Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Dix nouvelles compétences pour enseigner. Invitation au voyage, 5e édition
Perrenoud Philippe
ESF
23,35 €
Épuisé
EAN :9782710117711
Le métier d'enseignant se transforme travail : en équipe et par projets, autonomie et responsabilité accrues, pédagogies différenciées, centration sur les dispositifs et les situations d'apprentissage, sensibilité au rapport au savoir et à la loi. Les ambitions des systèmes éducatifs s'accroissent, alors que les publics scolaires deviennent plus hétérogènes. S'ils ne mettent pas la clé sur la porte, s'ils relèvent le défi, les acteurs du système éducatif ont besoin de développer de nouvelles compétences. On s'en tiendra ici aux enseignants du primaire et du secondaire; en considérant qu'aujourd'hui les uns et les autres font largement face aux mêmes problèmes et aux mêmes élèves et n'exercent plus des métiers tellement différents. Ce livre privilégie les pratiques novatrices, donc les compétences émergentes, celles qui devraient orienter les formations initiales et continues, celles qui contribuent à la lutte contre l'échec scolaire et développent la citoyenneté, celles qui font appel à la recherche et mettent l'accent sur la pratique réflexive. Dix grandes familles de compétences ont été retenues : 1) organiser et animer des situations d'apprentissage ; 2) gérer la progression des apprentissages ; 3) concevoir et faire évoluer des dispositifs de différenciation ; 4) impliquer les élèves dans leurs apprentissages et leur travail ; 5) travailler en équipe ; 6) participer à ta gestion de l'école; 7) informer et impliquer tes parents ; 8) se servir des technologies nouvelles ; 9) affronter les devoirs et les dilemmes éthiques de ta profession ; 10) gérer sa propre formation continue. Chacune sera déclinée en trois ou quatre composantes principales. On peut se servir de ce livre comme d'un référentiel cohérent, argumenté et orienté vers l'avenir. Mais c'est d'abord une invitation au voyage, un guide destiné à ceux qui, de l'intérieur comme de l'extérieur, cherchent à comprendre où va le métier d'enseignant.
Aujourd'hui, les élèves sont devenus des "apprenants". Cette centration sur les apprentissages et donc sur la didactique qui les organise pourrait, si l'on n'y prend garde, être l'étape ultime de la dénégation du sujet : si l'apprenant n'apprend pas, s'il ne veut ou ne peut apprendre, quelle identité lui reste-t-il ? Identifier l'élève à l'apprenant, c'est empêcher de penser la distance entre le rôle que les adultes lui attribuent et ce qu'il en fait, c'est oublier que le métier d'élève est assigné aux enfants et aux adolescents comme un métier statutaire, à la manière dont un adulte est mobilisé par l'état dans un jury ou une armée. Juridiquement, le travail scolaire est plus proche des travaux forcés que de la profession librement choisie. Idéalement, le métier d'élève les invite à travailler pour apprendre. En réalité, on demande aussi aux enfants et adolescents de travailler pour être occupés, pour rendre des textes, des exercices, des problèmes vérifiables, pour être évalués, pour contribuer au bon fonctionnement didactique, pour rassurer leurs maîtres et leurs parents. On les invite à suivre des routines et des règles qui visent parfois à optimiser les apprentissages et le développement intellectuel, mais parfois, plus prosaïquement, à assurer le silence, l'ordre et la discipline, à faciliter la coexistence pacifique dans un espace clos, à garantir le respect des programmes, le bon usage des moyens, l'autorité du maître. Une sociologie du métier d'élève est à la fois une sociologie du travail scolaire, de l'organisation éducative et du curriculum réel. Elle analyse leurs tactiques et leurs stratégies, la façon dont ils prennent des distances face aux attentes des adultes et rusent avec leur pouvoir dans la famille ou dans l'école. Elle éclaire les contenus concrets de la culture scolaire telle qu'elle est transposée et s'incarne au jour le jour dans les classes. Enfin, elle s'intéresse au sens que donnent les élèves au travail quotidien, en fonction de leur héritage culturel aussi bien que des situations dans lesquelles on les place et du pouvoir qu'on leur concède.
Biographie de l'auteur Philippe Perrenoud, sociologue, est Professeur honoraire de l'Université de Genève. Ses travaux sur la fabrication des inégalités et de l'échec scolaire ont conduit à s'intéresser à la différenciation de l'enseignement, et plus globalement au curriculum, au travail scolaire et aux pratiques pédagogiques, à l'innovation et à la formation des enseignants. Chez ESF éditeur, il a publié notamment La pédagogie à l'école des différences, Dix nouvelles compétences pour enseigner et Construire des compétences dès l'école.
