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Voir et incarner. Une phénoménologie de l'espace corps, architecture, ville
Perelman Marc
ENCRE MARINE
45,00 €
Épuisé
EAN :9782350880860
Le but, sinon la visée, de cet ouvrage ressortit à une tentative de mise au jour d'une intelligibilité des rapports sociaux, politiques et idéologiques, historiquement institués entre le corps, l'architecture et la ville. Sans prétendre vouloir faire l'inventaire exhaustif des multiples associations, dépendances voire des unions, osmoses, fusions entre ces trois objets ou sphères de recherche, eux-mêmes inscrits dans une interrogation plus large sur l'espace et le temps, ce recueil de textes tente d'analyser les moments forts, les noyaux durs, les structures pérennes dont ils dépendent plus ou moins directement. Quelle est la thèse centrale de cet ouvrage ? Elle est qu'au coeur des rapports réels, symboliques ou encore imaginaires établis entre le corps humain et l'espace, qu'il soit construit matériellement au moyen de l'architecture ou peint par le biais de fresques ou de tableaux, il est de fait question d'un puissant mouvement dont le corps est à l'origine et auquel la pensée sous le registre spéculatif de l'intuition, de l'anticipation, voire sur le modèle de la construction elle-même, lui est attachée. Les différents chapitres de cet ouvrage soutiennent une interrogation sur la cristallisation d'une symbolique corporelle de l'architecture, la mise au jour de la projection du corps - des parties du corps ou du corps tout entier - dans l'architecture voire dans la ville, la réfraction de l'architecture dans le corps, enfin sur l'organisation de la ville perçue comme un gigantesque corps. Le développement de l'ouvrage cherche à montrer que l'organisation du corps, sa dynamique, son mouvement général dans la société occidentale participe de la structure de l'architecture autant que celle-ci le structure jusqu'à procéder à une forme d'amalgame voire de fusion entre eux.
Marc Perelman s'attaque à l'avènement du sport de compétition en tant que phénomène de masse, institution phare de la mondialisation. Pour lui, le sport provoque la « mutilation de la conscience de tous ceux qui sont fascinés par son spectacle ». Il est une forme de bestialité, de barbarie (étrangeté, rudesse, grossièreté, inculture...). Sa puissance sociale, politique et idéologique s'est développée à une vitesse inouïe. Les médias ne sont pas au service du sport: le sport est devenu un puissant média, la nouvelle et vraie religion du XXIe. L'auteur en pointe les dérives totalitaires, le sport tient le premier rôle dans la consolidation des régimes et pouvoirs en place (Jeux olympiques de Berlin en 1936, Mondial de football de 1978 en Argentine; JO de Moscou en 1980; JO à Pékin en 2008). Il ne s'agit pas seulement de décrire les caractéristiques en apparence les plus insoutenables (dopage, racisme, violence) ou de dynamiter toutes les conceptions au mieux naïves au pire dithyrambiques sur les fonctions, le rôle du sport: éducation, beauté, humanisme. Mais de souligner la contradiction entre le mouvement irrésistible de sa mondialisation - dont il est à la fois le reflet et le projet - et les structures anciennes liées à sa propre histoire et à son ancrage nationaux. Le sport attire en masse, tout âge et aujourd'hui tout sexe confondus, mais en dissolvant les vraies solidarités, en cassant les rapports sociaux, en brisant les valeurs d émancipation.On est sommés de suivre tous les événements sportifs, de penser sport en permanence, le sport est devenu le seul projet d'une société sans projet.
