Voici 480 ans, le 12 décembre 1539, deux des plus puissants souverains du vieux monde se rencontraient à Loches-en-Touraine, le temps d'une paix éphémère qui rassura momentanément l'Europe. Après des années de guerre, François Ier roi de France, et Charles Quint, roi des Espagnes et empereur du Saint-Empire romain germanique, se sont retrouvés au-devant de la mitraille de ville et de la porte Picois, et cela non sans une certaine émotion. Tous deux n'avaient cessé d'étendre leurs possessions et François ler scillait particulièrement à ce que Charles Quint ne s'empare pas de la Bourgogne. Ce dernier, obligé d'aller mater, en partant de Madrid, une rébellion dans ses états des Pays-Bas, avait nécessité de faire passer ses troupes à travers le royaume de France. Aussi, fallait-il se réconcilier. A la surprise générale des contemporains, François Ier accepta et le plus grand des hasards fit que cela eut lieu à Loches, au coeur du Val de Loire. C'est cette étonnante histoire que nous conte Pascal Dubrisay à travers ce livre où fourmillent les détails de cette rencontre et les nombreuses illustrations choisies par lui. Le prince Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme qui descend à la fois de François Ier et de Charles Quint, dans la préface qu'il a écrite, nous donne son sentiment à ce sujet : "L'histoire montre que les promesses échangées à Loches ne résisteront guère aux appétits de l'Empereur, mais ce bref séjour mérite de servir d'exemple aux édiles, aux chefs d'Etat de tous les temps." Une fois encore Loches est au coeur de l'Histoire et c'est à cette découverte que le lecteur est invité comme témoin privilégié.
1514-2024, voilà cinq cent-dix ans, mourait Anne de Bretagne en son château de Blois, loin de sa Bretagne natale dont elle avait été duchesse régnante et qu'au prix de sa vie et de mille tracas elle ne cessa de protéger. A cette époque le duché de Bretagne était indépendant. Pour lui, elle accepta d'épouser le roi de France Charles VIII qui n'avait de cesse de vouloir agrandir son royaume. Il avait pour ce faire engagé une guerre contre la Bretagne qui avait cruellement touché sa population. Aussi pour épargner ses Bretons auxquels elle était tant attachée, leur duchesse se résigna, contrainte par la raison, à épouser Charles de Valois. C'est ainsi qu'Anne de Bretagne devint reine de France. Ce mariage se transforma rapidement, au-delà de toute attente en un mariage de chair heureux. La reine ne tarda pas à être enceinte et à donner un héritier à son époux. Tout commençait bien, malheureusement tous leurs enfants moururent les uns après les autres. Puis ce fut au tour de Charles VIII de mourir accidentellement à Amboise après s'être heurté le front au fronton d'une porte. Le destin d'Anne avait cela d'extraordinaire que son contrat de mariage stipulait qu'en cas de veuvage elle devrait épouser son successeur pour que la Bretagne n'échappe plus à la France. C'est ce qui arriva donc après quelques péripéties lorsqu'elle épousa en secondes noces le cousin et successeur de Charles VIII, Louis XII. Evènement unique dans l'Histoire de France, Anne devint une seconde fois reine de France et fut couronnée deux fois en la basilique de Saint-Denis. Sa vie au service de la Bretagne et de la France fut exemplaire et aujourd'hui plus que jamais son souvenir est vivace. Au-delà du temps, elle demeure l'une des plus belles figures de notre histoire nationale.
Cet italien flamboyant, bien né, voit le jour dans la deuxième moitié du XVe siècle. Protecteur des arts et principal mécène de Léonard de Vinci, Ludovic Sforza duc de Milan, dit Le More, a commandé de nombreuses toiles au maître, dont la plus célèbre, La Cène, pour le réfectoire du monastère de Sainte-Marie-des-Grâces à Milan ; mais aussi le projet grandiose de la statue de Francesco Sforza, les somptueuses écuries de son château de Vigevano, les canaux d'irrigation de la Loniellina... Le parcours de ce personnage hors norme est étourdissant : il s'empare du pouvoir en évinçant l'héritier légitime, il épouse la belle et riche Béatrice d'Este et évolue dans une cour d'une magnificence sans égal, noue de multiples et opportunes alliances avant que Louis XII, roi de France, ne s'empare du Milanais. La fin de Ludovic sera cependant beaucoup moins illustre car, vaincu, il est fait prisonnier pour être enfermé à Loches, la plus sûre prison de France, où il meurt 4 ans plus tard, oublié de tous. Inhumé dans la collégiale de Loches, les restes de Ludovic Sforza n'ont jamais été rapportés à la Chartreuse de Pavie où un sublime tombeau de marbre l'attendait. C'est ici à Loches que sa gloire a été contrariée. Elle méritait, 510 ans après, qu'un livre témoigne de la vie de ce seigneur insolite, de cet exceptionnel prince de la Renaissance.
