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Moïse ou la preuve par l'alphabet. Petit essai d'épigraphie polémique
Peignot Jérôme
MILLON
16,00 €
Épuisé
EAN :9782841374106
Quand Moïse descendit du Mont Sinaï, il avait, écrites de l'écriture d'Elohim, les deux Tables du Témoignage et il ne savait pas que la peau de son visage rayonnait d'avoir parlé avec Lui. Ce n'est pas la première fois où Le Texte mentionne que Moïse sort de l'entretien "rayonnant". Si le fait mérite d'être relevé, c'est parce qu'il confirme dans l'idée que la révélation, ici, n'est pas seulement celle de l'existence de Yahvé. D'ailleurs, dans l'occasion, il ne saurait s'agir que d'une confirmation. Il y a une autre raison : la subite saisie de ce en quoi l'alphabet consiste. Pourquoi y aurait-il là, pour Moïse, source d'enchantement ? Parce que, d'abord, on s'en souvient, il éprouvait quelque peine à se faire comprendre et il vit la découverte de l'alphabet comme une conquête de lui-même. Enfin, que l'alphabet lui ait été donné ou qu'il en ait lui-même formulé le principe, il vient de comprendre que les signes alphabétiques peuvent s'agencer à la façon d'un jeu. La constatation est pour lui la source d'une joie indicible. Quelle est l'invention qui ne repose sur une trouvaille et quelle est la trouvaille qui ne soit l'occasion du délire de l'illumination ? J. P.
Résumé : Typoésie et non typographie : le sens joue avec la forme, il naît d'elle et l'impose. Les oeuvres des grands typographes du XXe siècle sont présentes : Maximilien Vox, le Bifur de Cassandre, Piet Zwart, les américains Martin Solomon et Herb Lubalin, Raymond Gid, Guy Levis Mano. Mais, placé sous les auspices de Michel Leiris, le livre expose les poésies visuelles des allemands Gomringer, Mon, Rühm, des brésiliens de Campos et Pignatari, d'Emmet Williams, de Christian Dotremont, de Jacques Roubaud ; et les typoèmes des peintres, Matisse, Magritte, Duchamp, Lissitzky, Raymond Hains, Jiri kollar, Jasper Johns, Valerio Adami. Les mathématiques, même, sont conviées et l'écriture musicale : Variations op. 27 de Webern, Forme-miroir de Schönberg (in Quintette pour instruments à vent, op. 26), Croix musicale de Gounod et, du plus moderne d'entre tous, du plus subversif : canon-miroir de l'Offrande musicale, de Jean Sébastien Bach.
Résumé : Jérôme Peignot, romancier, essayiste, est aussi l'auteur d'une oeuvre poétique consacrée à interroger l'écriture dans sa matérialité, proposant de celle-ci une lecture typographique ludique. Dans ce recueil imaginatif et facétieux de typoèmes, chiffres, lettres, palindromes, anagrammes, esperluettes, virgules... sont autant d'images alphabétiques nouvelles pour "retrouver l'étymologie graphique des êtres et des choses". Une poésie visuelle concrète qui révèle ainsi, par l'invention, l'humour et l'impromptu, "les mécanismes graphiques jusque dans leurs intimes arcanes, et partant, témoigne qu'ils ne sont pas lettres mortes".
Boncour Elisabeth ; Gire Pierre ; Mangin Eric ; Co
Pourquoi Maître Eckhart connaît-il aujourd'hui un tel succès auprès d'un public aussi large ? Parmi les raisons qui expliquent cet engouement, il convient sans aucun doute de mentionner la beauté de ses textes et leur étonnante saveur pour un lecteur contemporain. Le maître rhénan nous a laissé une oeuvre importante et variée. Ecrite en latin et en moyen-haut-allemand, la langue du peuple, cette oeuvre s'exprime à travers des genres littéraires très différents et son style est particulièrement bien soigné. Mais il ne suffit pas d'écrire, ni même de bien écrire, pour être reconnu comme un grand écrivain, d'autant plus que ce terme peut paraître anachronique pour le Moyen Age. Et pourtant, il se confie quelque fois en ces termes : "J'ai écrit un jour dans mon livre" (Sermon 73). Eckhart occupe ainsi une place originale pour la période médiévale dans la mesure où il évoque le projet d'écrire "un livre", qu'il appelle "mon livre", et dans lequel il souhaitait consigner des propos plus personnels. Mais ce qui fait véritablement entrer son oeuvre dans la grande littérature, ou tout au moins dans une certaine idée de la littérature, c'est sans doute la conscience très nette qu'il avait que l'écriture doit nécessairement affronter ce qui ne peut se laisser contenir à l'intérieur des mots : "Qui peut exprimer cette parole ? Personne ne le fait" (Sermon 74). Alors son écriture sera toujours inachevée, d'un inachèvement irréductible et essentiel, parce que ce qui est à dire ne peut être dit. Ce nouveau volume rassemble pour la première fois des spécialistes appartenant à des disciplines très différentes comme la philosophie, l'histoire et la théologie, mais aussi la littérature, et même la linguistique. Il propose ainsi des perspectives de recherche intéressantes dans le champ des études eckhartiennes.
Au début du XXe siècle, la préhistoire est une science en gestation, et les affaires de faux sont à l'origine de vives controverses qui divisent une partie de la communauté scientifique, puis le grand public, avec de nombreux épisodes judiciaires et des querelles d'experts. Deux grands débats d'authenticité ont dominé la recherche préhistorique : l'affaire de Piltdown et celle de Glozel. André Vayson de Pradenne qui avait participé activement aux deux polémiques, sans doute par crainte d'un procès en diffamation, ne les évoque pas dans son livre. Sous sa plume défilent les plus célèbres affaires de faux du XIXe et début du XXe : c'est l'affaire qui dura huit ans des autographes du géomètre Chasles abusé par Vrain-Lucas, celles des silex de Pile de Riou, du trésor de Curium imaginé et imposé par Luigi Palma di Cesnola, de la tiare de Saïtapharnès, acquise par le musée du Louvre en 1896... On s'étonne avec l'auteur que des simulations, le plus souvent grossières, aient pu tant de fois égarer de véritables savants. Cet ouvrage, paru en 1932, reste le document de référence sur les fraudes préhistoriques.
Centré sur la relation de la philosophie avec la poésie, cet ouvrage examine le conflit qui les oppose, selon les termes mêmes de Platon qui pourrait bien avoir inventé l'opposition pour mettre en évidence une vraie fausse résolution. Celle-ci prend la forme d'une appropriation ou d'une subjugation qui nécessitent une réinvention de la poésie, c'est-à-dire une redéfinition de sa nature et de ses fins. Réinvention qui conduit au refus d'une frontière entre philosophie et poésie. Or la nécessité de ce refus repose sur une exigence de réception, celle d'une pratique qui se déploie dans le dialogue et que le lecteur est invité à émuler. Cette pratique est fondée sur une question : comment faut-il vivre ou qu'est-ce que la vie bonne ? La réponse à cette question exige de répondre à cette autre : qu'est-ce que philosopher ? Ces deux questions, quelles que soient les réponses qui en sont données dans les Dialogues, sont inextricablement mêlées puisque vivre c'est philosopher.