Ce volume présente des entretiens réalisés en 1992 avec dix auteurs ou hommes de culture nigériens. Barkiré Alidou, né dans les années 1920, a été pendant près de vingt ans membre et président de l'Amicale de Niamey, association pionnière en matière de théâtre, puisque remontant aux années 1930. De même Marcel Inné, né dans les années 1930, a pu rendre compte des activités des instituteurs et enseignants en province pendant la période coloniale et au début de l'indépendance. Ces deux hommes, sans être des créateurs, sont impliqués dans le développement de la littérature et il est bon de ne pas les oublier. Dans le domaine théâtral, Rima Adamou, né dans les années 1930, est le maître incontestable du théâtre radiophonique en zarma, pour lequel il a produit un nombre important, malheureusement non répertorié, de pièces. Djibo Mayaki, né dans les années 1930, a créé, lui aussi, des pièces de théâtre en français, dont trop peu d'entre elles, ont été publiées - l'absence de publications lui étant préjudiciable. Quant à Alhassane Danté, de la génération des années 1940, il s'est fait connaître dans le domaine du chant lyrique en zarma. Un auteur, né dans les années 1930, est tout à fait hors du commun : Soli Abdourhamane écrit en effet en braille puisqu'il est non voyant depuis la fin de ses études de droit. Cela ne l'a pas empêché d'obtenir un prix de la nouvelle au concours de RH et d'avoir une carrière politique jusqu'au niveau de ministre, ce qui prouve sa détermination et sa force de caractère. Amadou Ousmane, né dans les années 1940, journaliste et responsable de la communication au plus haut niveau, offre l'originalité d'avoir consacré la majeure partie de son écriture au monde de la justice. Albert Issa (génération des années 1940) est un poète très (sinon trop) discret qu'il fallait bien sortir de sa réserve. Deux auteurs, Boubé Zoumé, poète, et Idé Adamou, poète, romancier et nouvelliste, illustrent l'écriture de la génération des années 1950. Idé Adamou introduit en poésie la production en zarma à côté de celle en français pour sortir du déchirement de la langue de création.
Djibouti, pays de la taille d'une île, une île dans la terre. Djibouti, là où la Mer Rouge rencontre l'Océan Indien. Djibouti, le lieu même où, dans la Corne de l'Afrique, s'ouvre une faille, prémisse d'une déchirure du continent, gorge ouverte qui boit la mer, Djibouti, espace de nomades poètes qui désormais convergent vers la ville dont la taille ne cesse de croître autour du port et de son avancée dans la baie de Tadjoura. C'est de ce lieu que s'élève un chant qui parle des êtres qui y vivent (Odeurs de bêtes et d'hommes), des paysages et de la ville (Pays gorge où la mer s'enfonce), pour s'achever (Sur le fil de l'infime) en un songe sur les limites et l'origine : le signe avant qu'il n'ait du sens, le son avant qu'il ne soit mot. Songe né du pays lui-même et de la ligne effilée de la ville qui pénètre la mer.
Cette étude cherche à retracer le cheminement de l'école, sous sa forme coloniale, à Djibouti. Le parcours débute à Obock vers 1886 - 1887 avec les Pères capucins, puis se poursuit à Djibouti avec les Frères de Saint - Gabriel en 1901, relayés par l'Alliance française de 1906 à octobre 1922, date de la création de l'école de la République - les filles, durant cette période étant toujours scolarisées par les Soeurs franciscaines de Calais. L'école est resituée, d'abord au sein de l'ensemble français tant métropolitain que colonial, en soulignant le rôle de la presse ; ensuite en relation avec les régions voisines indépendantes (Ethiopie) et colonisées (Somaliland, Erythrée).
De la poésie centrafricaine écrite, on ne connaît que la voix de Makombo Bambote qui publie depuis 1960, mais rien en dehors de lui. Cette anthologie se propose donc d'offrir un aperçu de la production poétique d'une soixantaine d'auteurs centrafricains dont les oeuvres demeurent inédites et inconnues même dans leur propre pays. Les poèmes sont composés en français mais quelques-uns d'entre eux ont été écrits en sango, langue nationale de la RCA. Les thèmes et les formes de cette poésie sont très variés, cependant on ne manquera pas de relever l'impact des violents événements de 1979 sur la conscience des centraficains vis-à-vis d'eux-mêmes et aussi sur la nécessité qui leur incombe de s'exprimer. Même après ce bouleversement socio-politique, les conditions générales de la vie quotidienne restent très difficiles, ce qui donne à la parole poétique sa valeur et sa force : même si elle balbutie, elle n'est jamais gratuite ; elle n'est pas jeu de mots mais profond désir de dire et de libérer. Les textes de cette anthologie ont été collectés par J.-D. Pénel en 1983 quand il animait à la Radio centrafricaine une émission intitulée "Regards et Lumières sur la Littérature centrafricaine".
Résumé : Bouleversée par la mort, Kya, à peine adolescente, a quitté les hauts plateaux de la Corne de l'Afrique, les collines du chant des parfums, pour descendre jusqu'aux plages du bas pays, où s'allonge la mer. Un jour, survient une rencontre avec une autre trajectoire, qui paraissait vouée à sombrer. Kya, comme feu dans la flamme, donne vie à celui qui s'étiole, puis à l'enfant qui naît de cet amour inattendu. Kya, pure lumière et senteur qui émeuvent jusqu'à l'âme, visage qui ébranle l'être au tréfonds de lui-même, sourire qui redonne le goût de vivre, est l'élan qui rend à l'existence et à la parole son lyrisme oublié.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !