, sont fécondes de réflexions prospectives, Et ce plaidoyer pour un nouveau "vivre ensemble" peut être un point d'ancrage pour les critiques de plus en plus nombreuses visant les conséquences de l'ultra-libéralisme. " (Le Monde) " Ces cinq-là à défricher depuis des années "nos inquiétudes fin de siècle" ne pouvaient que tomber pile. Dans un langage accessible, ils démontent ce qui empêche chacun d'avoir l'essentiel : de quoi vivre et aussi (surtout ?) des raisons de vivre. " (Ouest-France) " Le mérite de ce livre militant mais étayé des citations éclectiques et balisé d'analyses et de chiffres qui en signent la profondeur est de reprendre en quelques pages l'essentiel d'un discours qui refuse la soumission à une pensée dominante vouée à la seule compétitivité. Il propose de repartir des hommes, de leur soif d'action, d'utilité, de Partage, pour redéfinir des ambitions politiques nouvelles parce que porteuses de progrès pour la société entière. " (Le Soir)
Résumé : La croissance est désormais structurellement faible en Europe. Est-ce dû à des politiques économiques inadéquates ? A une panne de l'innovation ? En partie sans doute, mais cette langueur renvoie surtout à un problème plus fondamental : l'épuisement du "coeur du réacteur" de l'économie capitaliste, à savoir le mécanisme de transformation des besoins en marchandises. De nouvelles pratiques sociales émergent : troc, réparation, jardins partagés, échange de logement, crowdfunding, fab-labs, économie collaborative, qui sont autant de réponses spontanées à cette situation de blocage. Mais il y a plus : au sein même du monde productif s'affirment des logiques de coproduction, de coopération, de responsabilité écologique et de symbiose avec la société qui s'éloignent des schémas de rationalité typiques du capitalisme. Fort diverses à tous égards, ces innovations sont porteuses de valeurs démocratiques et d'une aspiration à contribuer activement au bien commun. Elles devraient être favorisées par des politiques publiques imaginatives et ambitieuses. Car, à l'heure où le pouvoir d'achat stagne et où les impératifs écologiques se font sentir, une amélioration de la qualité de vie est possible si l'on produit et consomme autrement.
L'oeuvre de René Girard a remis l'anthropologie religieuse au goût du jour et a influencé en profondeur d'autres domaines des sciences humaines et sociales. Son apport à l'intelligence de la foi chrétienne est considérable : en montrant comment la Passion du Christ dévoile les ressorts de la violence constitutive des sociétés, Girard a éclairé la singularité des Evangiles par rapport aux mythes fondateurs de la culture humaine. Un nombre croissant de théologiens se sont emparés de sa pensée pour reposer les questions du mal, du sacrifice et de la Rédemption. L'un des bénéfices de cette lecture des Evangiles est de souligner la cohérence entre la prédication du Royaume et la signification des circonstances de la mort de Jésus. Plus largement, elle permet de lire les textes bibliques comme la découverte progressive de la non-violence de Dieu. Ce livre est d'abord une présentation des enjeux de la pensée de René Girard pour le christianisme et un premier bilan des théologies qui s'en inspirent. L'auteur conduit ensuite une réflexion plus personnelle sur les rapports entre anthropologie et théologie. Il montre comment la théorie de Girard permet de penser les relations entre religion et violence, et il interroge le sens du rituel chrétien dans un contexte de sécularisation. Bernard Perret est essayiste. Il a mené une double carrière de haut-fonctionnaire et de chercheur en sciences humaines. Ses travaux touchent des sujets variés : questions économiques et sociales, écologie, anthropologie sociale, christianisme. Il a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels : L'Economie contre la société (avec Guy Roustang ; 1993 ; réed. 2001) ; La Logique de l'espérance (2006) ; Vers une raison écologique (2011).
À première vue, la décomposition du système politique et économique dans les pays de l'Est semble avoir marqué la victoire incontestable du capitalisme libéral. Néanmoins, l'amplitude des bouleversements et l'importance des défis politiques et économiques actuels imposent un réexamen des fondements du fonctionnement des sociétés occidentales, notamment concernant les rapports entre le travail et l'émancipation de l'individu, l'autonomie de la sphère économique et l'impact de la croissance sur la qualité de la vie. Dans cette optique, après avoir analysé l'évolution récente des systèmes sociaux et politiques dans les pays industrialisés à l'Est et à l'Ouest, l'ouvrage propose des solutions à la crise actuelle et une réflexion politique sur la place de l'économie dans la société. --Futuribles--
Résumé : Un virus nous a pris par surprise, mais nous risquons d'être plus démunis encore face à la catastrophe écologique. Dans les deux cas, notre impréparation est d'abord mentale. Comment penser un autre récit du futur ? Comment intégrer l'irréversible dans une vision sensée de l'avenir ? Bernard Perret explore ici les ressources de la pensée apocalyptique, qui invite à considérer l'histoire humaine comme une aventure dont nous ne maîtrisons ni le déroulement ni le sens. Une philosophie de l'événement, qui donne toute sa place aux événements dramatiques et inattendus et à leur capacité à susciter de nouvelles avancées de civilisation, peut nous y aider. La réflexion proposée dans cet essai, inspirée des travaux de René Girard, Norbert Elias et Charles Taylor, tente ce pari. Face à la crise où nous sommes entrés, tout laisse à penser que nous avons perdu la main. Mais rien ne nous interdit de penser qu'un nouveau monde pourrait émerger de notre créativité culturelle et spirituelle. Bernard Perret est essayiste. Ses travaux touchent des sujets très variés : questions économiques et sociales, écologie, anthropologie sociale, christianisme. Il a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels : L'Economie contre la société (avec Guy Roustang ; 1993 ; rééd. 2001) ; La Logique de l'espérance (2006) ; Vers une raison écologique (2011) ou Penser la foi chrétienne après René Girard (2018).