Depuis plusieurs dizaines d'années, les sociologues ont montré comment l'Ecole, par son indifférence aux différences, transformait les inégalités sociales et culturelles en inégalités de résultats scolaires. Leurs constats sont encore valables aujourd'hui... tant la corrélation entre l'origine sociale et l'échec scolaire reste un fait majeur contre lequel viennent buter la détermination des militants pédagogiques et les réformes institutionnelles de toutes sortes. Pourtant, les outils existent pour faire mentir les statistiques et démontrer enfin que " l'échec scolaire n'est pas une fatalité " : " pédagogique de soutien ", " pédagogie différenciée ", " individualisation des parcours de formation ", mise en place de " cycles " à l'école primaire, des "études dirigées " au collège, des " modules " au lycée, etc. Mais toutes ces initiatives, qui devraient permettre à de plus en plus d'élèves de maîtriser davantage de connaissances, ne produisent pas toujours les résultats escomptés. Parfois même, les enseignants qui les ont promues se découragent et reviennent à l'enseignement collectif et frontal qu'ils avaient eux-mêmes dénoncés. Il fallait le regard d'un sociologue pour comprendre ce phénomène, analyser les résistances liées à une organisation scolaire pensée à une autre époque, et comprendre les inquiétudes de ceux qui voient dans la prise en compte des différences un risque d'injustice, de désordre ou de complication administrative. Il fallait aussi un " anthropologue des situations scolaires " pour nous aider à être plus lucides sur nos propres peurs, nos difficultés à passer à l'acte, nos réactions paradoxales à l'égard des propositions pédagogiques nouvelles. Philippe Perrenoud est tout cela à la fois. Il nous propose, dans ce livre, un ensemble de textes qui analysent les contradictions dans lesquelles se débattent aujourd'hui bien des enseignants et des établissements. Avec humour, générosité et réalisme, ce chercheur, engagé dans la formation des enseignants et la transformation des systèmes éducatifs, nous aide à comprendre et trouver des moyens pour agir.
Extrait de l'introduction:De nouvelles compétences professionnelles pour enseignerPratique réflexive, professionnalisation, travail en équipe et par projets, autonomie et responsabilité accrues, pédagogies différenciées, centration sur les dispositifs et les situations d'apprentissage, sensibilité au rapport au savoir et à la loi, dessinent un «scénario pour un métier nouveau» (Meirieu, 1989). Il survient sur fond de crise, en un temps où les enseignants tendent à se replier sur leur classe et les pratiques qui ont fait leurs preuves. En l'état des politiques et des finances publiques des pays développés, on serait malvenu de le leur reprocher. On peut espérer pourtant que de nombreux enseignants relèveront le défi, par refus de la société duale et de l'échec scolaire qui la prépare, par désir d'enseigner et de faire apprendre en dépit de tout, ou encore, par crainte de «mourir debout, une craie à la main, au tableau noir», selon la formule d'Huberman (1989 a) lorsqu'il résume la question existentielle qui surgit à l'approche de la quarantaine dans le cycle de vie des enseignants (1989 b).Décider dans l'incertitude et agir dans l'urgence (Perrenoud, 1996 c): c'est une façon de caractériser l'expertise des enseignants, qui font un des trois métiers que Freud disait «impossibles», parce que l'apprenant résiste au savoir et à la prise en charge. Cette analyse de la nature et du fonctionnement des compétences est loin d'être achevée. L'expertise, la pensée et les compétences des enseignants font l'objet de nombreux travaux, inspirés de l'ergonomie et de l'anthropologie cognitive, de la psychologie et de la sociologie du travail, de l'analyse des pratiques.
Tout enseignant, tout éducateur se doit d'exercer une autorité. Aucun d'entre eux, d'ailleurs, ne souhaite délibérément abdiquer son autorité ! Pour autant, les injonctions à la "restauration" de l'autorité traditionnelle paraissent bien dérisoires dès lors qu'elles ne s'accompagnent ni d'une réflexion sur la nature de cette autorité, ni d'un travail sur les moyens de l'exercer à bon escient. L'ouvrage de Bruno Robbes rompt tout autant avec les lamentations passéistes sur un âge d'or de l'autorité qu'avec les préconisations simplistes sur "la tenue de classe". L'auteur s'efforce, en revanche, de comprendre comment une autorité peut être véritablement éducative. Il souligne la nécessité de dépasser l'opposition entre contrainte et liberté afin de construire des situations où l'élève consent à s'impliquer dans ce qui lui est proposé pour accéder aux savoirs qui lui permettront de s'émanciper. Il montre aussi que cette autorité requiert une éthique professionnelle qui la rend, tout à la fois, légitime et praticable. Mais l'originalité de ce livre tient aussi dans la manière dont il s'appuie sur des situations concrètes qui, de la maternelle au lycée, permettent de comprendre où se situent les problèmes d'autorité, comment les analyser et les surmonter. Grâce à ces situations, où l'on reconnaîtra le quotidien de notre école, le lecteur pourra non seulement identifier les enjeux de l'autorité éducative aujourd'hui, mais aussi voir comment on peut concrètement s'y prendre pour y faire face. Sans dramatiser ni s'épuiser. Et même en trouvant du plaisir à enseigner ! Philippe Meirieu.
