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Enseigner : agir dans l'urgence, décider dans l'incertitude. Savoirs et compétences dans un métier c
Perrenoud Philippe
ESF
22,00 €
Épuisé
EAN :9782710113508
Qui oserait encore prétendre qu'il suffit de maîtriser des savoirs pour les enseigner ? Les transformations et les crises du système éducatif exigent des enseignants, plus que jamais, de véritables compétences professionnelles. Elles sous-tendent la transposition didactique des savoirs en classe, l'organisation de situations d'apprentissage, l'analyse des difficultés des élèves, la différenciation de l'action pédagogique, la négociation d'un contrat permettant le travail scolaire quotidien dans des conditions minimales de sérénité. Elles permettent aussi de coopérer avec d'autres enseignants, de contribuer à un projet d'équipe et d'établissement, de communiquer avec les parents et la communauté locale, ou encore de piloter sa carrière et sa formation continue. L'objectif de la formation initiale ou continue est désormais de préparer les enseignants à affronter la complexité, la diversité et la mouvance des situations professionnelles auxquelles ils sont ou seront confrontés. Les " référentiels de compétences " dont se réclament les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres suffiront-ils à faire contrepoids à la tradition d'empires disciplinaires plus habitués à transmettre des savoirs qu'à développer des compétences ? Parviendra-t-on à se défaire de la tentation de croire que les compétences viennent par surcroît ? à reconnaître qu'on ne peut les construire sans inventer des dispositifs de formation ordonnés à cette fin, articulant théorie et pratique ? On travaille à de tels dispositifs dans de nombreux pays. Il reste, pour ne pas se perdre dans l'ingénierie, à élaborer des représentations communes de plus en plus fines, réalistes et explicites, du métier d'enseignant. Il faut aussi traquer ses non-dits, mettre plus méthodiquement en évidence les urgences et les incertitudes de l'action pédagogique, sa part de bricolage, de solitude, d'improvisation, de déraison, de marchandage aussi bien que de didactique et de connaissances rationnelles. C'est à ce prix qu'on identifiera les compétences requises, les savoirs savants et les savoirs d'expérience sur lesquels elles prennent appui, la façon dont elles les mobilisent à bon escient, en situation complexe. En amont de la formation, pour mieux cerner le métier auquel elle destine, ce nouveau livre de Philippe Perrenoud reprend et prolonge un certain nombre de ses travaux sur les pratiques, les savoirs, l'habitus et les compétences des enseignants.
Aujourd'hui, les élèves sont devenus des " apprenants ". Cette concentration sur les apprentissages et donc sur la didactique qui les organise pourrait, si l'on n'y prend garde, être l'étape ultime de la dénégation du sujet : si l'apprenant n'apprend pas, s'il ne veut ou ne peut apprendre, quelle identité lui reste-t-il ? Identifier l'élève à l'apprenant, c'est empêcher de penser la distance entre le rôle que les adultes lui attribuent et ce qu'il en fait, c'est oublier que le métier d'élève est assigné aux enfants et aux adolescents comme un métier statutaire, à la manière dont un adulte est mobilisé par l'Etat dans un jury ou une armée. Juridiquement, le travail scolaire est plus proche des travaux forcés que de la profession librement choisie. Une fraction des élèves font de cette nécessité une vertu et trouvent leur compte dans la scolarisation ; d'autres résistent ouvertement et déclenchent les foudres de ceux qui leur " veulent du bien " ; d'autres encore feignent l'adhésion et jouent avec les règles. Idéalement, le métier d'élève les invite à travailler pour apprendre. En réalité, on demande aussi aux enfants et adolescents de travailler pour être occupés, pour rendre des textes, des exercices, des problèmes vérifiables, pour être évalués, pour contribuer au bon fonctionnement didactique, pour rassurer leurs maîtres et leurs parents. On les invite à suivre des routines et des règles qui visent parfois à optimiser les apprentissages et le développement intellectuel, mais parfois, plus prosaïquement, à assurer le silence, l'ordre et la discipline, à faciliter la coexistence pacifique dans un espace clos, à garantir le respect des programmes, le bon usage des moyens, l'autorité du maître. Une sociologie du métier d'élève est à la fois une sociologie du travail scolaire, de l'organisation éducative et du curriculum réel. Elle s'intéresse aux tâches et aux contraintes qu'on assigne effectivement aux élèves. Elle analyse leurs tactiques et leurs stratégies, la façon dont ils prennent des distances face aux attentes des adultes et rusent avec leur pouvoir dans la famille ou dans l'école. Elle éclaire les contenus concrets de la culture scolaire telle qu'elle est transposée et s'incarne au jour le jour dans les classes. Enfin, elle s'intéresse au sens que donnent les élèves au travail quotidien, en fonction de leur héritage culturel aussi bien que des situations dans lesquelles on les place et du pouvoir qu'on leur concède.
