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LE PATRON, LE PAUVRE HOMME, LE SOLITAIRE. LETTRES, ARTICLES ET DOCUMENTS. ED. MAGGETTI/PETERMANN
PAULHAN/RAMUZ/ROUD
SLATKINE
27,00 €
Épuisé
EAN :9782051020404
C'est pendant les années de l'entre-deux-guerres que la carrière de C. F. Ramuz a pris son essor: son ?uvre romanesque et les débats que ses textes suscitent en matière de style et de "bien écrire lui assurent alors une place de premier plan dans le monde littéraire français. De ce monde-là, Jean Paulhan est, dès cette époque, une figure éminente, dont le jugement pèse lourd, et dont l'influence se déploie autant dans les cercles de l'édition que dans les périodiques. Le commerce épistolaire entre les deux écrivains donne à voir la relation dissymétrique qu'ils entretiennent: à Paulhan qui cherche à le rallier à La NRFet aux Editions Gallimard, Ramuz oppose moult atermoiements, non sans recourir par ailleurs, et très régulièrement, aux services de son correspondant, dont il accepte aussi les sollicitations. La trame du parcours éditorial du romancier se devine ainsi dans ces lettres où les" affaires "priment, mais où transparaissent également l'admiration et l'estime réciproques. Il en va de même dans la correspondance, moins fournie, que Paulhan a échangée avec Gustave Roud: entré en contact avec le poète lorsque ce dernier est le bras droit de Ramuz à la tête de l'hebdomadaire Aujourd'hui, le" patron "tentera à plusieurs reprises, le plus souvent en vain, de l'impliquer dans des publications. Parce qu'elles mettent en évidence les réalisations littéraires nées sous l'impulsion de Paulhan, mais aussi parce qu'elles révèlent des blocages récurrents, les lettres regroupées ici constituent un document de première importance pour qui veut réfléchir à l'histoire littéraire de la Suisse romande, en constante tension avec Paris et ses instances de consécration."
Jean Paulhan a réuni dans ce petit livre quatre textes écrits à des époques diverses de sa vie : L'art d'influencer, Lettre au médecin, Les Gardiens, Egyptiennes. A première vue, peu de liens entre ces pages, qui vont de l'évocation d'un souvenir d'enfance à un commentaire des Mimes du moraliste égyptien Ptoh Hatep. Pourtant, quand on les a lus, une même impression reste : celle d'une confidence sur des choses obscures, plutôt mal définies que mystérieuses, auxquelles nous n'avions pas pris garde, aussi bien dans notre propre vie que dans celle des individus et des civilisations d'un lointain passé. L'Aveuglette en est le fin mot, comme le titre de ce livre.
Paulhan Jean ; Pourrat Henri ; Dalet Claude ; Liou
La fervente et fidèle amitié de Jean Paulhan et Henri Pourrat (1887-1959) peut étonner, tant paraît grande la distance entre leurs expériences et leurs environnements, l'un à Paris au coeur de la vie littéraire et intellectuelle, l'autre isolé dans son Auvergne natale, aux environs d'Ambert, animé par le goût presque exclusif pour la vie et la culture paysannes. Elle se noue toutefois au début des années 1920, après que Paulhan a proposé au poète des "Montagnards" (1918) de rédiger des notes critiques pour La NRF. En quarante ans d'échanges et de services, de préoccupations et d'activités communes, les deux écrivains ont été "du même voyage" (Paulhan) et se sont donné, à tous les plans, personnels et professionnels, "la vraie poignée de main" (Pourrat). Eclairant les travaux et les jours des deux hommes, dans des contextes parfois douloureux, leur correspondance est pour l'essentiel consacrée à leurs activités littéraires pour la NRF, maison d'édition et revue. Paulhan conseille, avec soin et admiration, mais sans complaisance, le romancier du Mauvais garçon et de La Cité perdue ; et l'éditeur soutient son ami auvergnat dans la grande entreprise de collecte et de transposition littéraire des contes populaires qui l'occupera après guerre, et dont il composera le trésor universel. Paulhan restera enfin toujours attaché à cette critique bienveillante qu'exerce Pourrat dans les colonnes de la revue, portant souvent sur des ouvrages où la nature et la vie rurale occupent le premier plan. S'y dessine la défense d'un régionalisme ouvert et large, qui est autant celui d'un terrien fraternel que celui d'un moraliste et d'un croyant, attaché à la beauté de l'incarnation, au sens de la vie et au salut des hommes : "Si l'homme ne reste pas en liaison et en amitié avec les choses naturelles, il se déshumanise".