Plutôt qu'une sage biographie, un livre trop linéaire pour un personnage hors du commun, l'ouvrage que nous avons souhaité présenter au public français situe la vie et l'œuvre immense de Giulio Carlo Argan à travers son énergie intellectuelle, l'originalité de ses thèses sur l'art, l'importance de la politique et de l'action militante jamais absentes, enfin le raffinement littéraire de ses écrits. Giulio Carlo Argan a connu tous les historiens de l'art : de Venturi père à Erwin Panofsky, en passant par Rudolf Wittkower, Roberto Longhi, la plupart des peintres dont Picasso, tous les. architectes (Walter Gropius, Le Corbusier, Frank Lloyd Wright), et de nombreux écrivains et philosophes (Jean-Paul Sartre, Georg Lukacs). Il nous parle de tous ces personnages rencontrés au cours de sa vie dans l'une des dernières interviews accordées, ici intégralement reproduite. La traduction d'une thèse italienne permet de mieux apprécier l'origine des intérêts philosophiques et des grandes lignes directrices de la pensée de Giulio Carlo Argan au cours de soixante années d'activité. Une bibliographie complète, soit plus de 1000 textes, montre l'ampleur de la réflexion de l'historien et critique d'art. De son premier article datant de 1930 sur Palladio aux derniers articles qu'il put rédiger, G.C. Argan n'a eu de cesse de réfléchir sur le mouvement général de l'art dans toutes ses composantes (peinture, sculpture, architecture, design, media), d'interroger la réalité présente, et surtout de participer activement aux batailles de son temps. Et comme un ultime combat, de 1976 à 1979, il fut le maire de Rome.
Le sport, en quelques décennies, est devenu le plus grand phénomène de masse mondial du XXe siècle, sans doute la nouvelle et vraie religion du XXIe. Le sport tire toujours sa grande et sa principale force d'une adhésion planétaire, une adhésion de tous; le sport mobilise d'immenses masses coagulées dans les stades ou solidifiées devant les écrans de télévision (au foyer ou sur les places des grandes villes), des masses qui se déversent ensuite et se vaporisent dans les rues des villes pour fêter la victoire, leur victoire. Par le biais de ses structures locale, nationale, internationale, le sport s'est élevé à la hauteur d'un pouvoir mondial au sens d'une autorité qui tend à couvrir, surplomber et pénétrer toutes les activités d'une société en proie au plus grand désarroi. Le sport s'est constitué comme le fer de lance d'une armée en ordre de bataille vis-à-vis de laquelle, curieusement, ceux qu'il méduse sont écrasés par lui. Rouleau compresseur de la modernité décadente, le sport lamine tout sur son passage et devient le seul projet d'une société sans projet. Biographie: Marc Perelman est né en 1953. Architecte de formation, il a soutenu une thèse de philosophie sur les rapports entre le corps et l'architecture. Il est professeur d'esthétique à Paris X-Nanterre.
2 volumes sous coffret vendus non séparément Tome I Clémence Ramnoux consacra sa vie entière à l'étude et à la sémantique des penseurs présocratiques comme Héraclite, Empédocle ou Parménide, afin de remonter aux sources de la philosophie. Pour ce faire, elle élabora une méthode de recherche interdisciplinaire, redevable de l'histoire des religions, de la philologie, de la philosophie et de la psychanalyse. Dans ce premier volume se trouvent rassemblés les trois premiers ouvrages (La Nuit et les enfants de la Nuit dans la tradition grecque, Héraclite ou l'homme entre les choses et les mots, Mythologie ou la famille olympienne) de cette grande helléniste qui font toujours autorité. A chaque fois l'auteur a proposé de nouvelles traductions des textes présocratiques. Clémence Ramnoux n'étudie pas seulement l'évolution du mythos au logos, en s'attachant à démontrer le passage du nom des puissances divines à l'abstraction philosophique, elle s'est également intéressée aux fragments d'Héraclite en proposant une lecture non plus fondée selon la division traditionnelle - cosmologie, anthropologie, logique - mais sur une nouvelle méthode de groupement des formules de mots. Dès lors, elle éclaire les fragments d'Héraclite, en se mettant à l'écoute des mots, de leurs jeux, de leurs résonances, de leurs échos pour les entendre philosophiquement et les comprendre