Le métier d'enseignant se transforme travail : en équipe et par projets, autonomie et responsabilité accrues, pédagogies différenciées, centration sur les dispositifs et les situations d'apprentissage, sensibilité au rapport au savoir et à la loi. Les ambitions des systèmes éducatifs s'accroissent, alors que les publics scolaires deviennent plus hétérogènes. S'ils ne mettent pas la clé sur la porte, s'ils relèvent le défi, les acteurs du système éducatif ont besoin de développer de nouvelles compétences. On s'en tiendra ici aux enseignants du primaire et du secondaire; en considérant qu'aujourd'hui les uns et les autres font largement face aux mêmes problèmes et aux mêmes élèves et n'exercent plus des métiers tellement différents. Ce livre privilégie les pratiques novatrices, donc les compétences émergentes, celles qui devraient orienter les formations initiales et continues, celles qui contribuent à la lutte contre l'échec scolaire et développent la citoyenneté, celles qui font appel à la recherche et mettent l'accent sur la pratique réflexive. Dix grandes familles de compétences ont été retenues : 1) organiser et animer des situations d'apprentissage ; 2) gérer la progression des apprentissages ; 3) concevoir et faire évoluer des dispositifs de différenciation ; 4) impliquer les élèves dans leurs apprentissages et leur travail ; 5) travailler en équipe ; 6) participer à ta gestion de l'école; 7) informer et impliquer tes parents ; 8) se servir des technologies nouvelles ; 9) affronter les devoirs et les dilemmes éthiques de ta profession ; 10) gérer sa propre formation continue. Chacune sera déclinée en trois ou quatre composantes principales. On peut se servir de ce livre comme d'un référentiel cohérent, argumenté et orienté vers l'avenir. Mais c'est d'abord une invitation au voyage, un guide destiné à ceux qui, de l'intérieur comme de l'extérieur, cherchent à comprendre où va le métier d'enseignant.
Dans la réflexion sur l'exercice des métiers, la figure du praticien réflexif proposée par Donald Schön s'impose de plus en plus. Les savoirs rationnels, observait-il, ne suffisent pas à faire face à la complexité et à la diversité des situations de travail. L'enjeu est donc de réhabiliter la raison pratique, les savoirs d'action et d'expérience, l'intuition, l'expertise fondée sur un dialogue avec le réel et la réflexion dans l'action et sur l'action. Comme tous les " métiers de l'humain ", le métier d'enseignant est particulièrement concerné par cette approche. Enseigner requiert, en effet, outre la connaissance des contenus d'enseignement et en étroite relation avec eux, un ensemble de savoirs multiples, didactiques ou transversaux, les uns issus de la recherche en sciences humaines et sociales, d'autres participant de la tradition et de l'expertise professionnelles collectives, d'autres encore construits par chacun au fil de son expérience. La pratique réflexive a notamment pour fonction de solidariser et de faire dialoguer ces divers savoirs. Ainsi, ce livre tente de montrer que le " paradigme réflexif " peut précisément concilier, dans l'exercice du métier d'enseignant, raison scientifique et raison pratique, connaissance de processus universels et savoirs d'expérience, éthique, implication et efficacité. Ce débat a de fortes incidences sur la façon de penser la formation des enseignants et la professionnalisation de leur métier. Ce livre est destiné d'abord à tous les professionnels qui analysent et transforment leurs pratiques, mais aussi à ceux qui les accompagnent : conseillers, formateurs, responsables de projets innovateurs, cadres scolaires. Il réexamine les concepts de base du paradigme réflexif (réflexion dans l'action, sur l'action, sur le système d'action) et les relie, d'une part, à des réflexions sur la formation en alternance, la démarche clinique, l'analyse des pratiques, le travail sur l'habitus, d'autre part aux théories de l'action située, de l'inconscient pratique, du travail. Construit en référence au métier d'enseignant, en voie de professionnalisation, il concerne plus globalement tous les métiers confrontés à l'humain et à la complexité, qui exigent lucidité professionnelle et implication critique.
Biographie de l'auteur Philippe Perrenoud, sociologue, est Professeur honoraire de l'Université de Genève. Ses travaux sur la fabrication des inégalités et de l'échec scolaire ont conduit à s'intéresser à la différenciation de l'enseignement, et plus globalement au curriculum, au travail scolaire et aux pratiques pédagogiques, à l'innovation et à la formation des enseignants. Chez ESF éditeur, il a publié notamment La pédagogie à l'école des différences, Dix nouvelles compétences pour enseigner et Construire des compétences dès l'école.
