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Trop c'est trop. Etudes sur l'excès en littérature. Textes en français et en portugais
Penjon Jacqueline
SORBONNE PSN
18,30 €
Épuisé
EAN :9782878543186
Ce volume est le premier volet d'une série d'études consacrées à l'excès. Cette notion appartenant à la fois à la philosophie et à la littérature ne se laisse pas appréhender facilement. Polyvalent et polymorphe, l'excès est perçu comme un dépassement regrettable de la mesure normale des choses, comme un trop-plein, une profusion, une exagération, un débordement, aussi inquiétant que fascinant. Les articles réunis ici se penchent, pour le Portugal, sur les représentations picturales de la mort de la reine Isabelle ; sur le "hors-norme" du théâtre musical du XVIIIe siècle ; sur un franchissement des limites dans les mythes fondateurs vus par Cesário Verde et sur la subversion qu'engendre l'excès chez José Saramago. Pour l'Afrique, c'est la violence de la guerre coloniale, le débordement dans la façon d'ordonner temps et espace qui sont analysés chez Orlando Muhlanga. Pour le Brésil, les travaux portent sur la démesure de forme et de contenu dans les chroniques de Machado de Assis ; sur le naturalisme d'Adolfo Caminha, véritable esthétique de l'excès ; sur la caricature du "Jeca" de Monteiro Lobato ; sur l'écriture délirante de Samuel Rawet et sur les personnages morbides et obsessionnels caractéristiques du théâtre de Nelson Rodrigues.
La modernisation au Brésil se confond avec la constitution du pays. La forme qu'elle y assume se dessine de façon décisive au moment même de l'Indépendance en 1822 et se reproduit en tant que modernisation conservatrice tout au long des deux siècles suivants. C'est ainsi qu'elle donne le sentiment d'osciller entre un changement qui ne respecte que peu de limites et la persistance du passé. Cette modernisation à la fois vertigineuse et toujours incomplète a souvent été dramatique, faisant parfois disparaître les marques qui auraient permis de l'évaluer. La conscience culturelle perd alors pied lorsque l'on envisage la portée et le sens des transformations qui l'affectent. La meilleure littérature brésilienne n'a jamais cessé de travailler ces formes contradictoires. C'est sous cet angle que les examinent deux équipes française et brésilienne, dans le cadre d'un accord Usp-Cofecub, en essayant de mettre en lumière les rapports qui s'établissent entre la forme littéraire et le processus social. Elles se sont concentrées sur certains moments où ce rythme particulier se donne à voir avec plus de netteté : le début de la République, l'immigration et l'industrialisation des années 20 puis les transformations post-1945. Trois axes thématiques ordonnent la quinzaine d'études contenues dans le présent volume : regards sur la ville, écriture et idéologie, lyrique et modernité.
Cet ouvrage veut mettre l'accent sur le rôle qu'a joué dans la carrière de Pierre Hourcade, Armand Guibert et Paul Teyssier leur présence à Lisbonne pendant la guerre. C'est en effet dans cette ville et de cette époque que date l'élan décisif qu'ils ont su donner aux études portugaises en France. Ces trois ardents lusophiles à la personnalité très différente ont mis en valeur l'image d'un Portugal encore trop méconnu, ont fait reconnaître la langue portugaise dans les études universitaires et ont efficacement agi en faveur de la réception des cultures et des littératures lusophones (Portugal, Brésil, Afrique, Asie) dans les milieux intellectuels français. Cet ouvrage se veut un hommage à la culture portugaise et un hommage aux trois pionniers de la lusophilie en France : Pierre Hourcade par son œuvre de critique et de traducteur ; Armand Guibert que l'on peut considérer comme le révélateur de Pessoa en France et dans le monde ; Paul Teyssier, universitaire dont les travaux linguistiques font toujours autorité.
Dernière étape de l'exploration de l'épistolaire dans le monde lusophone, les articles réunis dans cette " Boîte aux Lettres " interrogent échanges authentiques, lettres-chroniques, témoignages, confessions ou documents. Pour le Portugal, les études portent sur l'évolution de la correspondance privée, du XVe au XVIIIe siècle, où la marque du hiéronymite Frei Heitor Pinto s'impose ; sur la lettre-document, journal de voyage informatif et didactique, envoyée d'Éthiopie en 1603 par le Père jésuite Pêro Pais ; sur les missives de la marquise d'Alorna révélatrices de son apprentissage intellectuel au siècle des Lumières ; sur les échanges entre les poètes Fernando Pessoa et Sâ-Carneiro éclairant une hétéronymie naissante ; les lettres poèmes ou exercices spirituels que Sophia de Mello Breyner Andresen adresse à des amis morts ; la communication dans le roman épistolaire d'Almeida Faria. Pour le Brésil, les travaux concernent les " lettres-causeries " de la presse du XIVe siècle, l'épistolaire didactique du roman de Julia Lopes de Almeida, la missive en tant qu'objet scénique dans la dramaturgie de Coelho Neto, les échanges entre Monteiro Lobato et une jeune inconnue, révélateurs dune écriture littéraire ou entre Mario de Andrade et Luis da Câmara Cascudo, révélateurs de la construction de la brésilianité ; enfin la correspondance " confession " entre Samuel Rawet et Renard Perez. On se rend compte que l'épistolaire, moyen de communication privilégié, est d'une richesse inépuisable.