Dessins à la plume, à l'encre, en noir et en couleur, représentant des monuments ou sites pittoresque de la Touraine: Tours et sa banlieue, Montbazon, Sainte-Maure-de-Touraine, Loches, Chinon, Amboise, Chenonceau, Azay-le-Rideau et quelques villages...
René Charles Andrieu, un poilu, a écrit à ses parents en continu de 1914 à 1919. Une plume qui raconte et qui raccroche à la vie ce soldat du 9e Régiment d'Infanterie d'Agen. Caporal puis lieutenant, il décrit les jours qui s'éternisent sous la mitraille, dans les tranchées et les hôpitaux. Il est présent sur tous les fronts, en Belgique, en Champagne, en Lorraine, à Verdun, dans la Somme... Au mépris de la censure militaire et malgré le désir d'épargner sa famille, il témoigne de la souffrance des soldats dans cette guerre dont on ne voit pas la fin. Une vieille boîte à chaussures découverte en 2005 : elle contient près de 500 lettres et cartes. Gilbert Andrieu, fils de René Charles, décide de publier cette correspondance signée par son père et la ponctue de dessins, de cartes et de photos. En contrepoint, il plante le décor : l'avancement de la guerre. Jean Berne-Bellecour, oncle de Gilbert Andrieu, peintre aux armées au 34e Régiment d'Infanterie, a dessiné les scènes quotidiennes sur le front de la guerre. Le souci de précision et d'exactitude est servi par un coup de crayon très solide. Au-delà du rapport militaire, il exprime la désolation des hommes et la ruine des paysages.
Balades en tirailleurs est le témoignage relatant des événements vécus par la 2e compagnie du 7e Régiment de Tirailleurs Marocains. L'auteur, jeune sous-officier du contingent, y est chargé du groupe de commandement, lors de son intervention en A.F.N. (Kabylie, Aurès-Nemenchta) au cours des années 1955/1956. Ce livre se veut un humble antidote à ce qui a trop souvent été écrit selon une simple imagination tendancieuse par certains qui ne savaient rien et se croyaient en droit de dire tout, s'arrogeant l'autorisation d'influencer subjectivement l'opinion. Il rapporte des événements et des moments de vie, parfois durs et cruels, vécus au ras du créneau, très en avant des bases arrières et des hauts commandements politiques et militaires. Il est dédié à son frère Yves, aspirant à la 9e compagnie du 24e Régiment d'Infanterie Coloniale, tué à la tête de sa section à Ménaâ (Aurès) le 20 juillet 1957, et à tous ceux qui n'ont pas survécu à cette guerre, tragique et inutile.
Comme l'a écrit Marcel Proust : "Si notre vie est vagabonde, notre mémoire est sédentaire." Arlette Schneider, de familles pieds-noirs, depuis quatre générations et ayant vécu en Algérie pendant quinze ans, portée par le souvenir, les émotions, 43 ans plus tard, nous retrace l'histoire de la conquête française. Elle nous raconte la vie dure, passionnée, émouvante et colorée de ses ancêtres partis de France depuis 1830. Hommes courageux, persévérants, ne cédant point au découragement, ils réussissent à reconstituer un puzzle harmonieux et à bâtir sur un point de la carte géographique de l'Algérie, sur "les collines de l'espoir", le premier village français, Dély-Ibrahim avec la première église. La vie bucolique est née des cendres de l'histoire. Elle a pansé les plaies pour trouver la sérénité jusqu'en 1962. Récits, portraits, photos, cartes postales, peintures brodent admirablement les lieux d'une mémoire, celle des tout premiers pas de la colonisation française en Algérie. A travers un voyage autobiographique jonché d'anecdotes, l'écrivain nous fait rencontrer des femmes et des hommes qu'elle a côtoyés jusqu'en 1962. Elle évoque également les coutumes, décrit les animaux et les paysages fabuleux de sa terre natale. Le lecteur présent, à ses côtés, est chaleureusement invité à la grande et magnifique promenade ensoleillée. Balayé par l'air frais des eucalyptus et des palmiers dattiers, il traversera les rues du petit village. "C'était beau là-bas pour qu'après tant d'années, je ne puisse l'oublier !"