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A Boulevue
Parant Jean-Luc ; Loquet Kristell ; Cotte Arnaud d
JOCA SERIA
20,29 €
Épuisé
EAN :9782848090344
A Boulevue, qui signifie précipitamment, est ce livre où l'on découvrira: Jean-Luc Parant projetant ses yeux sur le Lac de Grand-Lieu comme deux mains immenses et avides qui n'auraient encore jamais rien touché; le même découvrant l'argile mise à nu par le Lac comme l'intérieur de la Terre, et modelant des boules de terre et d'eau dans la nuit de ses mains; que la terre de Grand-Lieu est double: pour moitié argile et pour moitié tourbe et que Jean-Luc Parant les réunit comme sont réunis le côté jour et le côté nuit de la Terre; que de nombreux habitants, lycéens, collégiens et écoliers de Grand-Lieu ont participé à la fabrication de 32215 boules comme 32212 portraits de riverains du Lac; Jean-Luc Parant faisant la lecture de son texte A Boulevue comme s'il donnait ainsi un écho visible et intouchable à ses boules touchables et invisibles; des boules, sous vitrines, devenues visibles et intouchables et un texte sur les yeux, manuscrit de très près, devenu touchable et presque invisible: les boules et le texte sur les yeux s'étant échangé leur place comme le jour et la nuit s'échangent la leur sur la Terre; Jean-Luc Parant faisant la lecture de la suite de son texte A Boulevue, accompagné au piano par sa fille Marie-Sol comme si celle-ci avait découvert la musique des sillons que la Terre trace en tournant sur elle-même, et que Jean-Luc Parant avait su entendre et dire grâce à elle la parole du chemin que la Terre trace en tournant tout autour du soleil; que le lancement est le premier geste de l'homme; Jean-Luc Parant lançant mille et une boules dans le Lac de Grand-Lieu comme mille et une nuits rendues à son obscurité; que l'impact d'une ?uvre est aussi fragile que l'impact d'une boule à la surface de l'eau mais aussi étendu que les cercles concentriques qui s'en éloignent peu à peu.
Après Dix Chants pour tourner en rond et Dix Nouveaux Chants pour tourner en rond, voici letroisième volume: Dix Autres Chants pour continuer de tourner en rond. Les yeux, qui ne peuvent entrer en contact avec aucune autre matière que celle dans laquelle ils se projettent, sont le symbole de notre existence de solitaire, coupée de tout, comme brisée et retranchée du reste du monde. Nous ne sommes qu?un fragment inalliable, qu?un débris dentelé et échancré de la matière qui nous entoure, et que l?espace sans fin a défoncé et déchiré pour nous faire naître. Quand le monde est à la taille de nos yeux, nous voyons. Si le soleil dans le ciel est juste à la taille de nos yeux, c?est bien non seulement parce que le soleil est ce que nous voyons de mieux mais aussi ce que nous voyons le plus, et ce par quoi nous voyons.
Et ce texte jouit sans fin, les mots s'y tendent comme les mains se tendent pour caresser et embrasser la nuit : les signes s'accouplent avec le touchable pour presser les courbes de la terre comme les membres touchants s'unissent aux reliefs de l'obscurité pour creuser la matière et jouir en son sein. C'est la joie des yeux fermés, le déploiement des doigts amoureux de l'invisible. Les mots s'y tendent comme les yeux se tendent pour s'unir l'un l'autre et s'unir à la lumière : les signes s'accouplent entre eux et se projettent dans le feu du soleil comme les membres voyants fusionnent à la source du regard pour que naisse la vue, fusionnent avec le globe brûlant à l'extrémité du regard pour que naisse le visible. C'est la joie des yeux ouverts, le déroulement de l'oeil amoureux de son double et des yeux amoureux du visible. Et les mots glissent et s'éboulent comme sans ponctuation de la nuit au jour là où les yeux glissent et s'éboulent sans respiration, des doigts se déployant et étreignant l'obscurité aux yeux se déroulant, s'étreignant et étreignant la lumière. Parce que si les organes de la vue portent en eux la jouissance, de leur rétractation à leur déploiement, un texte sur les yeux porte l'accouplement jusque dans les mots et les yeux mêmes : des mots pénétrant la terre aux mots se pénétrant et pénétrant le soleil, et des yeux fermés dans la chair touchante aux yeux ouverts dans la chair voyante. Comme pour porter la jouissance jusqu'au vif d'elle-même dans sa traversée de la matière et du feu, de l'opacité et de la transparence.