Les expériences de "classe inversée" apparaissent aujourd'hui prometteuses. Alors que, dans les "classes traditionnelles", on "fait cours" à l'Ecole avant d'envoyer les élèves "travailler" chez eux, dans les "classes inversées", le professeur propose aux élèves de prendre connaissance d'un exposé enregistré ou d'une séquence illustrée puis les accueille en classe pour répondre à leurs questions et les accompagner dans la réalisation d'exercices ou de projets... On comprend que ce modèle pédagogique soit particulièrement attractif : à l'ère du numérique, au moment où tant de ressources documentaires sont disponibles, le professeur voit ainsi son rôle renouvelé et peut se consacrer pleinement à l'appropriation des connaissances. Mais il ne faut pas, pour autant, basculer dans la naïveté spontanéiste. Prendre connaissance d'une information ou regarder une vidéo pour en tirer quelques enseignements ne vont pas de soi et le risque existe que beaucoup d'élèves n'en profitent guère. De même, interroger le professeur pour mieux comprendre un phénomène, faire un exercice de manière autonome ou travailler en petits groupes pour résoudre un problème ne sont pas des comportements faciles à mettre en oeuvre. Etre intellectuellement actif, s'engager dans un travail et le mener à bien ne se décrète pas, cela se forme. Et, précisément, l'ouvrage d'Alain Taurisson et de Claire Herviou nous montre comment faire. Prenant appui sur des travaux scientifiques éprouvés et des expérimentations solides, présentant les références théoriques nécessaires et donnant de très nombreux exemples d'outils utilisables, les auteurs fondent une véritable "pédagogie de l'activité", garantissant pleinement l'engagement de chaque élève tant dans la prise d'information que dans l'assimilation et le réinvestissement des connaissances. Ils font ainsi de la "classe inversée" une véritable "pédagogie alternative". Au service de la réussite de toutes et tous. Et pour retrouver le bonheur d'enseigner...
Ce livre décrit la pédagogie Montessori et comment celle-ci, jusqu'à maintenant largement réservée à l'école privée, peut s'intégrer avec pertinence dans une pratique de classe à l'école publique en respectant à la fois sa propre quintessence et les objectifs de l'Education nationale. La confiance en soi, la motivation, la curiosité, la maîtrise de soi et les capacités d'adaptation sont des qualités indispensables et déterminantes pour s'intégrer au monde de demain. Leur développement est l'objectif premier de cette pédagogie qui propose un enseignement individualisé, respectant le rythme d'apprentissage de chaque enfant. Ce livre est le seul à l'heure actuelle à présenter une expérience concrète d'enseignement Montessori dans une école maternelle publique. Les enseignants peuvent y puiser tous les éléments nécessaires pour comprendre, à travers un éclairage actualisé, cette pédagogie et démarrer des ateliers Montessori dans leur classe. Les parents peuvent saisir les enjeux de celle-ci et comprendre combien il est important de ne pas dissocier scolarité et développement de la personnalité de l'enfant.
Comment mettre les élèves au travail ? Comment préparer la classe ? Comment ramener à la tâche les élèves distraits ou agités ? Comment mettre en place des activités qui fassent réellement apprendre ? Comment réagir à l'agressivité ou à l'insolence de tel ou tel ? Comment et quand évaluer ? Comment aider les élèves en difficulté ? A ce type de questions, ce livre donne des réponses précises et concrètes, et même ce qu'on pourrait appeler des "recettes". Mais faire la classe n'est pas une activité ordinaire qu'on pourrait pratiquer mécaniquement. Il faut faire des choix et se donner des principes. Ce sont eux que Bernard Rey s'attache à éclairer. Il s'adresse ainsi aux enseignants débutants. Mais le livre provoquera aussi la réflexion des maîtres chevronnés. Quant aux parents d'élèves, ils trouveront grâce à lui un accès aux coulisses d'une activité qui concerne, jour après jour, leurs enfants.
Tout enseignant, tout éducateur se doit d'exercer une autorité. Aucun d'entre eux, d'ailleurs, ne souhaite délibérément abdiquer son autorité ! Pour autant, les injonctions à la "restauration" de l'autorité traditionnelle paraissent bien dérisoires dès lors qu'elles ne s'accompagnent ni d'une réflexion sur la nature de cette autorité, ni d'un travail sur les moyens de l'exercer à bon escient. L'ouvrage de Bruno Robbes rompt tout autant avec les lamentations passéistes sur un âge d'or de l'autorité qu'avec les préconisations simplistes sur "la tenue de classe". L'auteur s'efforce, en revanche, de comprendre comment une autorité peut être véritablement éducative. Il souligne la nécessité de dépasser l'opposition entre contrainte et liberté afin de construire des situations où l'élève consent à s'impliquer dans ce qui lui est proposé pour accéder aux savoirs qui lui permettront de s'émanciper. Il montre aussi que cette autorité requiert une éthique professionnelle qui la rend, tout à la fois, légitime et praticable. Mais l'originalité de ce livre tient aussi dans la manière dont il s'appuie sur des situations concrètes qui, de la maternelle au lycée, permettent de comprendre où se situent les problèmes d'autorité, comment les analyser et les surmonter. Grâce à ces situations, où l'on reconnaîtra le quotidien de notre école, le lecteur pourra non seulement identifier les enjeux de l'autorité éducative aujourd'hui, mais aussi voir comment on peut concrètement s'y prendre pour y faire face. Sans dramatiser ni s'épuiser. Et même en trouvant du plaisir à enseigner ! Philippe Meirieu.