dans leur unité, nous faisant oublier le surnom que la tradition lui donnait : "Héraclite l'Obscur" . Dans sa présentation, Rossella Saetta Cottone dit la dette immense de la recherche française envers Clémence Ramnoux qui a su dépasser les clivages disciplinaires pour aborder une question capitale de notre culture comme celle de la naissance de la pensée rationnelle. Tome II Dans ce second volume consacré essentiellement aux études présocratiques, Clémence Ramnoux reconnaît l'apport de Nietzsche en montrant que le retour aux sources archaïques permet de comprendre comment de l'éloignement progressif des dieux vont naître les commencements de la philosophie. Cette dernière se détachera peu à peu du mythe (encore largement présent chez Platon), pour faire émerger la pensée abstraite, toujours en mutation, fille adultérine de la pensée archaïque. C'est à l'aune de ces rencontres agonistiques entre penseurs anciens que la philosophie s'affirmera. Dans une suite d'articles sur les présocratiques, on découvre ce glissement du mythe à la pensée rationnelle, déjà en germe avant Socrate. Avec la traduction commentée du Poème de Parménide, l'auteur montre l'importance de la transmission des textes anciens dont il faut aussi savoir faire une étude critique. Un choix d'articles peu connus, jusqu'alors dispersés et difficilement accessibles, permet de mieux comprendre les relations complexes - à la fois complices et novatrices - de Clémence Ramnoux avec la pensée contemporaine, notamment avec la psychanalyse et avec la philosophie de Bachelard. Cette nouvelle édition en deux volumes des oeuvres majeures de Clémence Ramnoux, entièrement revue et corrigée, est enrichie d'une Table de concordances des fragments orphiques, d'un Index des sources, d'un Index général, d'une Bibliographie raisonnée des oeuvres citées par l'auteur et d'une Bibliographie de ses oeuvres et des articles qui lui ont été consacrés.
Marcel Conche, professeur émérite à la Sorbonne, membre de l'Académie d'Athènes, est l'auteur de nombreux ouvrages, publiés aux Editions Encre Marine, Cécile Defaut, Albin Michel, et surtout aux Presses Universitaires de France (collections "Perspectives critiques", "Quadrige" et "Epiméthée").
Quand point l'année nouvelle, chacun se soumet au cérémonial des voeux, interminables et impersonnels (la sacro-sainte triade santé-bonheur-réussite !), auquel se greffe la tragi-comédie des grandes résolutions dans une cascade déprimante de ne plus dont rien ou presque ne subsiste quelques jours après. S'y ajoutent les rituels et les folklores qui, sous toutes les latitudes et dans toutes les cultures humaines, leur font écho. Chacun s'y prête à chaque fois (cette répétition donne le vertige) avec un enthousiasme qui décroît en général au fil des ans. Et si, à l'heure d'entrebâiller la porte de Janvier, qui restera close un an encore, il devenait urgent et même vital de lever les yeux du compte à rebours universel pour passer du trompe-l'oeil de la carte de voeux et de la vraie-fausse résolution au rendez-vous enfin pris avec soi-même ? Et si dire oui, faire oui à la manière nietzschéenne, c'était simple comme le Nouvel An ? Telle est l'invitation philosophique que ce livre, écrit dans une langue volontairement accessible au plus grand nombre sans rien céder sur le fond de la pensée, adresse à toutes celles et à tous ceux qui souhaitent ne pas laisser filer indéfiniment, année après année, l'occasion de devenir ce qu'ils sont.
Pour les philosophies théologisées, mixtes de religion et de philosophie, que sont les philosophies modernes, telles celles de Descartes, de Kant, de Hegel, et à l'exception de celle de Montaigne, l'aléatoire ne saurait être au coeur de la réalité puisque, pour l'être transcendant et omniconnaissant, Dieu, tout ce qui arrive et arrivera est de toute éternité, comme déjà arrivé. Si, au contraire, l'on revient à la philosophie libérée de la religion, c'est-à-dire à la manière grecque de philosopher, on est amené à ne pas limiter le champ de l'aléatoire à la zone humaine: on le voit au coeur de la réalité, c'est-à-dire au coeur des mondes innombrables qui s'inscrivent au sein de la Nature infinie elle-même, omnigénératrice et qui, comme le poète improvisant à mesure, avance dans l'incertain.