La pédagogie Montessori considère l'enfant avec toutes ses potentialités, faisant le pari que chacun peut se développer et apprendre si on lui offre un environnement et les outils adéquats. Ni élitiste, ni contraignante, encore moins individualiste, cette pédagogie promeut, au contraire, la personnalisation des apprentissages. Enseignante en maternelle depuis plusieurs années, Marguerite Morin partage, dans ce livre, son expérience et montre qu'il est tout à fait possible de mettre en place la pédagogie Montessori à l'école publique. Elle offre des pistes à tous ceux qui voudraient se lancer dans la même aventure. Elle répond aux questions concrètes que les enseignants se posent : emploi du temps, budget, relations avec les collègues, nombre d'élèves... Mais surtout, elle fait le lien entre la pédagogie Montessori et les récents programmes officiels, afin de répondre aux exigences de l'Education nationale. Des fiches pratiques présentent pas à pas plus de 60 activités Montessori, toutes illustrées de photos d'élèves en situation. Véritable guide pratique, cet ouvrage accompagnera l'enseignant qui souhaite changer de posture et mettre en place la pédagogie Montessori dans sa classe. Des outils téléchargeables en ligne sont un complément indispensable pour bien démarrer : plans de séquences thématiques détaillés séance par séance, fiches de suivi, document d'évaluation, vidéos de vie de classe...
Ce livre décrit la pédagogie Montessori et comment celle-ci, jusqu'à maintenant largement réservée à l'école privée, peut s'intégrer avec pertinence dans une pratique de classe à l'école publique en respectant à la fois sa propre quintessence et les objectifs de l'Education nationale. La confiance en soi, la motivation, la curiosité, la maîtrise de soi et les capacités d'adaptation sont des qualités indispensables et déterminantes pour s'intégrer au monde de demain. Leur développement est l'objectif premier de cette pédagogie qui propose un enseignement individualisé, respectant le rythme d'apprentissage de chaque enfant. Ce livre est le seul à l'heure actuelle à présenter une expérience concrète d'enseignement Montessori dans une école maternelle publique. Les enseignants peuvent y puiser tous les éléments nécessaires pour comprendre, à travers un éclairage actualisé, cette pédagogie et démarrer des ateliers Montessori dans leur classe. Les parents peuvent saisir les enjeux de celle-ci et comprendre combien il est important de ne pas dissocier scolarité et développement de la personnalité de l'enfant.
Les enseignants considèrent légitimement que l'essentiel de leur activité réside dans le face-à-face singulier qu'ils entretiennent avec leurs élèves. Néanmoins, ils disent également souffrir de la solitude et ont ainsi, à l'égard du travail en équipe, un sentiment particulièrement ambivalent. Pourtant, depuis plusieurs années, les recommandations officielles, mais aussi les travaux sur le fonctionnement des établissements, mettent en avant le caractère positif pour les élèves d'une collaboration entre les professeurs : facteur de cohérence éducative, cela contribuerait à l'émergence d'une nouvelle professionnalité, plus lucide et efficace, plus équilibrée aussi et soutenant l'engagement pédagogique tout au long de la carrière. Mais l'injonction, dans ce domaine, se heurte souvent à des difficultés concrètes : pourquoi et comment collaborer ? Comment faire de cette collaboration du temps gagné et non du temps perdu ? Quels domaines investir et quelles règles de travail se fixer ? Jean-Claude Meyer reprend ici toutes ces questions, avec de nombreux exemples très concrets. Il montre quelles sont les configurations efficaces du travail collaboratif et comment elles peuvent s'attacher à des enjeux stratégiques dans de véritables dynamiques de projet. Il insiste sur la possibilité de mettre en place de véritables "plans de formation" dans les collèges et les lycées. Bref, il montre que les enseignants peuvent et doivent faire le pari de l'intelligence collective.