Résumé : Second volet des études consacrées à l'excès dans le monde lusophone, ce recueil examine dépassement, hors-limite, " surenchère du même " et déconstruction des structures grammaticales dans la fiction, la poésie, le théâtre et le cinéma. Les articles concernant le Portugal s'attachent surtout aux débordements de la veine satirique et en évaluent les enjeux. Les poèmes baroques de D. Tomàs de Noronha tout comme les Novelas Exernplares de Gaspar Pires de Rebelo présentent l'éclatement des règles et des limites de la langue alors qu'une satire excessive détruit l'effet de réel chez Camilo Castelo Branco ou institue une " autoréalisation cathartique " pour José Rodrigues Miguéis. Catharsis et pathos s'érigent en techniques dans la tragédie romantique de Garrett tandis que l'excès référentiel et intertextuel caractérise la poésie de Vasco Graça Moura. Les études sur le Brésil se penchent davantage sur le langage, la transgression parémique, discursive, sociale et sur la rhétorique. Digression et métalepse marquent le roman-feuilleton, la représentation idyllique du héros et de la nature caractérise l'indianisme de José de Alencar. Ce ne sont que débordements de langage, de forme et de représentation que l'on retrouve chez Màrio de Andrade, Joao Guimaraes Rosa ou Samuel Rawet. Enfin, féminité, dynamisme et mort, synthétisent l'esprit baroque des films adaptés du théâtre de Nelson Rodrigues.
La théorisation actuelle du personnage de fiction demeure tributaire, pour l'essentiel, de présupposés structuralistes qui ont conduit à le concevoir comme un être de papier et d'action, et comme partie d'un système. Assurément opératoire sur un vaste corpus, cette manière de penser le personnage n'en est pas moins débordée par les usages fictionnels contemporains, qui ambitionnent de documenter le fait humain tous azimuts. Dès lors, un geste d'ouverture et d'ajustement théoriques s'impose pour saisir ces nouveaux usages et leurs implications. Les études réunies dans le présent ouvrage participent ainsi de trois perspectives : poétique, pragmatique et culturelle. Attentives à leurs objets propres comme aux enjeux conceptuels qui les traversent, elles donnent à voir la singularité des nouveaux possibles des oeuvres (littéraires, cinématographiques ou numériques), et contribuent à la nécessaire historicisation des théories du personnage.
Le rapport que l'écrivain établit avec le monde est l'axe principal des études de ce volume consacré à des auteurs hispano-américains parmi les plus célèbres des dernières années du XIXe siècle et du XXe siècle. L'essai, la poésie et surtout le roman déploient un imaginaire d'une richesse exceptionnelle, que les études de ce volume analysent, tout en les reliant à la vision et à l'engagement personnel de chaque écrivain. L'histoire hispano-américaine, dans les essais de Manuel González Prada aussi bien que dans la poésie de Rubén Darío, revendique une volonté de destin. L'imaginaire de la culture hispano-américaine est abordé à travers le roman, au Mexique avec Carlos Fuentes, au Nicaragua avec Gioconda Belli et au Pérou, avec Isaac Goldemberg et les romans de Mario Vargas Llosa. La satire de la société au milieu du XXe siècle s'accompagne d'implications sociales et politiques magnifiquement servies par l'art d'écrire de chacun des auteurs. Des exemples sont donnés de la féconde tradition poétique et musicale des peuples sud-américains.
Indexée sur l'expérience d'un lieu, l'écriture de Jean Rolin se situe au coeur des renouvellements thématiques et esthétiques de la littérature de ces trente dernières années : à partir d'une immersion dans un espace concret - visite réitérée, incursion, séjour prolongé - elle définit une forme littéraire située au croisement du documentaire et du romanesque, en prise sur les espaces contemporains, tentant d'élaborer les conditions d'un possible témoignage. Selon quelles modalités s'opère la saisie incarnée et située d'un territoire ? Comment l'expérience vécue est-elle recomposée par l'écriture, en marge des catégories génériques du reportage ou du récit de voyage ? Comment s'actualise la situation de l'écrivain dés lors que son rapport au monde prend soin d'écarter toute prétention didactique ? C'est à toutes ces interrogations que ce volume s'efforce de répondre à travers des lectures croisées, qui font dialoguer entre elles les différentes oeuvres de Jean Rotin pour mieux en cerner les constances, les récurrences et les évolutions.
Entre le XVIIIe et le début du XXe siècles, la presse, les éditeurs et les salons parisiens lancent des auteurs russes en Europe et rehaussent leur réputation dans leur patrie. Les succès des lettres propagent l'image positive de l'Empire. Quelles stratégies politiques, éditoriales, mais aussi mondaines doivent déployer écrivains, intellectuels et diplomates russes en France afin de conquérir l'opinion publique française ? Sont analysées, plutôt que la réception des oeuvres, les manoeuvres qui contribuent à programmer une fortune littéraire, et la part respective qu'y prennent écrivains, éditeurs, traducteurs, journalistes et diplomates. En contribuant à repenser les mécanismes de la sociologie littéraire, c'est un volet inédit des relations littéraires franco-russes que l'ouvrage révèle.