Les enfants dyslexiques auraient-ils une notion particulière du temps? Chantal Wyseur en dévoile la complexité et nous introduit au coeur de leur cerveau atemporel. Nous découvrons leur perception du monde en trois dimensions et leurs trésors d'aptitudes. L'auteur ayant appliqué les méthodes de Gestion mentale de La Garanderie et celle de Ronald Davis, ouvre ici une troisième voie de compréhension et d'application, à l'usage des parents et des éducateurs. C'est une démarche concrète et originale pour aider les dyslexiques à apprendre et les enseignants à les comprendre.
Résumé : En cette période où des réformes du système éducatif se donnent explicitement pour projet de respecter les rythmes des élèves en organisant l'éducation par cycle, il faut lire les textes de Maria Montessori. Avant bien d'autres, elle avait expérimenté et pensé une telle progression, en relevant le défi de créer des outils pour qu'enfants et adolescents apprennent par eux-mêmes et non en écoutant un enseignement. Après L'enfant (0 à 6 ans), elle développe dans cet ouvrage les trois cycles suivants, de l'écolier jusqu'à l'étudiant. Jeanne-Françoise Hutin, responsable d'une Ecole Montessori et présidente de l'Association pour la diffusion des idées Montessori, présente le livre et en souligne toute l'actualité.
Ces derniers temps, on s'est beaucoup questionné sur l'efficacité des thérapies: pour beaucoup, c'est la personnalité du thérapeute, sa compétence et sa force qui sont en cause. Ce livre présente clairement la façon de faire de celui qui est presque devenu un mythe aux États-Unis: Milton H. Erickson. Une large part est donnée à sa parole même, et on découvre comment chaque personne, grâce à la compétence et à la pratique d'un thérapeute exceptionnel peut changer et vivre sa part de bonheur. L'ouvrage de Jay Haley suit les grandes étapes de la vie et met en relief la manière très souple, imprévisible, créatrice, dont les crises sont dénouées par Erickson, toujours prêt à donner de lui-même pour aider le patient. Un livre qui peut faire réfléchir tous ceux qui mettent en doute les changements que peut susciter un vrai thérapeute. Ce sont des histoires, et quelque chose de notre histoire. Biographie de l'auteur Jay Haley, praticien et enseignant de thérapie familiale, fut pendant dix-sept ans l'élève d'Erickson. Il fait partie du Groupe de Palo Alto, et est connu en France pour son ouvrage Tacticiens du pouvoir.
Résumé : Dans ce monde qui semble soumis à une accélération constante, où l'on ne cesse de louer la marche ou la course, nous souhaitons et craignons à la fois que tout ralentisse ou même que tout s'arrête. L'ambivalence de ce désir reste à étudier, comme ce que signifie aujourd'hui le fait de ne pas bouger. La privation de mouvement est une peine ; le droit pénal, les disciplines scolaires ou militaires immobilisent ; les accidents et les maladies paralysent ; l'accélération technique se paye en inertie dans les embouteillages ou les bureaux. Les éloges de la mobilité comme la critique de l'accélération sont passés à côté de ces situations où l'immobilité s'impose, non sans violence. Il faut redonner son sens à l'immobilisation. Car cette peine est aussi une étape, une station, impliquant le corps et la pensée. Tenir, debout, assis, dans la position du lotus ou même couché, c'est exercer sur soi une contrainte signifiante. Les "mouvements" d'occupation des places nous le rappellent, l'art également. Savoir faire halte, c'est savoir résister. Jérôme Lèbre est professeur de philosophie en classes préparatoires. Membre du Collège international de philosophie, il est notamment l'auteur de : Vitesses (2011) ; Derrida - La justice sans condition (2013) ; Les Caractères impossibles (2014) ; et, avec Jean-Luc Nancy, de Signaux sensibles (2017).