Les vitraux du chœur de la cathédrale de Troyes, œuvre majeure de la peinture sur verre en France, tiennent la comparaison avec Chartres et Bourges dans le trio de tête des ensembles vitrés les plus vastes conservés pour la première moitié du XIIIe siècle. Malgré cela, ils n'avaient jamais bénéficié d'une publication exhaustive. Pour étudier ce monument exceptionnel, Elizabeth C. Pastan, professeur à Emory University (Atlanta), et Sylvie Bacon, maître de conférences à l'Université de Paris IV-Sorbonne, se sont associées. Au prix d'un patient travail d'analyse des verrières et de l'abondante documentation écrite et figurée, elles restituent cette vitrerie et la replacent dans un contexte foisonnant, préoccupé comme toujours au Moyen Age par les fins ultimes de l'humanité, nourri aussi des enjeux du moment et du lieu, les croisades et les reliques. Elles ont également mis en évidence le jeu savant d'interactions avec une multitude d'autres centres artistiques, Auxerre, Chartres, Reims, Saint-Quentin, Châlons-en-Champagne, Baye et Paris notamment, renouvelant la connaissance de la peinture française des débuts du gothique. Avec cet ouvrage publié dans la grande collection internationale du Corpus Vitrearum, c'est à la fois le patrimoine médiéval inestimable de la ville de Troyes et la richesse artistique de la Champagne qui sont célébrés.
Les phénomènes de transe et leurs manifestations collectives sont à l'origine de ce travail qui traite d'un culte de possession en Afrique. lieu d'observation privilégié de ces pratiques. La possession est une forme particulière de communication entre les (lieux et les hommes : les dieux parlent et se manifestent à travers le corps de l'adepte, qui, pendant la transe, devient la divinité invoquée. Dans ce livre, Michela Pasian met à jour certaines caractéristiques essentielles d'un culte de possession, le bon hawsa (Niger), en s'appuyant sur la méthodologie du comparatisme historique promue par Ernesto de Martino. Elle montre comment les effets du pouvoir local en place influent sur les formes concrètes du culte bon, mais aussi comment les partis pris théoriques des chercheurs qui l'ont précédée sur ce terrain ont surdéterminé leurs modélisations du culte. Dans un premier temps, elle analyse les concepts de transe, de possession, d'Islam et les liens et relations dégagés par les chercheurs antérieurs : puis elle recadre ces concepts dans le contexte historique des régions concernées : pourquoi le rôle de la femme, ainsi que les signifiants de la possession, les génies, changent-ils d'une région à l'autre ? Quels sont les facteurs historiques qui influencent les modélisations cultuelles ? Comment s'actualisent les savoirs thérapeutiques de la possession '? Cet ouvrage rend compte d'une recherche itinérante qui remet en question des certitudes bien établies depuis les grandes monographies sur le sujet.
La modernisation au Brésil se confond avec la constitution du pays. La forme qu'elle y assume se dessine de façon décisive au moment même de l'Indépendance en 1822 et se reproduit en tant que modernisation conservatrice tout au long des deux siècles suivants. C'est ainsi qu'elle donne le sentiment d'osciller entre un changement qui ne respecte que peu de limites et la persistance du passé. Cette modernisation à la fois vertigineuse et toujours incomplète a souvent été dramatique, faisant parfois disparaître les marques qui auraient permis de l'évaluer. La conscience culturelle perd alors pied lorsque l'on envisage la portée et le sens des transformations qui l'affectent. La meilleure littérature brésilienne n'a jamais cessé de travailler ces formes contradictoires. C'est sous cet angle que les examinent deux équipes française et brésilienne, dans le cadre d'un accord Usp-Cofecub, en essayant de mettre en lumière les rapports qui s'établissent entre la forme littéraire et le processus social. Elles se sont concentrées sur certains moments où ce rythme particulier se donne à voir avec plus de netteté : le début de la République, l'immigration et l'industrialisation des années 20 puis les transformations post-1945. Trois axes thématiques ordonnent la quinzaine d'études contenues dans le présent volume : regards sur la ville, écriture et idéologie, lyrique et modernité.
Petreu Marta ; Serre Odile ; Paruit Alain ; Pasten
Marta Petreu est l'auteur de sept recueils de poèmes et de huit volumes d'essais littéraires et philosophiques. Elle est l'un des plus importants et originaux poètes roumains contemporains. Ses débuts, remontant à 1981, la rattachent au groupe des poètes de la " Génération '80 ", mais sa voix reste singulière par le ton sarcastique et sombre de ses poèmes, ainsi que par l'insolite mélange de thèmes érotiques et d'imprécations adressées à un Dieu caché/absent. La poésie de Marta Petreu, violente et agressive, témoigne des angoisses d'une lucidité amère, mais aussi de celles d'une douloureuse fragilité. Sous un mauvais jour, celui du soleil noir, une conscience insomniaque, accablée par le sentiment de l'inanité, affronte un Père/Dieu dévorateur. Ses vers âpres, provocants, dont le lyrisme se teinte de sensualité et de cruauté, laissent pourtant deviner l'existence d'une grande passion blessée, d'un amour inassouvi, qui se dévoile sans ménagement, frisant parfois l'impudeur.
Ne t'avoue jamais vaincu est un recueil de liturgies minutieusement transcrites de l'oral à l'écrit, avec une fidélité qui conserve la force brute de la parole originelle. Sans artifice littéraire, ce texte incarne une tradition orale précieuse, désormais accessible à tous. Conçu avec le désir d'inspirer les jeunes à redécouvrir le plaisir de la lecture, cet ouvrage rappelle la puissance irremplaçable des mots consignés.