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Respirer l'ombre
Penone Giuseppe
ENSBA
15,00 €
Épuisé
EAN :9782840561569
Respirer l'ombre est la part dévolue au langage du surprenant dialogue, pour le reste prioritairement fait de gestes, avec ce que nous appelons la nature, entamé par l'artiste voici plus de trente-cinq ans. Un dialogue dont on remarquera qu'il est toujours mezzo voce: la conscience qu'a Penone d'une fraternité avec les pierres ou les plantes (il sait, comme Klee, que l'homme" est nature, morceau de nature dans l'aire de la nature "), sa familiarité décontractée avec l'Antiquité (l'Italie n'est-elle pas ce pays où l'histoire de l'art tient lieu d'histoire tout court?) le fait converser d'égal à égal avec l'arbre et le ruisseau, tutoyer leurs divinités tutélaires (empruntées surtout au panthéon gréco-romain, mais s'y invite ici ou là un dieu exotique). Respirer l'ombre peut se lire comme un recueil de récits mythiques, de paraboles fondatrices, sans qu'on puisse y déceler la moindre trace de pathos ou de grandiloquence; le mythe prend des allures du haïku cher à Roland Barthes, et les textes de Penone parlent des choses cachées et des commencements du monde avec la précision économe et discrète d'un journal de bord."
Considéré depuis 1968 comme l'un des chefs de file de l'Arte Povera, Giuseppe Penone poursuit depuis une pratique artistique où l'artifice et la nature se mêlent étroitement. Il s'est fait connaître non seulement par des bronzes aux formes anthropomorphiques, mais aussi par des pièces où il intervient directement sur des végétaux. C'est notamment le cas avec la série des "Arbres" où, en creusant le bois d'une poutre, il retrouve le souvenir de la plante originale avec ses branches et ses noeuds. Ces dernières années, la présence humaine s'est faite plus présente dans ses sculptures, notamment par le biais de moulages de fragments de visage tels que la bouche, le nez ou les oreilles.
Résumé : Né en 1947 à Garessio, en Italie, Giuseppe Penone est associé au mouvement de l'Arte Povera. Il est l'auteur de nombreuses expositions personnelles dans le monde : Paris, Centre Pompidou, 2004, Biennale de Venise, 2007, Château de Versailles, 2013, Florence, Les Offices, 2021, Paris, BNF, 2021. " Le besoin d'élaborer, de comprendre l'image que je produis m'incite à noter des pensées qui n'ont de valeur qu'en regard du travail. " G.P. Giuseppe Penone constamment mêle deux pratiques : la sculpture et l'observation ; elles vont de pair et organisent son travail. C'est ce qu'il rapporte ici, dans des textes où l'écrivain reprend les déambulations du sculpteur. Giuseppe Penone regarde Giuseppe Penone qui regarde. Il introduit le doute dans la réalité complexe où coexistent l'objet, la sculpture et le récit ; le doute éclatant peuplé de quelques merveilleuses apparitions. Extrait de la préface de Laurent Busine.
Dès les années 1970, Giuseppe Penone est salué comme une figure majeure de la sculpture contemporaine et jouit d'une réputation internationale: il est à la Documenta de Kassel en 1972, 1978, 1987 et sera à celle de 2012. Il représente l'Italie à la Biennale de Venise de 2007, est invité dans les grands musées du monde: le Stedelijk Museum d'Amsterdam en 1980, le Museum of Contemporary Art de Chicago en 1984, le Musée d'art moderne de la Ville de Paris en 1984, le Castello di Rivoli en 1991, le Centre Pompidou en 2007, le Toyota Municipal Museum à Toyota en 2009, le Moma de New York en 2010 et bien d'autres encore. En 2010 aussi, la France le fait Chevalier de la Légion d'honneur. L'homme est discret, secret même. Tout en étant à l'écoute de l'esprit de son temps, il mène un travail solitaire et silencieux. Les collines et forêts de son Piémont natal sont l'atelier à ciel ouvert dans lequel il ne cesse de mener son interrogation et sa méditation poétiques et philosophiques sur le monde et l'homme, la matière et le temps, les permanences et les métamorphoses, les signes de la nature et la mémoire des origines. Le Turinois n'en est pas moins un bon communicateur. Professeur à l'Ecole nationale supérieure des Beaux arts de Paris depuis une douzaine d'années, le dernier représentant de l'Arte Povera sait fort bien transmettre le sens de sa démarche au croisement entre le voir et le toucher, parler de la respiration de la forêt, de la mémoire des arbres, de la pierre sculptée par la rivière, de la peau comme tambour de résonnance du monde en nous, de l'étonnement comme l'un des moteurs poétiques de son oeuvre ou de son besoin de transfigurer ce qui l'entoure pour en révéler les forces cachées et les mécanismes secrets. Même s'il se défend de faire de la littérature, il manie les mots en poète et les écrits par lesquels il met en place ses idées sont pure poésie.
Depuis leur parution, au XVIIIe siècle, les traités anatomiques de Jacques-Fabien Gautier d'Agoty (1711-1785) fascinent historiens et amateurs d'art tout autant que praticiens de la médecine. Les Beaux-Arts de Paris rééditent pour la première fois les célèbres planches et textes de ses principaux "cours" et "dissertations" dans un format accessible à tous. Page après page, l'ouvrage invite le lecteur à plonger dans un univers étrange et fantastique ; celui des multiples figures disséquées qui exposent au regard leurs veines, nerfs et muscles. L'Ange de l'Anatomie est depuis une référence pour les artistes ; les surréalistes ont célébré la Myologie qui représentait pour eux "beauté convulsive" et "splendeur viscérale". Mais une autre figure, tout aussi insolite, émerge à la lecture : celle de Gautier d'Agoty, graveur en manière noire, qui se passionna pour la reproduction des oeuvres d'art et l'anatomie. Cet entrepreneur qui se voulait être à la fois artiste et scientifique, a développé l'impression en quadrichromie pour ses tableaux "en couleur & de grandeur naturelle", nous léguant des estampes d'une indéniable beauté. Les traités - la Myologie complète, l'Anatomie de la tête, l'Anatomie générale des viscères, l'Hermaphrodite et l'Exposition anatomique de la structure du corps humain - sont reproduits dans leur intégralité. Les 68 planches anatomiques, présentées en pleine page couleur, sont accompagnées de leurs tables explicatives retranscrites dans une version modernisée.
Cahn Walter ; Junod Philippe ; Kubler George ; Sau
Résumé : Henri Focillon (1881-1943) a laissé un souvenir prestigieux. Il éblouissait par un savoir qui lui permettait d'écrire avec autorité aussi bien sur l'an mil ou sur l'art gothique que sur Piranèse, Hokusaï ou la peinture européenne du XIXe siècle. Il n'eut pas le temps d'enseigner de longues années à la Sorbonne, au Collège de France et à l'université de Yale, et pourtant il a laissé des disciples nombreux et fidèles qui, de Charles Sterling à André Chastel, ont dominé l'histoire de l'art française après la guerre. Écrits dans une langue brillante, sensible et sûre, ses livres peuvent passer pour des modèles de style. Mais cette réputation de grand professeur et cette clarté de l'écriture ne font-elles pas oublier trop souvent l'originalité de la pensée? La réflexion, chez Focillon, égale la science. À la deuxième lecture, on s'aperçoit que ses ouvrages sont soutenus par une vision très personnelle de l'histoire, et que son érudition s'appuie sur une conception de l'art qui a rang parmi les plus remarquables de la première moitié du siècle. Le moment est sans doute venu de retrouver, derrière l'élégance de l'historien, le philosophe de l'histoire.