Résumé : Inquiétante étrangeté de l'expérience archaïque à laquelle Jean-Luc Parant convie qui pose son regard sur ce "miroir aveugle". Il s'agit de mettre en question ce qui fonde et soude chaque sujet parlant : l'illusion que mon corps, mon image et mon nom font un. Questionner l'évidence pourquoi mon autoportrait doit-il offrir un moi ravi à ma vue mais qui s'isole du regard de l'autre ? La confiance absolue, radicale que nous vouons à l'image dans le miroir vacille car questionner l'évidence évide l'évidence ; la révélation du dispositif conduit en deçà de la vue. Il reste à suivre le chemin : regarder non pas ce qui se présente devant mais en arrière aux yeux de l'esprit ; voir sans les yeux qui masquent notre propre regard et se saisir de ce qui est ravi au regard. De là logiquement se déduit le moteur de la quête de Jean-Luc Parant : la puissance du continu. Le voici, sorti du fantasme de la géométrie euclidienne, hors de la représentation, sorti du calcul de la distance, ainsi prend-il appui sur le voisinage et la proximité. Rares sont les artistes qui s'aventurent dans cette discipline des mathématiques qu'est la topologie, ici la continuité (textes, dessins, boules) non seulement se révèle mais constitue le socle de l'écriture. Cyrille Noir.
Sous le patronage de l'Institut Français de Barcelone, Eric Fonteneau et Pierre Perron présentent, à l'occasion d'une exposition accueillie par la galerie Met. room, un choix de dessins anciens, modernes et contemporains qu'ils font librement dialoguer rapprochement inaccoutumé d'?uvres, plaisir de l'analyse, exercice de la transmission.
1941: un drôle de paquebot, l'Admiral Tromp, rapatrie, des îles de la Sonde vers l'Europe, un fort contingent d'épouses de coloniaux - sans compter quelques "dérangés". La guerre est aux deux bouts; le Tromp revient, repart, pour d'improbables navettes. A bord, mère au loin, un jeune garçon avec un père qui, aux escales, dés qu'il peut, fugue avec fils et bagages jusqu'au passage suivant du navire. Les accompagne une grand mère française qui ne survivra pas à une des relâches paternelles et Njei, jeune bonne javanaise que l'adolescent s'approprie, pour partie. Ainsi va le dés-orient. Mais tout cela a-t-il bien été? Des doutes, des fissures apparaissent, se multiplient. Un trio de psychiatres se retrouve ainsi, à ne plus savoir démêler le réel de la fiction, embarqué dans un suivi où ils deviennent parfois vaisseau, écueil, équipage, épave et cargaison. Balisée de trois langues: français, néerlandais et indonésien, la géographie bourgeonne et se noue, avant de rejeter, tel Ulysse en Phéacie, le père puis le fils sur une terre d'utopie: l'Illyrie, "haut lieu commun" d'un monde méditerranéen. Depuis, en tout port, un navire attend une lecture qui l'affrète. Choisir alors les pavillons de ses complaisances
La troupe errante des guérilleros avec le Che dans les forêts de Bolivie. Trois points de vue, trois types d'écriture viennent restituer la fin du parcours héroïque d'Ernesto Guevara dans le réseau complexe et contradictoire des relations humaines et des enjeux politiques de l'époque. Personnages de fiction et personnages historiques peuplent ce roman d'aventures politique. Extrapolations qui content les gloires et les déboires d'une utopie